Si les années 80 alimentent aujourd'hui citation nostalgique et imaginaire vintage, l'histoire qu'elles ont tramée nous renvoie à une réalité sociopolitique dont l'héritage et le souvenir demandent à être interrogés. La décennie 1980 a en effet inauguré un tournant, esthétique et politique, marquant l'avènement d'un état d'esprit propice à l'expansion de normes se voulant objectives et rassurantes, au détriment d'un espace accordé à de possibles marges déstabilisantes. Situation dont Le Pont du Nord, de Jacques Rivette, livrait, en 1981, un précipité éclairant. Considérer de près ce que le cinéma a enregistré, imaginé, montré de cette époque; revenir sur les mutations structurelles dont il fut à la fois l'objet et l'agent, tel est ce que nous avons tenté ici: évolution des cinéastes du Nouvel Hollywood (Coppola, Spielberg, Friedkin); usage publicitaire de l'image et quête d'une distinction face à la télévision toute puissante (Carax); mélancolie du discours sur la "mort du cinéma" (Wenders, Godard); nouvel accès et rapport domestique aux images par la généralisation de la VHS. Quelques films phares (ceux de Pialat, Une chambre en ville de Demy, Gin ger et Fred de Fellini...), nous ont guidés pour élucider ce que les transformations de l'époque ont construit, et la manière dont celles-ci nous renseignent sur notre présent. C'est au cinéaste japonais Sion Sono, dont Guilty of Romance est récemment sorti en France, qu'est dédiée la dernière partie de ce numéro. De son premier long-métrage Bicycle Sighs (1990), à Himizu, présenté à Venise en 2011, Sion Sono aura alterné productions ultra-indépendantes et films commerciaux relevant du cinéma de genre. Avec son dernier film, Land of Hope, qui prend place parmi les ruines du tsunami et aux alentours de Fukushima, Sion Sono poursuit une oeuvre s'attachant à retranscrire de façon crue et bouleversante le Japon contemporain.
Nombre de pages
128
Date de parution
13/11/2012
Poids
465g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782355261107
Titre
Vertigo N° 44, automne 2012 : Les années 80
Auteur
Dacheux Michaël
Editeur
NOUVELLES LIGNE
Largeur
210
Poids
465
Date de parution
20121113
Nombre de pages
128,00 €
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Ne pas mourir, ou, autrement dit: ne pas céder à la menace, toujours présente, d'extinction de soi. Lié à l'enregistrement du temps et à la restitution de son empreinte, le cinéma n'est-t-il pas voué à se saisir de cette exigence? Si la question concerne chacun en tant qu'elle est le point de butée de toute existence, elle se pose aussi en termes éminemment politiques: quelle action, quelle stratégie, quel ressaisissement adopter, pour sortir du sentiment d'impuissance, du désarroi, de la peur, pour qu'encore puissent s'ouvrir des brèches dans la réalité? La formule ne concerne pas uniquement les personnages pris dans des situations de survie (tels les amants des films de Jean Cocteau), elle est aussi celle adressée aux vivants: ne pas mourir est alors à envisager comme l'expression d'une lutte, d'une levée, d'une résistance. Une résistance qui se manifeste autant dans la vitalité romanesque du cinéma de François Truffaut que dans les malices de Charlot; autant dans la lutte acharnée de Frankenstein pour ramener les morts à la vie qu'à travers les déambulations enjouées et inquiètes de Nanni Moretti dans Journal intime. Ce n'est pas tant qu'il ne faut pas mourir, c'est qu'il faut ne pas mourir. Le cinéma de Béla Tarr constitue un autre exemple de cette résistance. L'art avec lequel il renouvelle le "temps scellé" tarkovskien, dont on croyait l'alchimie perdue, vaut comme un défi lancé à la domination croissante de "l'éternel présent". L'iconographie mélancolique et l'autarcie formelle de son cinéma s'imposent comme une résistance intempestive au temps qui passe, elles viennent hanter notre époque, révéler son inconsistance et sa désagrégation. La rétrospective intégrale que le Centre Pompidou consacre au cinéaste hongrois du 3 décembre au 2 janvier 2011, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris, est l'occasion pour Vertigo de lui porter l'attention qu'il mérite.
Un voyage, un journalisme de terrain au sein d'une France plurielle, innovante, engagée. A la découverte des nouveaux combats sur les questions de handicaps en France, d'un club de foot lesbien antiraciste, du travail de mémoire engagé au sein des anciens ports esclavagistes... Ces combats convoquent notre mémoire autant que notre présent. Cette France-là, riche de tous ses héritages, bouge, questionne, dérange. Elle invente aussi. Elle interpelle tous les racismes, toutes les exclusions, les discriminations, les inégalités. Avec ses contradictions, ses errances, ses pertinences et ses succès.
Le monde change mais la science économique évolue peu. Le capitalisme menace la démocratie qui ne parvient plus à le réguler. Ces deux constats sont à l'origine de cet ouvrage. Partant des initiatives citoyennes qui s'opposent au capitalisme, les auteurs construisent une nouvelle vision du vivre ensemble : se défaire de la représentation libérale de l'économie pour bâtir une démocratie écologique et solidaire grâce à la délibération dans [espace public. En effet, la meilleure façon de favoriser la liberté de chacun est de créer une intelligence collective basée sur la participation de tous. Le délibéralisme est une construction théorique qui articule une réflexion économique (la délibération comme principe d'allocation des ressources). une théorie politique (la démocratie radicale) et un nouveau cadre symbolique (l'épistémologie de la complexité). A l'heure où la critique antisystème nourrit les ennemis de la démocratie, il est temps de passer de la déconstruction à la reconstruction. de la mise en lumière des dysfonctionnements réguliers à l'éclairage des fonctionnements alternatifs, de la soumission au désespoir du réel à l'espérance constructive de l'utopie. La tâche la plus urgente du chercheur est d'ouvrir, à nouveau, l'espace des possibles.
André Gorz a traversé la seconde moitié du 20e siècle en témoin lucide de ses mutations économiques et sociales. Disparu l'automne 2007, il a laissé une oeuvre critique exigeante qui n'est réductible à aucun des courants poli-tiques constitués. Ses prises de position en faveur de la sortie progressive du capitalisme se fondent sur une proposition autogestionnaire très argumentée et s'articulent avec son souci précoce pour les enjeux écologiques. Car, affirmait-il, "c'est par la critique du modèle de consommation opulent que je suis devenu écologiste avant la lettre". Le socialisme qu'André Gorz appelle de ses v?ux est celui qui saura faire face à l'urgence des enjeux sociaux, économiques et écologiques inédits auxquels le monde est aujourd'hui confronté. Le présent ouvrage, conçu comme un hommage, est également le premier à proposer un regard sur l'existence et l'?uvre entières d'André Gorz.
Il n'y a rien en effet comme la fin de quelque intermittence que ce soit qui soit moins à l'ordre du jour. C'est tout le contraire même. L'instance représentative du patronat (le Medef) regarde le statut de l'intermittence des travailleurs de l'industrie du spectacle et du divertissement de masse comme le modèle par excellence et comme, par anticipation, celui sur lequel aligner toute la législation du travail, dorénavant. Si bien qu'il faut dire ceci : les travailleurs intermittents de l'industrie du spectacle et du divertissement de masse eussent fait montre de lucidité politique en s'avisant que, au lieu de continuer à prétendre à l'exception qui était la leur, ils constituaient en réalité déjà une règle à laquelle il n'y aurait bientôt plus de travailleur, de quelque sorte que ce soit, à pouvoir s'excepter. . . Michel Surya dirige la revue Lignes. Écrivain et philosophe, il a récemment publié : L'Éternel Retour (roman) (Lignes-Léo Scheer, 2006) ; La Révolution rêvée (Fayard, 2004). Le présent volume, qui fait suite au Portrait de l'intellectuel en animal de compagnie (Farrago, 2000), est le quatrième de la série De la domination .
Le présent volume présente l'inventaire, composé et commenté par Félix Guattari, des soixante-cinq rêves présents dans le Journal et les correspondances de Kafka, ainsi que de plusieurs textes rares ou inédits sur l'oeuvre de celui-ci. Ultérieurs à la publication (avec Gilles Deleuze) de Kafka. Pour une littérature mineure (Éditions de Minuit, 1975), ils témoignent de la passion inchangée de Félix Guattari pour l'une des oeuvres majeures du XXe siècle.