ESTHETIQUE DES FLUIDES - SANG, SPERME ET MERDE DANS LA PEINT
COUSINIE FREDERIC
DU FELIN
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EAN :9782866457600
La représentation picturale des différents fluides corporels - larmes, sang, lait, ou encore bave, excréments, sperme ou sueur - paraît pouvoir réaliser l'exceptionnelle conjonction de l'objet visé par le projet mimétique et de la matière employée. Ce qui est représenté, l'est avec l'élément même de la représentation et exalte visuellement ce qui en est l'essence: la liquidité, la fluidité, l'écoulement. Une telle conjonction semble devoir écarter non seulement la signifiante des fluides, guère interrogée par l'histoire de l'art, mais jusqu'à l'intermédiaire qui semble nécessaire à la réalisation de la représentation: l'artiste, son pinceau et son art, coupables de réintroduire la forme trop maîtrisée, la ligne excessivement arrêtée, la matière figée. C'est, anecdote célèbre et l'un des mythes constitutifs de la peinture occidentale, l'origine de la fameuse "écume" du chien haletant de Protogenes, ou celle des chevaux d'Apelle ou de Néalcès évoqués par Pline, fluide organique complexe et instable dont l'impossible représentation fut finalement réalisée non par les moyens communs de l'art et l'intentionnalité usuelle de l'artiste mais par le "hasard" et la "fortune" du jet furieux d'une éponge, qui peint et dépeint simultanément, sur la peinture imparfaite: "C'est ainsi que, dans cette peinture, la chance produisit l'effet de la nature." Ce défi représentatif est à nouveau relevé au XVIIe siècle par trois peintres qui s'illustrèrent alors par leur maîtrise de la peinture religieuse, de la peinture mythologique et du paysage: Philippe de Champaigne, Jacques Blanchard, et Claude Le Lorrain. Dans leurs oeuvres, la représentation des fluides, où s'origine toute une esthétique de la fluidité, de la liquidité, de l'écume, de la plasticité et de nos modernes "flux", convoque simultanément la spiritualité, la mystique, l'érotique et la politique du Grand Siècle.
Date de parution
04/11/2011
Poids
753g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782866457600
Titre
ESTHETIQUE DES FLUIDES - SANG, SPERME ET MERDE DANS LA PEINT
Auteur
COUSINIE FREDERIC
Editeur
DU FELIN
Largeur
153
Poids
753
Date de parution
20111104
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A l'iconoclasme protestant des guerres de Religion, la réforme catholique a opposé un ensemble de dispositifs - répressifs, festifs, artistiques mais aussi théoriques - qui sont ceux du " baroque " et de ses images. Introduction à une histoire des théories de l'image religieuse dans la France du XVIIè siècle, cet ouvrage s'attache aussi à la réception concrète de ces discours par les fidèles t, à travers l'analyse d'?uvres de Champaigne, Vouet, Poussin, Mignard, aux pratiques effectives des artistes.
Au cours du XVIIe siècle la multiplication des traités de méditation et de contemplation sur les mystères chrétiens affecte radicalement aussi bien l'histoire de la spiritualité que celle de l'art religieux. Prétendant rendre accessibles à tous des pratiques spirituelles jusque-là réservées à l'élite des croyants, ces ouvrages contribuent à diffuser un mode d'appréhension des images qui nous permet de comprendre de façon nouvelle la réception des images religieuses à l'époque moderne. En confrontant textes de spiritualité, images gravées et exemples picturaux, cette étude se propose de répondre aux questions suivantes : Quelle est la place accordée aux images dans la littérature et les pratiques spirituelles portant sur l'oraison, la méditation et la contemplation dans la France du XVIIe siècle ? Quelles sont les fonctions attribuées à ces représentations et quels en sont les usages et les effets attestés ? Quels sont les rapports établis entre textes, pratiques concrètes et images ? Quelle est la nature même des images évoquées dans ces textes et quelles relations les différentes catégories distinguées entretiennent-elles entre elles? En quels " lieux " - livres, oratoires, espaces intérieurs - ces différentes images prennent-elles place? Dans quelle mesure peut-on transférer les protocoles de lecture des images élaborés dans ces textes vers les représentations matérielles produites par les artistes ?
La Gloire de Dieu (kavôd, doxa, gloria) c'est en premier lieu le poids et la réputation d'un être dont les qualités supérieures suscitent, en retour, la glorification : rendre Gloire, par les louanges, les chants, les cérémonies, mais aussi par la création artistique. Par extension, la Gloire fut associée à l'émanation lumineuse qui exprimerait de façon visible la divinité du Père (Pâtre luminum) comme du Christ (lumen de lumine). Le motif sculptural de la Gloire, inventé par Gian Lorenzo Bernini à Rome, en est devenu l'incarnation moderne, démultiplié dans toute l'Europe catholique. Entre anthropomorphisme et symbolisme, entre matérialité, monumentalité et expansion lumineuse dématérialisée, la Gloire ne se laisse cependant guère aisément appréhender. Où est véritablement "l'oeuvre" dans le continuum spatial qui caractérise la Gloire ? Comment percevoir ce qui joue entre focalisation, dispersion de l'attention et éblouissement ? De qui ces dispositifs sont-ils la glorification ou expriment-ils la Gloire ? En quoi cet objet peut-il être conçu comme une solution représentative adéquate ? Cette étude est centrée avant tout sur Rome, Paris et plusieurs exemples qui subsistent en France. Conjuguant analyse détaillée des oeuvres, prise en compte des conditions de leur réception, attention aux textes théologiques et dévotionnels, cet ouvrage nous rend accessible un "objet de civilisation" majeur de l'Europe moderne.
Sous quelles formes le corps du Christ et le corps chrétien se sont-ils manifestés dans les représentations visuelles ? Quatre modalités déterminantes ont été identifiées dans les ?uvres de Nicolas Poussin, de Simon Vouet et de leurs contemporains du XVIIe siècle français : le Surgissement épiphanique du divin en ce monde, la Révélation d'un Dieu s'offrant à l'épreuve de la reconnaissance durant sa vie terrestre, l'Extase visionnaire où l'âme tend vers l'union et la connaissance de Dieu, l'Apothéose et le mouvement d'ascension de l'âme faisant retour vers son principe divin. L'analyse formelle, rhétorique et kinésique, attentive au langage corporel, ne peut être dissociée de son inscription dans l'univers spirituel et théologique du siècle étudié. Cette double lecture permet de comprendre les postures corporelles comme autant d'expressions, de reprises et de prolongements d'un mouvement d'origine divine : une dynamique amoureuse, initiée dès l'acte de la Création, puis accomplie par la Grâce et suscitant les propres motions du sujet chrétien. Au-delà, nous constaterons que les multiples tensions qui affectent les visages, les corps mais aussi le temps et l'espace pictural relèvent d'une forme de tension plus générale, caractéristique de l'art de ce siècle : une tensivité des images qui permet de repenser l'analyse des représentations de l'époque moderne.
Hautval Adélaïde ; Postel-Vinay Anise ; Hauptman G
Du moment que vous les défendez, vous partagerez leur sort ! " Et pour n'avoir jamais transigé avec qu'elle appelait les "valeurs premières", Adélaïde Hautval, dite Haïdi, va devoir traverser l'enfer et survivre à 37 mois d'emprisonnement et de déportation. En sa qualité de médecin, à Auschwitz, elle est affectée au Revier (l'infirmerie) où elle soulage et soigne avec ses maigres moyens. Dans les cas les plus graves, elle s'arrange pour maquiller le diagnostic et permet ainsi à nombre de ses patientes d'éviter la chambre à gaz. Elle doit aussi travailler au sinistre Block des expériences médicales sur la stérilisation. Elle réussit d'abord à ne faire que soulager les jeunes martyrisées, témoin des horreurs perpétrées par les médecins SS. Mais quand elle reçoit l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refuse, s'opposant frontalement aux nazis.
Reçu premier à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé de philosophie en 1927, Jean Cavaillès fut l'un des intellectuels les plus brillants de sa génération. Gaston Bachelard, avec qui il noua une forte amitié, notait : " Jean Cavaillès avait une volonté de héros ". Un héros de la pensée sûrement, que ses travaux sur la théorie de la science auraient distingué si la guerre n'avait orienté sa vie vers d'autres combats. Lié dès le début au mouvement de résistance Libération, animé entre autres par Emmanuel d'Astier de La Vigerie, Jean Cavaillès fut arrêté par les Allemands en août 1943, puis condamné à mort et exécuté cinq mois plus tard. Gabrielle Ferrières retrace dans ce livre émouvant la vie d'un philosophe, inséparable de celle de l'homme d'action et de convictions.
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. " Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. " Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.
Odile de Vasselot a 18 ans lorsque les Allemands envahissent la France. Convaincue dès le début du conflit de la nécessité de résister, elle est orientée vers des réseaux qui, bien qu'animés en grande partie par des civils, ont des objectifs militaires. A partir de 1942, elle est mise en contact avec deux vastes réseaux antinazis oeuvrant en Belgique, en France et en Espagne. Odile de Vasselot est d'abord agente de liaison pour le service de renseignement Zéro, puis sert, au sein du réseau Comète. comme convoyeuse de pilotes anglais rescapés des batailles aériennes, des opérations à haut risque et très mouvementées menées depuis le territoire belge. C'est en brossant le portrait de ses compagnons d'armes portés par leur courage, leur modestie et leur ténacité que l'autrice nous fait revivre une phase essentielle de la Résistance.