Les concepts en philosophie. Une approche discursive
Cossutta Frédéric
LAMBERT-LUCAS
27,00 €
Epuisé
EAN :9782359353150
Sans prétendre répondre à la question spéculative : "Qu'est-ce qu'un concept philosophique ? ". cet ouvrage analyse la façon dont les philosophes élaborent, produisent, faut-il dire créent des concepts. Ils définissent des termes, reconfigurent des notions communes ou des concepts canoniques hérités. inventent des néologismes qui, pour certains, deviennent de véritables signatures doctrinales ("monade", "évolution créatrice", "différance"). Analyser l'activité discursive par laquelle sont forgés des vocables, élaborés des ensembles notionnels, c'est pénétrer dans l'atelier du philosophe pour mieux comprendre la fabrique des concepts. Cette activité sera analysée dans un double contexte : — Contexte clos des univers philosophiques qui donnent sens aux concepts, que ceux-ci soient reconnus comme un moyen privilégié pour penser, comme c'est le cas depuis Aristote jusqu'à Husserl en passant par Leibniz ou Kant, ou que l'usage en soit critiqué ou destitué, quitte à ce que doive être inventée une prose post-conceptuelle (Nietzsche, Kierkegaard, Bergson, Wittgenstein, Levinas, Deleuze ou Derrida). — Contexte plus ouvert consécutif à leur extraction lorsque, détachés de leur site textuel, les concepts essaiment, transitent dans l'espace public où ils s'agrègent à un patrimoine commun (ils peuvent être simultanément marqueurs d'une identité philosophique et porteurs d'un sens général, ex. : "déconstruction"). Ou bien, lorsque de trajets en réinscriptions, ils sont retravaillés dans les commentaires, voire resémantisés, ou même enclos dans la nomenclature alphabétique d'un dictionnaire philosophique comme le Lalande.
Nombre de pages
249
Date de parution
17/09/2020
Poids
405g
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EAN
9782359353150
Titre
Les concepts en philosophie. Une approche discursive
Auteur
Cossutta Frédéric
Editeur
LAMBERT-LUCAS
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Poids
405
Date de parution
20200917
Nombre de pages
249,00 €
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Epuisé
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Les auteurs de cet ouvrage (J.F. Bordron, A. Bouvier, C. Giolito, D. Maingueneau, F. Cossutta) viennent d'horizons différents (sémiotique, sociologie cognitive, histoire de la philosophie, analyse du discours), mais ont en commun le souci de ne pas réduire les ?uvres philosophiques à leurs seules structures doctrinales, et prennent en considération leurs dimensions spécifiquement langagières et discursives. Ils s'interrogent sur la nature de l'argumentation philosophique, et proposent des modèles théoriques permettant de relier les contraintes qu'une doctrine se donne dans la recherche de sa légitimité avec les formes expressives présidant à leur mise en ?uvre. Le cartésianisme offre à ce titre un exemple particulièrement éclairant, puisqu'il prétend refuser le recours aux figures de rhétorique comme aux procédés scolastiques, et veut élaborer les formes d'expressions qui garantissent simultanément la véracité et la communicabilité de son propos. En étudiant la langue, les modes d'exposition, les genres, les formes énonciatives et narratives adoptées par Descartes dans ses écrits, les contributions ici réunies montrent que sous la clarté revendiquée d'une langue qui se voudrait celle de la raison même, s'opère un travail discursif complexe . Le philosophe doit en effet simultanément dire au plus près et au plus juste ce qu'exige l'enchaînement nécessaire des raisons, et composer avec les reformulations ou les voix multiples qu'imposent la conversion du lecteur et les stratégies d'institution de la doctrine. Ce travail dans l'ordre du discours n'est pas dissociable de l'effort consentit pour philosopher, et c'est le mérite d'une théorie de l'argumentation philosophique de montrer comment une pensée fait ?uvre.
Réunissant dans une perspective interdisciplinaire les contributions de philosophes et de spécialistes d'analyse du discours, ce volume propose quelques pistes pour l'étude du dialogue philosophique considéré comme un genre textuel. Une philosophie ne saurait être comprise sans référence aux lieux et aux conditions de sa textualisation, aux formes du discours qui la mettent en ?uvre, aux genres qu'elle emprunte à la littérature, aux discours religieux, juridique, scientifique. Le dialogue philosophique est à ce titre exemplaire : son usage constant, comme pratique orale codifiée ou genre textuel (on connaît son rôle dans la philosophie antique depuis Platon, et son retour en force dans la culture de la Renaissance), en fait un objet d'étude quantitativement significatif, susceptible de donner lieu à des comparaisons, voire à certaines généralisations. Ce recueil souhaite favoriser une réflexion sur sa nature et ses fonctions, sur les méthodes d'investigation qui permettent d'en rendre compte en proposant des études de cas exemplaires chez des auteurs variés (Platon, Galilée, Descartes, Leibniz, Hume, Shaftesbury, Diderot) ou dans une période, un mouvement caractéristique : La Renaissance, le Libertinage érudit aux XVlle siècle.
Résumé : Bergson était sensible à la question de l'écriture philosophique. En effet, il rapportait les systèmes des philosophes à une intuition cristallisée sous la forme d'une image médiatrice. Il était également lui-même soucieux d'écrire dans une langue à la fois claire, précise et riche, susceptible de traduire au mieux l'expérience de la durée pure que les sédimentations déposées par l'habitude empêchent de percevoir et que le langage stérile de la spéculation métaphysique empêche d'exprimer. Aussi cet ouvrage propose-t-il d'aborder la lecture de la philosophie de Bergson, par l'analyse des propriétés discursives de son texte. Ce travail a été conduit sur " Le possible et le réel " dans le cadre du " Groupe de recherche sur l'analyse du discours philosophique " réuni au Collège international de philosophie. Des philosophes, des linguistes et spécialistes de l'analyse textuelle ont joint leurs efforts, discuté leurs méthodes, confronté leurs approches en s'attachant à une lecture détaillée et suivie de ce texte célèbre. Pour plus de commodité, nous proposons une reproduction de cet extrait de La pensée et le mouvant conforme à l'édition de référence. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage ne retranscrivent pas ce travail collectif mais sont le fruit de la réflexion personnelle de leurs auteurs. Chacun, sous des angles divers qui traduisent ses perspectives théoriques, en privilégiant tel ou tel aspect du texte, examine pourtant une même question : par quels procédés discursifs Bergson tente-t-il de résoudre les paradoxes pragmatiques liés au rapport particulier qu'entretient sa doctrine avec ses conditions d'expression ? Le choix d'un genre, le privilège accordé aux formes d'énonciation en première personne, l'utilisation d'images, de gloses, sont autant de procédés qui lui permettent de " formuler l'informulable " et d'inscrire le texte dans l'horizon plus général d'une ?uvre qui se présente dès lors comme " création d'imprévisible nouveauté ". Ainsi, cette approche plurielle est l'occasion de mettre à l'épreuve les questions méthodologiques posées par l'analyse du discours philosophique, et offre au lecteur soucieux de précisions les instruments d'une lecture philosophique personnelle.