Elle est soleil et pluie et autre chose, c'est la toute-puissante Cordelia qui réunit la pluie que portent les héros sur leurs épaules (héros qu'on voit, par exemple, enfourcher des chevaux blancs et galoper dans les nuits d'inondation) et le soleil que portent les mêmes (canicule, fardeau saignant et adoré), elle est la toute-puissante qu'on ne regarde ni de face ni de près, elle est celle qui ne dit mot puis pleure puis dit père, comme un caillou. Qui rencontre des hiboux poignardés dans les forêts sur les troncs des arbres. Il y a autre chose. Elle dit autre chose. Elle dit : femmes, femmes, mes soeurs. Elle est toute blonde, porte un corsage décolleté et une robe blanche, Cordelia qui avance dans les forêts touffues accompagnée d'hommes d'armes, ses larmes sont des diamants et ses sourires des perles ; une douleur comme la sienne. La femme sans honte et toute blanche dans la forêt. La femme homme-soldat." "Une furie ramassée dans le corps et l'image d'un oiseau. Mettons-nous en route. Suivons l'oiseau de nuit qui est venu de jour. Il est venu pour nous." Une voiture en feu, une amnésique, de mystérieux rubis, et la guerre sourde qui balaie tout sur son passage. Cordelia la Guerre est un roman en feu, multiple, ambitieux qui, tout en jouant avec les codes du roman policier, de l'épique et du mythologique, propose une relecture contemporaine du Roi Lear. Il nous emmène dans un tourbillon dont le souffle met au jour la matière d'un monde qui s'effondre. C'est en réalité notre contemporain qui se joue sous nos yeux, et Marie Cosnay en révèle toute la densité sociale et politique.
Nombre de pages
357
Date de parution
20/08/2015
Poids
406g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9791093606231
Titre
Cordelia la Guerre
Auteur
Cosnay Marie
Editeur
OGRE
Largeur
141
Poids
406
Date de parution
20150820
Nombre de pages
357,00 €
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HB est né à Grenoble, le 23 janvier 1783. Ce portrait d'Henry Beyle, mené par lui-même et ses doubles romanesques, est aussi faux qu'il est possible d'être faux, aussi faux qu'il est nécessaire d'être faux. Quelques éléments figurent l'homme, par petites touches : la couleur bleu, une épée, le pic d'une montagne, la passion pour Mélanie (ou n'importe qui d'autre), les mathématiques, une chanteuse à qui il manque la dent de devant, le nom d'un peintre, des questions : avec qui faire l'amour, est-on gai ou profondément colleté au néant ? Portrait impressionniste d'Henry Beyle et multitude des mouvements : fatigue, affreuses migraines, gravelle, apoplexie nerveuse, idées sans les mots, faiblesse dans la jambe, ennui, ennui pour son sujet, stupidité, absence de moi. Silence dans les salons. Passion mais passion montée. Mais aussi : énergie, ardeur, profondeur, goût pour les contes, comique, colère, impétuosité - rien n'est trop fort. Et ce n'est pas le café. Au bout du compte, seule vaut la fiction parce que le naturel est toujours bon ou prêt à être déchiqueté. Vivent les noms, les surnoms, les pseudos, jusqu'au dernier, Stendhal. Qui meurt le 23 mars 1842. [M. C. ]
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."
Une femme tombe dans une grotte. Entre visions et hallucinations, elle se rêve en moineau, et assiste, par-delà le temps, au basculement de la vie de Bernadette Soubirou. "Elle voit, parfois aussi elle devient Bernadette, comme si tout enfant, toute fille en tout cas, pouvait l'être aussi." Leur expérience surnaturelle ou mystique est avant tout une expérience du corps. Qu'ont-elles vu, exactement ? Peu importe, elles ont vu, ou cru voir. En tissant ces deux destins de femmes, à deux époques différentes, Marie Cosnay nous invite à repenser la possibilité de l'apparition. Pourquoi, quand une femme voit, est-elle folle ou sainte ? Sous prétexte de nous parler de Bernadette Soubirou, Marie Cosnay nous parle de l'instrumentalisation politique du corps féminin.
On se couvrira les yeux d'abord, on fuira. On y reviendra de plein fouet et on voudra tout voir, avec la rage d'un coyote. On avalera les photos, les petits films de vacances mal cadrés, les anecdotes, les souvenirs. On voudra, comme le coyote déchiquette sa proie, appuyer de tout son poids, briser la colonne vertébrale. Comprendre comment une nuit on rentre chez soi, avec sa femme, ses deux enfants qui font une vie, comment on regarde la télévision ou comment on lit ou bricole, comment on va se coucher, et comment on ressort, au milieu de cette même nuit qui appartient à cette même femme et à ces mêmes enfants qui font une vie, comment on en ressort, porté par des bras inconnus, allongé dans l'air."
Brûlées, premier roman d'Adriadna Castellarnau, délivre une prose implacable, sèche et intensément belle, comme si les mots eux-mêmes avaient été réduits et purifiés par le feu. Le monde est en train de mourir. Ou il est peut-être déjà mort, mais il est encore habité par des survivants qui s'entendent sur la manière de mourir de faim, qui défendent leurs biens, qui prient pour l'avenir et qui abandonnent leurs enfants, parfois pour qu'ils aient une vie meilleure, parfois simplement parce qu'ils sont épuisés. Ce qui est arrivé au monde et pourquoi cela est arrivé n'est pas fondamental, ce qui compte c'est ce qu'il faut faire des dépouilles, de la crasse, de ces feux de joie nocturnes, de l'abandon lent de la compassion et du gouvernement de la tristesse.
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."