Ecologie et Politique N° 65/2022 : Les enfants de la Machine
Deléage Estelle ; Besset Jean-Paul
BORD DE L EAU
20,00 €
Epuisé
EAN :9782356878922
Un jour, les femmes n'enfanteront plus. Leurs cellules et celles des hommes seront soigneusement produites, sélectionnées puis traitées en laboratoire en vue de la fabrication industrielle d'êtres humains. Améliorés, sur mesure, sans défauts génétiques. De la science-fiction ? En réalité, cet avenir d'où l'enfantement aurait disparu, ce futur où les enfants ne seraient plus le fruit du hasard biologique mais celui d'un système technologique finement paramétré, est déjà parmi nous, en puissance. Petit à petit, par ses avancées dans le domaine des technologies de la reproduction (de l'insémination artificielle à l'ectogenèse, en passant parla fécondation in vitro et la congélation d'ovaires) et au prétexte fallacieux de libérer les femmes, la technoscience nous y conduit. Après avoir pris le contrôle des sols et celui des corps travailleurs dans le but d'accroître toujours plus son emprise, l'industrialisme, dans la poursuite de son geste totalitaire, s'affaire depuis plusieurs décennies à prendre le contrôle du vivant.
Nombre de pages
204
Date de parution
04/11/2022
Poids
338g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782356878922
Titre
Ecologie et Politique N° 65/2022 : Les enfants de la Machine
Auteur
Deléage Estelle ; Besset Jean-Paul
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
151
Poids
338
Date de parution
20221104
Nombre de pages
204,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Comment et pourquoi en France au début du XXIe siècle, l'agriculture d'entreprise coexiste-t-elle avec une agriculture durable ? L'agriculture est au coeur des enjeux des sociétés de ce siècle et en particulier de celles de la vieille Europe qui, depuis la première révolution industrielle, ont profondément transformé le rapport nourricier qu'elles entretenaient avec la nature. En France, les évolutions de l'agriculture ont connu un tournant significatif après la Seconde Guerre mondiale en faisant du paysan un agriculteur moderne intégré à la société globale. Dans ce mouvement de fond, l'agriculture constitue un objet complexe tiraillé entre un foisonnement d'initiatives porteuses de nouvelles formes de ruralités et la poursuite globale d'un projet industrialiste alimentant la disparition des exploitations agricoles. De façon pédagogique et originale, en décloisonnant les savoirs disciplinaires, Estelle Deléage présente et analyse les principales transformations de l'agriculture française ainsi que les débats soulevés par ces évolutions (nouveaux modes de consommation alimentaire, controverses autour du développement des biotechnologies, etc.). Elle montre que certains agriculteurs continuent à inventer des formes productives singulières qui sont autant de résistances à l'extension continue de l'agriculture industrielle. Avec eux, aujourd'hui, l'agriculture peut devenir culture au sens de colere, cultiver, prendre soin ou préserver. Cet ouvrage s'adresse plus particulièrement aux enseignants-chercheurs et aux étudiants qui s'intéressent à l'agriculture (lycées agricoles, écoles d'ingénieur, universités).
Paysans? Agriculteurs? Chefs d'entreprise? C'est en arpentant les campagnes européennes à la rencontre de ces nouveaux paysans qui construisent un autre rapport au temps, à l'espace et aux autres que l'agronome et sociologue Estelle Deléage s'interroge, depuis plus de dix ans, sur le devenir de l'agriculture. Considérés de manière dominante comme une classe objet, selon l'expression de Pierre Bourdieu, les paysans ont en effet constitué et constituent encore aujourd'hui, un peu partout sur la planète, un réservoir de main d'oeuvre pour l'industrie en pleine expansion. C'est donc bien la poursuite du projet d'artificialisation de la nature qui se joue ici avec comme élément central à la réalisation de ce projet, la dépaysannisation de la planète (relégation, pauvreté, suicides des paysans, etc).
Les sociétés industrielles sont des (im)mondes technologiques. Les technologies y sont omniprésentes dans toutes les dimensions de l'existence et cette dépendance aux artefacts ne cesse de s'accentuer avec l'expansion des nouvelles technologies, servant la pseudo-transition énergétique et numérique. La neutralité de cette accélération technologique, comme de sa capacité à surmonter les nuisances industrielles, est un leurre. Ne pas y succomber suppose au contraire de s'interroger sur ses conséquences environnementales et humaines, culturelles et politiques, et, plus généralement, sur la place qu'occupent les techniques dans les rapports villes-campagnes, en fonction du sens donné a la liberté, à la "vie bonne" et à la démocratie. La critique du progrès technologique porté par l'imaginaire de la maîtrise a donc pour corollaire le soutien aux projets cherchant développer des techniques dont la finalité serait le progrès de l'autonomie d'humanités réaffirmant leur appartenance à la Terre.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...