Actes de la recherche en sciences sociales N° 235, décembre 2020 : Résistances populaires
Darras Eric
SEUIL
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EAN :9782021470116
La tendance à décrire le pouvoir comme une forme de machination ou du moins une entreprise concertée est ancienne. Elle est confortée aujourd'hui par la mobilisation de technologies de contrôle, de persuasion et de répression toujours plus performantes et perfectionnées, ainsi que par des transformations internes de la classe dominante, comme son homogénéisation sociale et son internationalisation. La possibilité de résistances populaires subsiste pourtant. Ces résistances semblent même avoir fait un retour en force avec, parmi de nombreux exemples ces dernières années, les printemps arabes, les combats contre les installations et les multinationales polluantes ou encore les ZAD et autres mobilisations des néo-ruraux qui développent à l'échelle mondiale un nouvel « art de ne pas être gouverné ». C'est à ces nouvelles formes d'actions et d'organisations politiques que ce numéro d'Actes de la recherche en sciences sociales est consacré, en puisant des outils analytiques chez Pierre Bourdieu, James Scott ou E. P. Thompson et en explorant une série d'études de cas : la politique et l'art automobile du tuning, les machinistes de l'Opéra de Paris, des déléguées syndicales, la réception que réservent des élèves de milieux populaires à des actions de prévention menées en milieu scolaire, etc. Au travers de ces contributions, il s'agit d'interroger les ressources sur lesquelles reposent ces résistances, leurs modes d'actions et d'organisation, mais aussi d'étudier leurs confrontations à la domination et aux dominants et, ce faisant, de contribuer à éclairer l'action profane directe et subversive dans la situation contemporaine.
Nombre de pages
128
Date de parution
07/01/2021
Poids
313g
Largeur
212mm
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EAN
9782021470116
Titre
Actes de la recherche en sciences sociales N° 235, décembre 2020 : Résistances populaires
ISBN
2021470113
Auteur
Darras Eric
Editeur
SEUIL
Largeur
212
Poids
313
Date de parution
20210107
Nombre de pages
128,00 €
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La science politique française - les chapitras de ce livre en donnent presque tous l'exemple - se perçoit aujourd'hui comme légitime, et, assurée de l'être, elle ne mesure plus sa légitimité à celles des disciplines qui pourraient paraître peu ou prou concurrentes. Les disciplines de l'arc des sciences sociales sont acceptées dans leur validité scientifique et dans leur diversité interne. Le débat entre disciplines redevient possible et peut avoir sa pleine fécondité. L'événement vaut d'être commenté. Il clôt une période, sur laquelle il n'est pas utile de revenir, où la science politique française vivait fort mal ses relations avec les disciplines voisines, le droit, la sociologie, l'histoire, l'économie, d'autres encore. Tantôt la science politique était conçue comme devant se fondre dans l'une ou l'autre de ces disciplines, et par exemple la sociologie, tantôt, elle s'érigeait en machine de guerre contre ses voisines, affirmant détenir seule la compréhension des phénomènes, et par exemple de la "force du droit". Cette période est révolue. Ce n'est pas pour autant la fin de l'histoire... Préface de Pierre Favre.
Le second tour des municipales de 2014 à Toulouse a laissé des militants socialistes abasourdis et désemparés face à une défaite que nul n'avait anticipée. Porte après porte, rue après rue, immeuble après immeuble, ce livre propose une immersion au c'ur des « équipes de campagne » du candidat socialiste afin de comprendre les raisons d'un tel décalage entre les perceptions des militants et la brutalité du verdict électoral.
Eric Sarner, voyageur infatigable a bâti une oeuvre poétique solide et dense initiée en 1971 sous la tutelle amicale de Joseph Delteil qui préface son premier recueil. Que ce soit dans Sugar, poème de la boxe où la vie défile en noir et blanc comme un combat, ou dans Coeur chronique, lexique des émotions ordinaires dont les fragments de vers et de prose saisissent l'écho au plus près du quotidien, l'écriture est sobre, directe, concrète. La poésie d'Eric Sarner a peu d'équivalents dans le champ poétique francophone contemporain. Nous avons adjoint aux deux recueils majeurs cités, le formidable Petit carnet de silence, carnet de bord de l'expérience rigoureusement vécue d'un mutisme consenti qui ouvre implicitement une vertigineuse réflexion sur notre relation organique au langage.
Paradeisos est un poème épique dans lequel le narrateur cherche à soutirer la femme qu'il aime du Néant où elle s'enferme. Pour cela il devra braver non les dieux mais le temps. A force d'intuitions, il parviendra à la hisser et lui-même, l'autre qui est en nous, en un espace pacifié appelé ici "? Paradeisos ? ", non au sens chrétien, mais selon une mythologie inventée et personnelle. Paradeisos apparaît donc bien comme un Absolu, le lieu d'une quête infinie.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
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