LES PROSES DU TEMPS. THOMAS DE QUINCEY ET LA PHILOSOPHIE KANTIENNE.
DAYRE ERIC
CHAMPION
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EAN :9782745300782
De Quincey invente la drogue comme objet de littérature : une allégorie de l'artiste aliéné et dépendant dont l'importance novatrice n'échappera pas à Baudelaire. Entre roman, prose poétique, autobiographie, satire, récit historique, on ne sait jamais bien où situer les essais de De Quincey. Ces essais refusent toute identité stable : c'est là leur poétique impossible au sein du romantisme symbolique, insituable que De Quincey a construite, face à Samuel Taylor Coleridge, William Words-worth et Charles Lamb, et il nous a semblé qu'elle naissait dans la lecture que De Quincey fit, très tôt, de la philosophie critique de Kant. Littérature et philosophie, donc, littérature contre philosophie également, puisque pour De Quincey, la véritable littérature détermine une puissance, ou un pouvoir dépassant la connaissance. Ce suspens de connaissance, appelé parfois anti-paideia, De Quincey nous suggère qu'il consiste pour une oeuvre, à aller contre ses premières possibilités de communication. La littérature est à vocation négative, et c'est le point de la négation que nous cherchons. Il s'agit de trouver le point critique et les renversements qu'il permet, de contrer contre un certain style, d'éprouver la fiction dans la philosophie, la poésie dans la prose, l'image dans la littéralité, l'allégorie dans le symbole, la matière dans le phénomène, en un mot de reconnaître les fictions critiques de De Quincey et d'observer quelle conception de la temporalité s'y met en place.
Date de parution
01/01/2000
Poids
710g
Largeur
150mm
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EAN
9782745300782
Titre
LES PROSES DU TEMPS. THOMAS DE QUINCEY ET LA PHILOSOPHIE KANTIENNE.
ISBN
2745300784
Auteur
DAYRE ERIC
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
710
Date de parution
20000101
Disponibilité
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Qu'y a-t-il de commun entre Coleridge, De Quincey, Baudelaire et Rimbaud ? L'idée que la traduction est une question qui concerne désormais la poésie, la définition même de la poésie. A travers ces quatre auteurs, dans la manière dont ils dialoguent étroitement par-delà leur langue, dans les polémiques et les oppositions qu'ils construisent, une conception élargie du champ de l'écriture se fait jour. Est-ce dans une seule langue que se forme un style ? Qu'arrive-t-il à un poème lorsqu'il est traduit ? Le style n'est-il pas plutôt l'aptitude particulière d'une oeuvre à se laisser traduire ...
Depuis la Justice politique de Godwin jusqu'au Prométhée de Shelley, la référence romantique à la justice est constante. Elle dépasse les partages idéologiques des écrivains qui, tous, pressentent que la littérature doit être traversée par un impératif de justice universelle, seule garante de la liberté. Cet ouvrage retrace ainsi l'histoire du romantisme anglais, et montre comment ce mouvement a permis l'émergence, voire l'invention d'une forme poétique dissemblable de l'histoire. Entre 1797 et 1834, Godwin, Coleridge, Kears, Shelley, Lamb, Landor, De Quincey ou encore Wordsworth conçoivent un lien ténu entre politique et littérature qui permet d'assigner à la poésie un rôle nouveau, celui de traduire, dans une forme rythmique, active et littéraire un idéal de démocratie qui n'existait pas alors. Qu'est-ce alors que la « prose romantique », si ce n'est ce nouveau style de littérature qui relance le débat sur le sens de l'activité politique, de la justice et de la liberté ...
Jean Daive est connu pour être l'auteur d'ouvrages en vers (notamment Le cycle en neuf volets de Narration d'équilibre) et en prose (voir Le cycle en sept volets de La condition d'infini). Cet ouvrage aborde ce que Jean Daive a pu appeler la créativité du lien, ses modes et ses formes éventuelles, la poésie de Daive proposant " un équilibre sous condition d'infini " où la forme scande l'adresse et le dialogue avec l'infini qui interroge l'idée même d'un équilibre possible. Issu d'un colloque qui s'est tenu en mai 2011 à l'ENS et à l'ENSBA de Lyon, l'ouvrage apporte une pluralité de lectures à une oeuvre dense et diverse, en prenant en compte l'évolution du champ littéraire, des registres et des partitions daiviennes (vers, prose, livres, revues, émissions de radio). Il a réuni des universitaires, des chercheurs, des artistes et des écrivains. Entre commentaires, explications, propositions réflexives, hypothèses et interventions plus spécifiquement poétiques, à diverses échelles d'une recherche universitaire ouverte sur la création contemporaine, selon des proportions et des choix variées, on suit le fil de la poétique daivienne et de ses enjeux, de ses déplacements depuis la question de traducteur-interviewer qu'il posait lui-même à Robert Creeley : " Quel est votre secret Robert Creeley, quel est votre secret ? " Deux textes inédits de Jean Daive accompagnent ces Actes. Encyclopédiste, reporter, photographe, traducteur, poète, Jean Daive (né en 1941) est l'auteur de plusieurs recueils de poésie et de quelques romans. Fondateur des revues fragment (1970-1973), fig. (1989-1992), Fin (1999-2006) et K. O. S. H. K. O. N. O. N. G en 2013, il a élaboré diverses émissions radiophoniques sur France Culture de 1975 à 2009. Il a participé aux Nuits magnétiques et a produit Peinture fraîche durant une décennie. Il préside le Centre international de poésie Marseille (cipM) depuis 2001.
La traduction favorise la compréhension entre les peuples et la coopération entre les nations", lit-on dans les actes de la conférence de Nairobi organisée par l'Unesco en 1976. On se figure volontiers la traduction comme un pont permettant de passer d'une "langue source" à une "langue cible" comme on se rend d'une rive "de départ" à la rive "d'arrivée ". Conciliatrice en apparence, cette représentation ne risque-t-elle pas de favoriser l'instrumentalisation identitaire des langues ? La traduction est-elle un moyen de bâtir des rencontres ou de sécuriser des frontières ? Dans un contexte de "débat" sur un rétablissement des frontières européennes, il y a une certaine forme d'urgence à modifier la représentation de l'acte de traduire. Aucune traduction ne se réduit au passage d'une langue source à une langue cible, car aucune "langue" n'est une entité stable et indivisible. A partir de là, un examen concret des textes est nécessaire pour affiner la théorie par l'expérience. Seule une pensée pratique est à même de rendre compte de l'événement qu'est la traduction.