La science politique française - les chapitras de ce livre en donnent presque tous l'exemple - se perçoit aujourd'hui comme légitime, et, assurée de l'être, elle ne mesure plus sa légitimité à celles des disciplines qui pourraient paraître peu ou prou concurrentes. Les disciplines de l'arc des sciences sociales sont acceptées dans leur validité scientifique et dans leur diversité interne. Le débat entre disciplines redevient possible et peut avoir sa pleine fécondité. L'événement vaut d'être commenté. Il clôt une période, sur laquelle il n'est pas utile de revenir, où la science politique française vivait fort mal ses relations avec les disciplines voisines, le droit, la sociologie, l'histoire, l'économie, d'autres encore. Tantôt la science politique était conçue comme devant se fondre dans l'une ou l'autre de ces disciplines, et par exemple la sociologie, tantôt, elle s'érigeait en machine de guerre contre ses voisines, affirmant détenir seule la compréhension des phénomènes, et par exemple de la "force du droit". Cette période est révolue. Ce n'est pas pour autant la fin de l'histoire... Préface de Pierre Favre.
Nombre de pages
314
Date de parution
02/05/2004
Poids
330g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747563383
Titre
La science politique une et multiple
ISBN
2747563383
Auteur
Darras Eric ; Philippe Olivier ; Favre Pierre
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
330
Date de parution
20040502
Nombre de pages
314,00 €
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La tendance à décrire le pouvoir comme une forme de machination ou du moins une entreprise concertée est ancienne. Elle est confortée aujourd'hui par la mobilisation de technologies de contrôle, de persuasion et de répression toujours plus performantes et perfectionnées, ainsi que par des transformations internes de la classe dominante, comme son homogénéisation sociale et son internationalisation. La possibilité de résistances populaires subsiste pourtant. Ces résistances semblent même avoir fait un retour en force avec, parmi de nombreux exemples ces dernières années, les printemps arabes, les combats contre les installations et les multinationales polluantes ou encore les ZAD et autres mobilisations des néo-ruraux qui développent à l'échelle mondiale un nouvel « art de ne pas être gouverné ». C'est à ces nouvelles formes d'actions et d'organisations politiques que ce numéro d'Actes de la recherche en sciences sociales est consacré, en puisant des outils analytiques chez Pierre Bourdieu, James Scott ou E. P. Thompson et en explorant une série d'études de cas : la politique et l'art automobile du tuning, les machinistes de l'Opéra de Paris, des déléguées syndicales, la réception que réservent des élèves de milieux populaires à des actions de prévention menées en milieu scolaire, etc. Au travers de ces contributions, il s'agit d'interroger les ressources sur lesquelles reposent ces résistances, leurs modes d'actions et d'organisation, mais aussi d'étudier leurs confrontations à la domination et aux dominants et, ce faisant, de contribuer à éclairer l'action profane directe et subversive dans la situation contemporaine.
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