Cultures & conflits N° 123/124, automne-hiver 2021 : Guerre et contre-terrorisme
Delori Mathias ; Bigo Didier ; Bonelli Laurent
L'HARMATTAN
26,50 €
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EAN :9782140206467
Ce numéro, intitulé "guerre et contre-terrorisme" , comporte d'abord un dossier consacré aux relations existantes entre les interventions militaires extérieures et les formes de violence politique qui peuvent frapper les Etats sur leur propre territoire. Il est commun d'entendre des hauts responsables gouvernementaux opérer une séparation étanche entre les premières et les secondes, alors que nombre d'activistes armés ou de ceux qui les soutiennent font valoir que leurs actions relèvent d'une "légitime défense" contre les opérations qui les visent. Il ne s'agit pas ici de trancher entre ces deux régimes de justification, mais d'analyser - à partir d'enquêtes de terrain fines ou d'approches quantitatives - les relations qu'entretiennent les différents protagonistes. Cette réflexion se prolonge par des textes mettant en perspective les apports de Cultures & Conflits, qui fête son 30e anniversaire, à l'analyse de la conflictualité contemporaine. Enfin, le numéro se clôture par un texte consacré à l'imaginaire de la guerre nucléaire dans la culture populaire visuelle, que la fin de la bipolarité semble avoir occulté, alors même que l'arme atomique constitue un pilier important de la stratégie militaire des Etats qui en sont dotés.
Nombre de pages
228
Date de parution
09/03/2022
Poids
357g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782140206467
Titre
Cultures & conflits N° 123/124, automne-hiver 2021 : Guerre et contre-terrorisme
Auteur
Delori Mathias ; Bigo Didier ; Bonelli Laurent
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
357
Date de parution
20220309
Nombre de pages
228,00 €
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Le constat est connu : le contre -"terrorisme" guerrier est bien plus meurtrier que le mat qu'il entend combattre. Plus, il est désormais établi que les moyens qu'il met en oeuvre notamment les bombardements aériens et la torture, dont la pratique est pourtant dénoncée officiellement par les Etats mêmes qui en font usage, contribuent à nourrir la violence "terroriste". Comment alors comprendre l'apathie qui mine les sociétés occidentales à ce sujet ? Pour répondre à cette question, il faut appréhender comment les violences commises par les professionnels de la guerre de l'espace Euro-atlantique sont naturalisées, autrement dit, comment se construit l'opposition entre des violences légitimes et d'autres illégitimes. Elle repose sur la constitution de populations entières en purs objets de discours : les "dégâts collatéraux" n'ont en effet pas droit à la parole. Livrant une enquête magistrale sur les discours et pratiques de la guerre contre le terrorisme, Mathias Delori met au jour la manière dont les sociétés libérales, sans déshumaniser totalement les victimes des guerres qu'elles mènent, hiérarchisent incessamment la valeur des vies humaines.
Les guerres prennent souvent naissance dans les représentations mutuelles, les sentiments de haine réciproque et le désir de revanche des populations. Les jeunes se trouvent souvent en première ligne dans ce mécanisme. Au cours de la Première guerre mondiale, par exemple, les jeunes Européens se sont mutuellement entretués au rythme de 1000 personnes par jour. Conscients de ce phénomène, des pacifistes et des antimilitaristes ont proposé, dès le tournant des XIXe et XXe siècle, de faire de la jeunesse l'objet de leur propagande pour la paix. Leurs propositions ont rarement franchi le rubicond de la sphère politique. Il existe cependant au moins une exception : en 1963, les gouvernements français et ouest-allemand ont mis en place une politique ambitieuse de réconciliation centrée sur les échanges de jeunes. La plupart des auteurs qui se sont intéressés à cette politique publique ont adopté une perspective hagiographique. Cet ouvrage propose au contraire de normaliser cet objet d'étude en s'appuyant sur la méthode généalogique développée par Michel Foucault. Le livre étudie la genèse (de 1871 à 1963), la mise en oeuvre (de 1963 à 1973) et la révision (depuis 1973) de cette politique de réconciliation par la jeunesse. Il s'adresse autant aux personnes intéressées par cet aspect particulier du rapprochement franco-allemand qu'à celles qui veulent comprendre, d'une manière plus générale, l'intérêt et les limites des politiques de socialisation à la cause de la paix.
Les sciences politiques françaises et, plus largement, continentales sont restées largement imperméables à une dynamique théorique majeure de ces dernières années: la montée en puissance du paradigme du choix rationnel en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Cet ouvrage regroupe les contributions d'auteurs de divers horizons théoriques qui s'interrogent de manière critique et réflexive sur les raisons de cette résistance. A-t-on raison de voir dans le choix rationnel le bras armé de l'idéologie néolibérale dans le monde académique ? Notre faible intérêt pour cette approche découle-t-il d'une fascination " historiquement construite " pour la culture lettrée? Un usage " instrumental " et parcimonieux de ce paradigme est-il possible ?
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...