Les villes ardentes 1870-1914. Art, travail, révolte
Delapierre Emmanuelle ; Tillier Bertrand
SNOECK
24,99 €
Epuisé
EAN :9789461616012
En 2013, le musée des Beaux-Arts de Caen présentait une exposition intitulée "Un été au bord de l'eau" consacrée à l'essor des loisirs de plein air. Il propose d'éclairer aujourd'hui l'autre versant de cette modernité en marche, non plus au travers des images du temps libre, dédié à la détente au coeur de la nature, mais par le prisme de la représentation du travail dans l'effervescence des villes. L'exposition "Les villes ardentes" , programmée du 4 avril au 20 septembre 2020 dans le cadre de la quatrième édition du festival Normandie impressionniste, s'attache aux images du labeur en milieu urbain, de 1870 à 1914. Imaginée par Emmanuelle Delapierre et Bertrand Tillier l'exposition mêle une centaine d'oeuvres peintes et dessinées venant éclairer ces années qui, du souvenir des événements de la Commune à la veille de la première guerre mondiale, voient l'émergence d'une France industrialisée. Adeptes de la peinture de plein-air, les peintres impressionnistes s'attachent en premier lieu à la transformation des paysages, multipliant les vues des plaines ou des cours d'eaux émaillées de cheminées d'usines. Le premier à pointer l'émergence des zones industrielles est Armand Guillaumin, dès 1869, à Ivry. Au cours des deux décennies suivantes, nombreuses sont les oeuvres reflétant la modernisation de la France. La Normandie joue dans ce processus un rôle majeur : si prisée pour son littoral favorable au développement des loisirs bourgeois, elle l'est encore pour ses paysages industriels. Ce bouleversement touche tout autant les faubourgs que le coeur des villes. Paris achève de se moderniser selon les plans du baron Haussmann, le chantier du métropolitain progresse. Les peintres promènent un oeil attentif sur les quais et dans les rues où déchargeurs de charbon, cantonniers et ouvriers du bâtiment s'affairent. Bien des artistes ne s'en tiennent pas là et passent la porte des ateliers ou des fabriques, pointant les conditions d'exercice de nombreux travailleurs isolés, au premier rang desquels les tisserands et les repasseuses. Ce sont bien les mutations du monde du travail elles-mêmes qui apparaissent en filigrane dans ces oeuvres décrivant des métiers suspendus pour un temps aux confins de l'artisanat traditionnel et du monde industriel. Les ateliers familiaux laissent peu à peu la place aux manufactures et aux usines. Certes l'artiste ne prétend plus dresser le portrait de la France industrielle de son temps, comme l'avait fait au milieu du XIXe siècle François Bonhommé. Il témoigne en revanche des évolutions sociales en cours, telles que l'essor du travail des femmes ou l'émergence de la classe ouvrière. Confronté à des paysages et à une réalité sociale en voie de transformation, il y décèle une beauté nouvelle, quand il ne fait pas le choix d'un engagement politique. Comme l'a souligné l'historienne Madeleine Rebérioux, 1880 ouvre une "une décennie tournante, contemporaine d'une double jeunesse, celle de la liberté et (...) celle de la grève" . Les mutations touchant le monde du travail font apparaître des utopies et des combats nouveaux. Quelques artistes, à l'instar de Camille et Lucien Pissarro, Paul Signac ou Maximilien Luce, affirment des convictions anarchistes, concevant aussi bien des oeuvres peintes, des projets d'affiches que des dessins pour la presse. C'est l'histoire de la IIIe République qui s'écrit ici en images, depuis sa naissance difficile jusqu'à sa consolidation.
Nombre de pages
200
Date de parution
20/05/2020
Poids
1 100g
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EAN
9789461616012
Titre
Les villes ardentes 1870-1914. Art, travail, révolte
Auteur
Delapierre Emmanuelle ; Tillier Bertrand
Editeur
SNOECK
Largeur
0
Poids
1100
Date de parution
20200520
Nombre de pages
200,00 €
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Epuisé
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Cest dans lécart même qui sépare les deux artistes que nous avons souhaité interroger la pratique du croquis au dixneuvième siècle, laquelle paraît inscrite entre deux curseurs : le dessin sur le vif et létude de mémoire. Cet ouvrage instaure un dialogue original entre deux artistes du XIXe siècle qui, bien que de générations et de formations différentes, ont exploré avec un égal plaisir les arts de la sculpture, de la peinture et du dessin. Tels deux « chroniqueurs » avisés, Carpeaux et Daumier ont su prêter attention aux vibrations de la vie quotidienne, aux mutations de la société et aux bouleversements politiques dune époque troublée. De la caricature à lhistoire contemporaine, des études des « petites gens » à celles de Napoléon III, en passant par des scènes intimistes, ils nont cessé de dessiner, dans une forme dengagement au monde, avec une liberté et une audace exceptionnelles. À lopposé du dessin académique daprès modèle, Daumier et Carpeaux pratiquent le croquis au vol, fixant au plus vite et au plus juste un mouvement, une attitude, une expression. À travers leurs esquisses à lencre, au crayon, au lavis, à la sanguine, ils se révèlent dignes successeurs de Delacroix et Géricault. « Il faut être de son temps ! » disait Daumier. Le génie graphique des deux artistes réside dans leur aptitude à mêler instantané et invention, mouvement saisi dans sa fugacité et connaissance aiguë de la forme, pour aboutir à un art de synthèse, expressif et universel.
Delapierre Emmanuelle ; Merle du Bourg Alexis ; Ro
Figure incontournable de la mythologie grecque, Méduse a exercé son pouvoir de fascination sur de nombreuses générations d'artistes qui ont contribué à la création d'un répertoire d'images d'une richesse inouïe. Le catalogue est consacrée à l'évolution de ces représentations, des premières sources iconographiques de l'Antiquité jusqu'aux productions artistiques les plus récentes. Dans les premières versions écrites du mythe, Méduse est une divinité primordiale terrifiante, petite-fille de la Terre (Gaïa) et de l'Océan (Pontos), mentionnée sous le nom de Gorgone. Une première variation, introduite dès le 5e siècle avant notre ère, voit en Méduse non plus une divinité régnant sur l'univers, mais une mortelle, victime d'une monstrueuse métamorphose que lui inflige la déesse Athéna. Reconnaissable à sa chevelure grouillante de serpents et ses yeux écarquillés, Méduse est une figure particulièrement ambiguë et paradoxale : à la fois instrument de mort, par son regard pétrifiant tous ceux qui le croisent, et symbole de vie, puisque de sa tête sacrifiée naissent le cheval Pégase et le géant Chrysaor. Au cours des siècles, les lectures du mythe évoluent, faisant subir à Méduse de multiples métamorphoses qui font d'elle le reflet des peurs et des fantasmes de la société occidentale. Malléable et toujours en phase avec l'époque de sa création, la figure de Méduse se renouvelle constamment. Pour les Grecs, elle est d'abord l'incarnation de la terreur, une vision insoutenable de la mort. La période médiévale, marquée par la morale chrétienne associant sexualité et péché, assimile Méduse à une beauté séductrice. A la Renaissance, son visage horrifique devient une métaphore de l'Art et de sa puissance visuelle. Figure toujours changeante, Méduse développe un caractère mélancolique au 19e siècle. Pour les préraphaélites anglais puis pour les symbolistes, elle perd parfois de son aspect monstrueux et devient une jeune femme à la beauté rêveuse. L'univers dans lequel elle bascule témoigne de l'accablement qui gagne les artistes face à la modernité industrielle. Cette course effrénée vers le progrès entraîne la rupture progressive de l'Occident avec la culture gréco-romaine qui l'a nourri durant des siècles, et Méduse devient alors le témoin affligé d'un monde désenchanté. Les angoisses et les atrocités du 20e siècle redonnent à Méduse sa puissance mortelle, et c'est finalement à Hollywood et dans le jeu vidéo que celle-ci va trouver un nouveau terrain fertile où se renouveler, grâce aux spécialistes des effets spéciaux. Aujourd'hui, Méduse fascine toujours les artistes qui s'appuient, notamment, sur les outils numériques pour renouveler leur approche plastique. Mais quelles sont les mutations actuelles de Méduse ? Figure populaire et politique, elle pourrait bien incarner un principe d'insoumission à l'ordre aussi bien qu'un féminisme militant...
Le musée des Beaux-Arts de Caen propose la première rétrospective consacrée à Louis Chéron. Né dans une famille de peintres et orfèvres, Louis Chéron est lauréat du "âGrand Prixâ" de l'Académie royale en 1676, ce qui lui permet de se rendre à Rome. De retour à Paris, il peint deux "âMaysâ" pour la cathédrale de Notre-Dame. La révocation de l'Edit de Nantes compromet la poursuite de sa carrière en France. Fervent protestant, il part en Angleterre en 1693. Grâce à la protection du duc de Montagu, ancien ambassadeur à la cour de France, il obtient de grandes commandes décoratives. La concurrence avec Louis Laguerre, autre peintre d'histoire français actif à Londres, et l'émergence de John Thornhill, le conduisent à réaliser d'autres types de travaux. En 1720, Louis Chéron crée sa propre école d'art à Londres, dont l'originalité est l'introduction de femmes nues comme modèles. Un peintre aussi célèbre que William Hogarth y suivra des cours.
Depuis la Renaissance, les artistes n’ont cessé de nous rendre sensibles aux nombreux paradoxes de l’horizon. Entre imaginaire et réalité, où se tient l’horizon, cette ligne de rencontre entre le ciel et la terre (ou entre le ciel et la mer), ce phénomène purement visuel et toujours mobile ? Comment figurer ce qui n’a aucune existence matérielle et qui pourtant nous permet de nous orienter dans l’espace ? Qu’il donne l’illusion de la profondeur en unifiant l’espace représenté, qu’il paraisse ouvrir la vue à l’infini, qu’il s’élève tel un barrage tranchant ou qu’il nous renseigne sur le rapport de l’homme à l’autre, l’horizon nous fournit les repères essentiels à notre expérience du monde.Depuis l’invention de la perspective à la Renaissance jusqu’aux œuvres contemporaines, les artistes explorent notre rapport à l’horizon à travers des supports de plus en plus diversifiés. À l’heure où le monde semble être mis à plat par les communications en réseau, où des milliardaires mettent en jeu des sommes faramineuses pour quitter l’orbite terrestre, cet ouvrage invite à reconsidérer la portée de l’horizon dans ses dimensions existentielle, matérielle et sensible.
Les mots et les images en sont légendaires : les déguisements et innombrables auto-mises en scène photographiques, ses commentaires ironiques, sarcastiques, humoristiques sur l'art, le marché de l'art, la critique d'art et l'histoire de l'art. On connaît moins en revanche le Marcel Duchamp qui savait s'engager avec empathie et développer une stratégie consciente pour les artistes de son milieu culturel contemporain : le commissaire d'expositions des années 1910 à sa mort en 1968, le juré et conseiller de collections, musées et galeries d'art moderne parmi les plus éminents. L'ouvrage parcourt environ soixante-dix expositions, complétées par les derniers résultats de recherche, et illustre la coopération étroite avec des personnalités importantes de l'époque : de Louise et Walter Conrad Arensberg, Katherine S. Dreier, Francis Picabia, Sidney et Harriet Janis à André Breton, Julien Levy ou Peggy Guggenheim.
Gillemon Danièle ; Draguet Michel ; Sojcher Jacque
Cet ouvrage propose de revisiter l'univers surréel du maître belge au gré de la collection particulière Pierre et Nicole Ghêne, articulée autour de six thèmes clefs abordés tout au long de sa carrière : la féminité - le mystère - le rêve - la théâtralité - l'évasion - le recueillement et la solitude. Huit auteurs - historiens d'art, philosophe, conservateur, professeurs d'université, critique - livrent leur interprétation personnelle des thèmes ciblés et offrent un cheminement libre et sensible à travers les sentiers insatiablement riches et étonnants de l'oeuvre de Paul Delvaux. Non-conformiste et original, ce livre vous invite à une redécouverte des voies oniriques et énigmatiques de l'art de Paul Delvaux et à apprécier la densité et la force poétique d'une oeuvre résolument magistrale.
Le présent ouvrage retrace le parcours exceptionnel de Brancusi qui, par un long travail de sublimation de la forme, s'est attaché à saisir l'essence des êtres et des choses. Il met en valeur la singularité d'un artiste reconnu comme le père de la sculpture moderne par nombre de créateurs venus de tous les horizons. Ce catalogue apporte aussi un éclairage particulier sur la pratique de la photographie à laquelle Brancusi s'est adonné avec passion et grâce à laquelle il a pu imposer sa propre vision esthétique.
Cette présentation d'une sélection d'oeuvres de la collection du Musée des beaux-arts de Gand permet de découvrir les principaux courants de l'art moderne belge entre 1880 à 1940, du symbolisme au surréalisme. Des oeuvres néerlandaises illustrent en outre les influences artistiques réciproques entre la Belgique et les Pays-Bas.