L'aguicheuse nymphette de Nabokov, devenue un type littraire au mme titre que la Bovary de Flaubert, sduit des millions de nouveaux lecteurs chaque anne dans le monde, tout en continuant de provoquer la colre des puritains. Humbert Humbert, picaro des temps modernes, manipule le double langage avec une virtuosit dsarmante : il s'accuse dans vergogne des fautes qu'il a commises en tant que protagoniste l'gard de Lolita, mais s'ingnie par ses prouesses d'criture gagner l'admiration, voire la complicit de son lecteur. Le prsent ouvrage, tout en prsentant un dossier complet sur ce prodigieux roman et en apportant les annotations ncessaires sa comprhension, analyse la logique de ce double langage ; il dmonte les mcanismes paradoxaux de l'interaction auteur-narrateur-lecteur et le jeu crois de leurs dsirs respectifs. Maurice Couturier approfondit ainsi la rflexion mene dans ses livres prcdents, notamment Textual Communication, Nabokov ou la tyrannie de l'auteur et La Figure de l'auteur.
Nombre de pages
128
Date de parution
01/10/1995
Poids
198g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782864602514
Titre
V. Nabokov - Lolita
Auteur
Couturier Maurice
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
150
Poids
198
Date de parution
19951001
Nombre de pages
128,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Nabokov aurait-il pu écrire Lolita en français? De fait, le mirage de la Côte d'Azur est omniprésent tout au long de ce roman paru pour la première fois en France, où il fut censuré?Le romancier a prétendu qu'il aurait pu être « un grand écrivain français ». Les vicissitudes de l'histoire en ont décidé autrement. Grand admirateur de Ronsard, Flaubert ou Verlaine, il était passionnément attaché à la langue française, plus douce à son oreille que sa langue maternelle, le russe, et que sa langue d'adoption, l'anglais. Le mot français « plaisir » lui semblait distiller un « supplément de vibrato spinal » par rapport à son équivalent anglais. C'est ainsi qu'il écrivit plusieurs textes en français, qu'il choisit de passer les dernières années de sa vie en Suisse, à Montreux, ville francophone, et que, tel un phalène attiré par la lumière, il ne cessa jamais de revenir en France. Bien entendu, Maurice Couturier n'a pas la prétention de faire entrer Nabokov dans le panthéon de la littérature française, mais il montre ici ce que son oeuvre doit à la langue et à la littérature française, ainsi qu'au paysage naturel ou culturel de la France. On trouvera également dans cevolume la réédition du premier article écrit et publié en 1931 par Nabokov dans notre langue.
Le petit carnet rouge offert par la jeune fille à l'enfant de trois ans est-il pure fiction ? La mère le prétendait. L'auteur de ces pages, convaincu du contraire, fait revivre toute une société paysanne rude et grégaire mais chaleureuse, soumise quotidiennement à la loi et au rythme imposé par une église despotique et puritaine, société peu cultivée qui n'est pas loin de penser que la fréquentation trop assidue des livres peut rendre fou.
Comme nous le rappelle l'affaire Salman Rushdie, la censure continue de s'en prendre aux romans et aux romanciers. Certes, elle a tendance à perdre de sa rigueur en Europe et aux Etats-Unis depuis le XVIIIe siècle, notamment pour les romans traitant de sujets religieux ou politiques, mais elle n'a pas disparu en ce qui concerne les romans possédant un contenu sexuel important, la justice française ayant même fait interdire Lolita de Nabokov en 1956. Le roman moderne, psychologique et sentimental par définition, social accessoirement, a toujours cherché à parler du sexe ; le sujet étant risqué, les romanciers durent inventer une multitude de stratégies narratives plus ou moins sophistiquées pour rendre leur texte acceptable à un large public et se préserver des critiques que l'on pouvait adresser à leurs personnages ou à leurs narrateurs. Le présent ouvrage examine quelques romans célèbres parus ces trois derniers siècles et qui ont un contenu sexuel explicite, comme L'Académie des dames, Tristram Shandy, Madame Bovary, L'Amant de Lady Chatterley, Ulysse ou Lolita, et analyse les procès dont ils ont fait l'objet ; il montre le lien structurel qui existe entre la censure en matière sexuelle et l'innovation en matière stylistique et met l'accent sur l'immense mauvaise foi dont font preuve tous les protagonistes impliqués dans la circulation du livre, depuis l'auteur jusqu'au lecteur, en passant par les éditeurs, les pouvoirs publics, la justice et la critique. Cet ouvrage constitue le second volet d'une étude sur l'interaction auteur-lecteur en milieu romanesque, le premier étant constitué par La Figure de l'auteur paru en 1995.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.