Job ? Oui, patron ? Quelle cochonnerie, patron, tout ça ! Job, tu as été déplorablement mythomane, ces derniers temps ! Pardon, fit-il, pardon. Pas plus professeur que policier : homme de la rue, homme comme les autres, rien de plus. Pardon ! A ta santé ! Et je trinquais avec lui, après qu'il m'eut raconté ses deux histoires et trinquais avec lui encore et bus une gorgée, en même temps que lui et lui en but une, en même temps que moi. L'après-midi finissait. Auprès de nous, le Clain coulait paisiblement. Sur une barque, au milieu du flot, un adolescent brun se déshabillait. Soudain, il arracha son maillot de bain et plongea nu, dans un grand fracas liquide." Tel est, si l'on veut, l'épilogue apaisé d'un récit halluciné, féroce, ne reculant devant aucun excès, un rêve éveillé sur le ton de la plainte, de la confidence passionnée, de la rage, de l'injure, de l'humour noir. Ouvre à l'écart des modes, par sa facture, la variété de ses épisodes, la dimension insolite de sa narration, elle force l'attention à l'instant même où elle déconcerte le plus.
Nombre de pages
400
Date de parution
08/12/1971
Poids
433g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070280681
Titre
Le rêve de Job
Auteur
Demélier Jean
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
433
Date de parution
19711208
Nombre de pages
400,00 €
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Il a quarante ans. Il a quitté Poitiers, qui fut le décor tendre et cruel de ses précédents livres, puis Paris, pour habiter Avignon et rêver d'en partir. Marc Aurèle, son poisson rouge, Mme Barbattoni, la ménagère la plus proche, et Mme Marmottino, avec sa vocation rentrée de cantatrice, forment d'abord le noyau ravageur de sa réflexion, mais, peu à peu, celle-ci prend du volume, occupe la Cité des Papes tout entière avec ses tumultes, ses foules, son soleil et sa poussière, puis ose dire enfin aux "estrangers" de France et de l'univers : Ne venez jamais ici, n'achetez jamais rien en Provence, ce pays n'est que du vent dans la lumière. Cette audacieuse autobiographie d'un solitaire inquiet a l'extraordinaire vitalité d'un roman picaresque dont les épisodes, les espoirs et les chutes sont liés à la circulation cérébrale et sanguine d'un homme qui cherche indéfiniment à se comprendre.
Jean Demélier a aussi bien rencontré ces gens dans la rue que dans d'autres lieux publics. Ce sont des hommes et des femmes comme on en voit tous les jours, dont les propos semblent empreints d'une grande banalité. Et cependant, à travers leur comportement, leurs gestes et leurs paroles qui révèlent la mesquinerie, la vanité, l'angoisse, la solitude, ces personnages atteignent une dimension fantastique, insolite. Des visions de beauté, des éclairs de tendresse tempèrent l'ironie féroce qui caractérise ces quarante brèves nouvelles.
Un huis clos de province dans un château de la banlieue de Poitiers. Un groupe d'hommes, de femmes et d'adolescents s'y réunissent et ont décidé d'en finir, dégoûtés d'eux-mêmes et du monde, prnsant qu'ils sont allés au bout de tout. Chacun raconte un peu sa vie, en buvant et fumant. Des chiens aboient dans la nuit, le jour va se lever et la constellation de leurs aboiements se resserre. Tous attendent une mort, la mort, et se préparent à en parachever l'ouvrage, afin que naisse quelque chose de neuf sur la terre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.