Raisons politiques N° 73, février 2019 : Why Private Property? Textes en français et anglais
Crétois Pierre ; Fabri Eric ; Lambrecht Maxime
SCIENCES PO
20,00 €
Epuisé
EAN :9782724635911
Pourquoi la propriété privée plutôt qu'un autre système de droits de propriété ? La question n'est pas nouvelle, et a fait couler beaucoup d'encre depuis que Grotius, Locke ou Rousseau ont formulé leurs hypothèses séminales sur le sujet.Le développement de l'économie dite « collaborative », la dématérialisation de l'économie ou la crise écologique, entre autres, posent de nouveaux problèmes et indiquent les limites de la conception classique de la propriété privée comme droit absolu, à l'abri de toute ingérence de l'État, qui avait déjà été sérieusement remise en cause par l'accroissement continu des inégalités économiques.Comment repenser le droit à la propriété privée à la lumière des récents développements économiques et sociaux ? Ce numéro examine dans quelle mesure un système de droits de propriété privée peut être justifié par diverses approches, telles que le contractualisme, le républicanisme ou le libertarisme de gauche, et entend tirer des engagements normatifs de ces considérations sur la propriété privée, en s'abstenant de simplement la rejeter ou l'accepter sans condition. Ces analyses diverses et parfois contradictoires pourront nourrir la réflexion sur la place légitime de la propriété privée dans une société juste.
Nombre de pages
168
Date de parution
11/04/2019
Poids
234g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782724635911
Titre
Raisons politiques N° 73, février 2019 : Why Private Property? Textes en français et anglais
Auteur
Crétois Pierre ; Fabri Eric ; Lambrecht Maxime
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
155
Poids
234
Date de parution
20190411
Nombre de pages
168,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
C'en est fini du « doux commerce ». L'illusion d'un marché porteur de paix, de prospérité et de civilisation s'est dissipée sous nos yeux. Celui qui s'est consolidé avec les républiques modernes a débouché sur un paradoxe dont n'importe qui peut désormais faire l'expérience quotidienne : la promesse de l'émancipation par la richesse a engendré l'effondrement de notre monde commun. L'accumulation de l'opulence est une accumulation de la destruction, et, n'en déplaise aux (néo)libéraux, on ne peut attendre du marché qu'il résolve un problème dont il est lui-même la cause. Ce qui détruit nos biens communs, c'est l'architecture même d'un ordre social marchand qui, prétendant pouvoir se passer de volonté commune, produit des structures que personnes n'a choisies et qui pourtant gouvernent nos vies. La notion de « République des biens communs » ne tient donc pas du pléonasme. Elle entend rompre avec les républiques existantes, qui sacralisent la propriété privée et font de la vie collective un agrégat d'intérêts propriétaires pour repartir de biens englobants, dont le maintien dépend exclusivement de notre capacité à coopérer et à nous organiser politiquement. Réinscrire le commun dans la délibération politique, reconnaître et protéger les biens communs : cet ouvrage ambitieux nous invite à imaginer des institutions capables de donner forme à notre interdépendance. Une utopie ? Non, une nécessité vitale.
La critique de la propriété est à l'ordre du jour. On a vu, ces dernières années, se développer une réflexion sur le rôle de la rente dans le creusement des inégalités (Piketty) ou sur la nécessité de rendre certains biens à la propriété collective (Dardot et Laval). Le livre de Pierre Crétois se situe dans ce champ, où il trace un sillon original. Il n'aborde pas le problème seulement par ses effets délétères, mais le reprend à la racine. La propriété privée s'élabore à partir de la Renaissance, en tant que pendant de la souveraineté politique : l'individu règne en maître sur ses choses comme le souverain sur ses sujets. Elle devient un droit naturel, celui de la personne à jouir comme elle l'entend des fruits de son travail. La Révolution sanctuarisera cette idée dans la Déclaration des droits de l'homme. C'est là que les difficultés surgissent. Il n'a jamais existé dans la réalité de propriété absolument privée : les choses ne sont pas appropriables en tant que telles, mais sont des lieux où se rencontrent des existences et activités individuelles et collectives. Le propriétaire ne doit plus être conçu comme un despote sur son domaine, mais comme membre de communautés et d'écosystèmes.
L'État est-il une puissance contraignante? C'est ce dont on se plaint souvent: en raison des lois, des impôts et d'une série de charges imposées par la vie civile, l'autorité politique nous apparaît, la plupart du temps, comme un obstacle à la liberté. Le défi que se donne Rousseau dans le Contrat social est, au contraire, de montrer que non seulement l'État libère, mais surtout qu'il est, dans son fondement, l'expression de la libre volonté du peuple. C'est la condition sans laquelle il ne saurait être légitime. Mais comment des restrictions peuvent-elles être compatibles avec la liberté? Associer la vie civile et la liberté est-il une gageure insoluble? À moins que Rousseau ne parvienne, dans cet ouvrage, à jeter les bases d'une théorie de l'autorité politique promotrice de liberté?
Ce livre trace la genèse de l'État social depuis Hobbes jusqu'aux penseurs solidaristes. En passant par Locke, les physiocrates et Rousseau, l'ouvrage s'efforce de montrer comment l'État social se présente comme une alternative possible à l'atomisation d'une société façonnée par la propriété privée.
Ce numéro a pour thème la fabrique du besoin éducatif qui accompagne le développement de politiques éducatives visant l'accessibilisation des systèmes scolaires. Il associe l'institutionnalisation de cette notion à la redéfinition du rôle de l'élève et de l'enseignant liée à des politiques éducatives promouvant l'efficacité du l'institution scolaire. Il porte par ailleurs le regard sur le rôle joué par la généralisation de dispositifs de soutien ciblant les élèves à risque d'échec scolaire. Il s'intéresse enfin aux conventions développées par les acteurs de l'école pour mettre en sens et en scène les principes revendiqués par l'école inclusive tels que la différentiation pédagogique ou les pratiques collaboratives.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.