L'horreur qui nous prend au visage. L'Etat français et le génocide
Coret Laure ; Verschave François-Xavier
KARTHALA
35,00 €
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EAN :9782845866201
En 1994 s'accomplissait au Rwanda le dernier génocide du XXe siècle. En trois mois, un million d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants étaient exterminés uniquement parce qu'ils étaient Tutsi. Il est vite apparu que la question des responsabilités françaises était incontournable. La France a en effet soutenu un régime fasciste qui couvait l'idéologie et les forces du génocide, puis ces forces en train de commettre l'abomination, avant de favoriser leur repli et leurs préparatifs de " revanche ". Les voix qui dénonçaient en France ce sinistre scandale ont été vite étouffées par une chape de plomb politico-militaire et une désinformation incessante. En 1998 cependant, les révélations du journaliste Patrick de Saint-Exupéry contraignaient une Mission d'information parlementaire à soulever le couvercle, mais pour conclure seulement à une " erreur " d'appréciation politique, en dépit du contenu même de son Rapport. Un ensemble d'associations et de citoyens a estimé ne pas pouvoir laisser dans un tel déni la commémoration des dix ans du génocide. Ils ont organisé, du 22 au 26 mars 2004, une Commission d'Enquête Citoyenne (CEC), appuyée par plus de huit mille signatures. Cette semaine intense de travaux et de débats est retranscrite dans le présent ouvrage : rapports, documents (pour certains inédits), paroles d'experts, de rescapés et de bourreaux se prolongent dans les échanges de la Commission. Les membres de la CEC, même ceux qui connaissaient très bien le sujet, ont été saisis d'effroi et de dégoût devant ce qui ressort d'un tel faisceau de preuves et d'informations : leur pays est inextricablement mêlé à un génocide. Réfléchissant, décidant et agissant comme si ce génocide n'était qu'un phénomène collatéral d'une guerre civile, les responsables civils et militaires de la France ont favorisé de fait son accomplissement. Notre pays ne veut toujours pas le savoir, ni assumer ses responsabilités, ni demander des comptes à ses plus hauts dirigeants. Au printemps 2004, la CEC n'a pas été seule à relever cette évidence. Désormais, il y a deux attitudes incompatibles. Certains continueront de considérer que la raison d'Etat doit protéger le noeud politico-militaire engagé dans un génocide, dans le sillage d'une doctrine qui a des accointances avec tous les fascismes. Pour d'autres, la mémoire des victimes rwandaises, les leçons de ce génocide après celui des Juifs où l'Etat français s'était déjà trouvé compromis, la prévention de futurs crimes de masse, en Afrique ou ailleurs, l'avenir de la démocratie en France, imposent de faire la vérité et d'y restaurer des contre-pouvoirs. La lecture de ce livre peut contribuer à accroître le nombre des citoyens qui refusent l'intolérable.
Nombre de pages
587
Date de parution
02/01/2005
Poids
780g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845866201
Auteur
Coret Laure ; Verschave François-Xavier
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20050102
Nombre de pages
587,00 €
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En mars 2004, à Paris, s'est tenue une Commission d'Enquête Citoyenne sur l'implication de l'Etat français dans le génocide au Rwanda. Elle a eu et continue d'avoir pour cliché la démonstration ou l'infirmation de complicités françaises dans le génocide des Batutsi. Il reste à rappeler les mots qui ont rendu le génocide possible, à tenter de lire et de comprendre les mots des rescapés, à dénoncer et retenir les mots des politiques. Un ouvrage, entre l'histoire et l'écriture, entre culture et politique, une réflexion autour de faits, au temps des commémorations.
Rida Musomandera Elise ; Delyon Anne ; Coret Laure
Avril 1994. 50 membres de la famille d'Elise Rida Musomandera, 10 ans, disparaissent lors du génocide qui ravage le Rwanda et elle-même échappe à la mort par miracle. De cette fureur meurtrière, Elise Rida Musomandera livre aujourd'hui un témoignage sans concession : "Je n'ai pas survécu pour vivre, niais plutôt pour témoigner, pour dire leur vie à eux, vous dire ce qu'ils avaient comme rêves, et pour dire leur mort atroce", écrit-elle. Ce récit bouleversant d'une enfance fracassée par la haine dans le pays des mille collines, écrit en collaboration avec Anne Delyon, résonne comme un cri de colère. Mais l'auteur va au-delà de cette mort qu'elle nomme sa "meilleure amie" car celle-ci a choisi de l'épargner. Elle raconte ainsi les vingt années qui se sont écoulées depuis ce 6 avril 1994, date du début des massacres. Préfacé par Laure Coret et Alexandre Dauge-Roth, Le Livre d'Elise est celui de la lente reconstruction d'une femme, d'un pays, d'un peuple dans le souvenir obsédant de l'un des pires drames du XXe siècle.
A travers douze colonnes symboliques, de la fracture sociale à l'harmonie cosmique, le recueil compose une fresque poétique de notre époque : celle d'un monde vacillant, d'un humain en quête de sens, d'un vivant à réconcilier. Langue limpide, images sobres, souffle musical : Poélitique allie clarté et profondeur, émotion et rigueur, dans une voix rare, universelle et lumineuse. Ancré dans le concret et le vécu, ce livre offre une parole poétique qui touche chacun, tant elle résonne avec les fractures et les espérances de notre temps. Entre manifeste et méditation, il invente une poésie du lien, à la fois accessible et exigeante, capable de toucher le lecteur contemporain en quête d'espérance et de beauté.
Ce livre a une vocation pratique, ce n'est pas un traité de psychopathologie de l'adolescent, non, c'est un " guide boussole " qui aborde toutes les situations courantes que les parents d'ados peuvent être amenés à rencontrer quand leurs enfants grandissent. II permet d'éviter les erreurs souvent commises et s'adresse à tous ceux qui se questionnent sur la bonne attitude à avoir face à un ado âgé de 12 à 18 ans, mal dans sa peau, en crise. Le plus grand danger dans ces moments difficiles, c'est la rupture de communication. Qu'il s'ancre dans un sentiment d'impuissance, de ras-le-bol ou d'indifférence, le silence génère toujours des violences qui font inévitablement de gros dégâts, dans le monde extérieur comme dans celui intérieur. Alors, comment garder le contact avec un adolescent ? Que faire quand il refuse les gestes affectueux ? Quand il n'y a plus de confidences et que les complicités d'avant passent au second plan ? Voici quelques-unes des questions auxquelles répondent les auteurs ! Écrit par des spécialistes, ce livre est un outil efficace pour communiquer "juste " avec l'ado, sans donner dans le laxisme ni l'autoritarisme. Un véritable guide de " com " pour parents d'ado(s)!
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.