Bergson était sensible à la question de l'écriture philosophique. En effet, il rapportait les systèmes des philosophes à une intuition cristallisée sous la forme d'une image médiatrice. Il était également lui-même soucieux d'écrire dans une langue à la fois claire, précise et riche, susceptible de traduire au mieux l'expérience de la durée pure que les sédimentations déposées par l'habitude empêchent de percevoir et que le langage stérile de la spéculation métaphysique empêche d'exprimer. Aussi cet ouvrage propose-t-il d'aborder la lecture de la philosophie de Bergson, par l'analyse des propriétés discursives de son texte. Ce travail a été conduit sur " Le possible et le réel " dans le cadre du " Groupe de recherche sur l'analyse du discours philosophique " réuni au Collège international de philosophie. Des philosophes, des linguistes et spécialistes de l'analyse textuelle ont joint leurs efforts, discuté leurs méthodes, confronté leurs approches en s'attachant à une lecture détaillée et suivie de ce texte célèbre. Pour plus de commodité, nous proposons une reproduction de cet extrait de La pensée et le mouvant conforme à l'édition de référence. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage ne retranscrivent pas ce travail collectif mais sont le fruit de la réflexion personnelle de leurs auteurs. Chacun, sous des angles divers qui traduisent ses perspectives théoriques, en privilégiant tel ou tel aspect du texte, examine pourtant une même question : par quels procédés discursifs Bergson tente-t-il de résoudre les paradoxes pragmatiques liés au rapport particulier qu'entretient sa doctrine avec ses conditions d'expression ? Le choix d'un genre, le privilège accordé aux formes d'énonciation en première personne, l'utilisation d'images, de gloses, sont autant de procédés qui lui permettent de " formuler l'informulable " et d'inscrire le texte dans l'horizon plus général d'une ?uvre qui se présente dès lors comme " création d'imprévisible nouveauté ". Ainsi, cette approche plurielle est l'occasion de mettre à l'épreuve les questions méthodologiques posées par l'analyse du discours philosophique, et offre au lecteur soucieux de précisions les instruments d'une lecture philosophique personnelle.
Nombre de pages
217
Date de parution
01/11/1998
Poids
530g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782130493389
Auteur
Cossutta Frédéric
Editeur
PUF
Largeur
150
Date de parution
19981101
Nombre de pages
217,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les auteurs de cet ouvrage (J.F. Bordron, A. Bouvier, C. Giolito, D. Maingueneau, F. Cossutta) viennent d'horizons différents (sémiotique, sociologie cognitive, histoire de la philosophie, analyse du discours), mais ont en commun le souci de ne pas réduire les ?uvres philosophiques à leurs seules structures doctrinales, et prennent en considération leurs dimensions spécifiquement langagières et discursives. Ils s'interrogent sur la nature de l'argumentation philosophique, et proposent des modèles théoriques permettant de relier les contraintes qu'une doctrine se donne dans la recherche de sa légitimité avec les formes expressives présidant à leur mise en ?uvre. Le cartésianisme offre à ce titre un exemple particulièrement éclairant, puisqu'il prétend refuser le recours aux figures de rhétorique comme aux procédés scolastiques, et veut élaborer les formes d'expressions qui garantissent simultanément la véracité et la communicabilité de son propos. En étudiant la langue, les modes d'exposition, les genres, les formes énonciatives et narratives adoptées par Descartes dans ses écrits, les contributions ici réunies montrent que sous la clarté revendiquée d'une langue qui se voudrait celle de la raison même, s'opère un travail discursif complexe . Le philosophe doit en effet simultanément dire au plus près et au plus juste ce qu'exige l'enchaînement nécessaire des raisons, et composer avec les reformulations ou les voix multiples qu'imposent la conversion du lecteur et les stratégies d'institution de la doctrine. Ce travail dans l'ordre du discours n'est pas dissociable de l'effort consentit pour philosopher, et c'est le mérite d'une théorie de l'argumentation philosophique de montrer comment une pensée fait ?uvre.
Réunissant dans une perspective interdisciplinaire les contributions de philosophes et de spécialistes d'analyse du discours, ce volume propose quelques pistes pour l'étude du dialogue philosophique considéré comme un genre textuel. Une philosophie ne saurait être comprise sans référence aux lieux et aux conditions de sa textualisation, aux formes du discours qui la mettent en ?uvre, aux genres qu'elle emprunte à la littérature, aux discours religieux, juridique, scientifique. Le dialogue philosophique est à ce titre exemplaire : son usage constant, comme pratique orale codifiée ou genre textuel (on connaît son rôle dans la philosophie antique depuis Platon, et son retour en force dans la culture de la Renaissance), en fait un objet d'étude quantitativement significatif, susceptible de donner lieu à des comparaisons, voire à certaines généralisations. Ce recueil souhaite favoriser une réflexion sur sa nature et ses fonctions, sur les méthodes d'investigation qui permettent d'en rendre compte en proposant des études de cas exemplaires chez des auteurs variés (Platon, Galilée, Descartes, Leibniz, Hume, Shaftesbury, Diderot) ou dans une période, un mouvement caractéristique : La Renaissance, le Libertinage érudit aux XVlle siècle.
Sans prétendre répondre à la question spéculative : "Qu'est-ce qu'un concept philosophique ? ". cet ouvrage analyse la façon dont les philosophes élaborent, produisent, faut-il dire créent des concepts. Ils définissent des termes, reconfigurent des notions communes ou des concepts canoniques hérités. inventent des néologismes qui, pour certains, deviennent de véritables signatures doctrinales ("monade", "évolution créatrice", "différance"). Analyser l'activité discursive par laquelle sont forgés des vocables, élaborés des ensembles notionnels, c'est pénétrer dans l'atelier du philosophe pour mieux comprendre la fabrique des concepts. Cette activité sera analysée dans un double contexte : — Contexte clos des univers philosophiques qui donnent sens aux concepts, que ceux-ci soient reconnus comme un moyen privilégié pour penser, comme c'est le cas depuis Aristote jusqu'à Husserl en passant par Leibniz ou Kant, ou que l'usage en soit critiqué ou destitué, quitte à ce que doive être inventée une prose post-conceptuelle (Nietzsche, Kierkegaard, Bergson, Wittgenstein, Levinas, Deleuze ou Derrida). — Contexte plus ouvert consécutif à leur extraction lorsque, détachés de leur site textuel, les concepts essaiment, transitent dans l'espace public où ils s'agrègent à un patrimoine commun (ils peuvent être simultanément marqueurs d'une identité philosophique et porteurs d'un sens général, ex. : "déconstruction"). Ou bien, lorsque de trajets en réinscriptions, ils sont retravaillés dans les commentaires, voire resémantisés, ou même enclos dans la nomenclature alphabétique d'un dictionnaire philosophique comme le Lalande.
Approche transversale des règles d'encadrementPREMIÈRE PARTIE : L'appréhension des aides 1 ? Logiques variables et enjeux communs 2 ? L'approche extensive de l'aide d'État 3 ? Approches plus partielles de la notion d'aide aux entreprises DEUXIÈME PARTIE : La mise en ?uvre des aides 1 ? Dérogations à la prohibition des aides d'État 2 ? La mise en ?uvre des aides européennes 3 ? La mise en ?uvre des aides en droit interne TROISIÈME PARTIE : Le contrôle des aides 1 ? Le contrôle de la compatibilité des aides d'État 2 ? Le contrôle des financements européens 3 ? Les contrôles découlant du droit interne 4 ? La régulation internationale des subventions QUATRIÈME PARTIE : La remise en cause des aides 1 ? La suppression des aides 2 ? Le contentieux des aides aux entreprise
Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem Ge
Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.