Cet ouvrage collectif se propose d'observer la ville contemporaine en suivant les pas de Walter Benjamin, et la piste des fantasmagories. Et s'il se présente sous la forme d'un guide, c'est en partie parce qu'il est lui-même guidé par le regard, à la fois conceptuel et sensible, de ce penseur de la modernité. La notion de fantasmagorie permet d'inventorier et de décrire tout ce qui, dans l'expérience urbaine la plus ordinaire et apparemment la plus anecdotique, organise un rapport au monde, en favorisant l'émergence de certaines subjectivités (le flâneur, la foule, le touriste, le chiffonnier, l'homme-sandwich, l'enfant), ou en cristallisant des humeurs prototypiques (l'ennui, la distraction, le choc). Les auteurs, venus d'horizons divers (philosophie, littérature, anthropologie, études sur les médias, etc.) ont en partage une question : comment faisons-nous la ville qui nous fait ? Pour répondre à cette énigme, l'ouvrage explore plus précisément ce que nous appelons des ?formes médiatiques de l'urbain?, considérant que le projet de Benjamin sur les fantasmagories invite à déployer une réflexion sur les médias et les médiations à travers lesquels les existences urbaines se déploient, s'épanouissent ou s'abîment. L'ouvrage ne vise pas à offrir un inventaire mis à jour des fantasmagories contemporaines, mais il invite plutôt à une réflexion sur les formes médiatiques urbaines et la façon dont elles organisent l'expérience sensible des individus, à partir de motifs ou fragments multiples : parcs d'attractions pour enfants construits dans des malls climatisés, palissades de protection, caméras de surveillance qui surplombent les rues des villes, mais aussi rooftop, jardin partagé, friche, ou encore centre de paris sportif, tags, poésie-en-ville, etc. Prendre au sérieux le rapport fantasmagorique au réel, cesser de le voir uniquement comme un voile qui invisibilise ou mystifie, c'est lui restituer sa dimension vécue, incarnée de manière singulière, matériellement hétérogène, et donc potentiellement ouverte à des formes d'aléas, de détournement ou de réinvestissement.
Nombre de pages
256
Date de parution
06/06/2026
Poids
860g
Largeur
168mm
Plus d'informations
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EAN
9782378041038
ISBN
2378041039
Auteur
Corbillé Sophie ; Provenzano François
Editeur
EDITIONS MF
Largeur
168
Date de parution
20260606
Nombre de pages
256,00 €
Disponibilité
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Sophie Corbillé est ethnologue, maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne Celsa, membre du GRIPIC et chercheur associée au LAU/IIAC-EHESS. Elle travaille sur la fabrication des identités citadines, les formes d'échange dans la ville contemporaine et les imaginaires urbains. Elle est co-auteur, avec Sophie Chevalier et Emmanuelle Lallement, de Paris résidence secondaire. Enquête chez ces habitants d'un nouveau genre (Belin/MSH, 2013).
Le capitalisme est un jeu d'enfantsQuelle place le capitalisme occupe-t-il dans la vie des enfants?? Et dans quelle mesure les industries culturelles prennent-elles part à la fabrique de l'enfance?? C'est à partir d'un cas singulier appartenant au secteur florissant du loisir éducatif, les parcs à thème de l'entreprise KidZania, que cet ouvrage explore ces questions. Dans ces espaces de jeu mondialisés à la forme de ville miniature, installés dans des malls de quartiers aisés de grandes métropoles, les enfants de 4 à 12 ans sont invités à jouer à travailler, à gagner de l'argent et à consommer auprès de vraies entreprises et institutions. L'enquête, conduite sur plusieurs années dans les parcs de Santiago du Chili et de Dubaï, dévoile comment les lieux se présentent comme des espaces de représentation et de performance de la société de marché, mais également des arènes de débats sur les formes de vie à l'heure du capitalisme tardif. Produits de l'industrie culturelle de l'enfance, ces espaces mettent au jour les intrications puissantes entre les sphères des loisirs, de l'éducation, de l'économie et de la culture, et mènent à s'interroger sur la façon dont les enfants grandissent dans les espaces urbains globalisés.
Corbillé Sophie ; Fantin Emmanuelle ; Wrona Adelin
Comment les médias ont-ils fabriqué Paris, qui devient une ville-monde au 19e siècle ? Comment la capitale a-t-elle de son côté imposé sa marque au monde du journal et de l’information ? Les réponses dans l’ouvrage Paris, capitale médiatique !Depuis deux décennies, Paris se peuple d'incubateurs de start-ups créatives, tandis que les grands médias traditionnels ne cessent de déménager, investissant de nouveaux quartiers. Si ces acteurs transforment l'espace urbain par leur empreinte matérielle, ils sont aussi porteurs de discours et d'imaginaires sur les médias et la capitale. Cette dynamique présentée par leurs promoteurs comme novatrice, s'inscrit en réalité dans l'histoire du capitalisme médiatique, liée au Paris du XIXe siècle, période qui voit le surgissement foisonnant des médias de masse et des industries culturelles. La « capitale de la modernit? n'est donc pas seulement celle de l'industrie, de la culture et du luxe, mais aussi des médias. L'ouvrage Paris capitale médiatique, rédigé par des chercheur.e.s issu.e.s de plusieurs disciplines, explore la naissance d'une territorialité médiatique parisienne au XIXe siècle. Quels rôles les médias, mais aussi les industries culturelles, marchandes et publicitaires, jouent-ils dans la fabrique de la capitale qui, selon Balzac, offre « le spectacle dramatique incessant » de ses « combats déchirants pour l'existence » ? Et quelle place Paris occupe-t-elle dans les mutations médiatiques ? Une attention particulière est accordée à Émile de Girardin, à la fois entrepreneur de presse, homme d'affaires, politique et auteur à succès, traité en tant que pionnier et parangon de ce capitalisme médiatique parisien.
Chevalier Sophie ; Lallement Emmanuelle ; Corbillé
Trois ethnologues partent à la rencontre de Parisiens un peu particulier, les résidents secondaires, pour nous donner à voir une mutation irrémédiable de la capitale française. Elles nous font rencontrer ces étrangers venus d'Italie, des Etats-Unis, du Brésil, de Suisse, et de bien d'autres parties du monde, qui possèdent un " pied-à-terre " parisien. Elles dressent leurs portraits, nous font visiter leurs appartements, nous décrivent leur vie quotidienne, les lieux qu'ils fréquentent et leur rapport à la capitale française. Elles nous rapportent en regard la perception de Parisiens face à ce phénomène : récits et anecdotes d'habitants, de commerçants, d'agents immobiliers ou de responsables municipaux. Ces deux visions reflètent alors une forme de citadinité parisienne inédite dans le contexte de la globalisation.
Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus « accessibles » au public. La plus récente (son « troisième style »), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoutantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle « l'intonation ». Dusapin, durant les années 1990, assoie une « modalité restreinte » qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur. Ce livre commence par examiner comment la linguistique pourrait admettre de petits modes musicaux dans la parole. Puis on tente de présenter, techniquement, « l'intonationnisme » de Dusapin, qui culmine peut-être dans Watt (1994), le concerto pour trombone. Enfin on dégage une esthétique, l'écho. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, « sale », archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.
La Manadologie est un roman d'aventure. Sur le mode d'une science-fiction spéculative qui remet en jeu des textes de philosophie classique, deux personnages (un humain dancartésien et un Streck) parcourent le monde physique et métaphysique à bord d'une navette spatiale de troisième génération. Chassés par les autorités du métaroyaume du coin de galaxie où ils étudiaient leur première manade, ils prennent le large en spatio-clandestins et découvrent des univers problématiques empruntés à Borges, Spinoza et Leibniz.
L'histoire ? C'est celle d'un garçon qui est amoureux de sa mère. Il l'aime et la désire comme un amant. À vingt ans, il est renversé par une voiture et ne peut plus faire usage de ses bras ni de ses jambes. En fauteuil dans sa chambre, il enregistre alors des « gandes », des fichiers audio sur lesquels il confie à sa mère, sa « Moune », sa « Mouny » ou sa « Moon », comme il l'appelle alternativement, cet amour pour elle, cet « Omène » qu'il lui porte. Avec Apa, qu'il considère comme « le petit frère de Lava », Rémi David poursuit son travail d'exploration, de l'humain comme de la langue. Son texte est écrit à la manière d'une partition musicale où chaque silence, chaque accent est indiqué à l'interprète. Des notes connues, familières, résonnent en harmoniques avec d'autres, nouvelles, inouïes, et créent une musique à nulle autre pareille.
Harsh noise : bruit abrasif. Plutôt que d'utiliser le bruit comme perturbation ponctuelle d'un signal musical, la harsh noise et l'archipel de pratiques qui s'y rattache, proposent d'annihiler toute différenciation entre signal et bruit, faisant du bruit lui-même son matériau. Par son caractère apparemment chaotique, intense et déroutant, la noise semble échapper à toute tentative de conceptualisation et de qualification esthétique. Absolument particulière, elle constituerait un ensemble de pratiques singulier dans le paysage des arts sonores actuels. Mais si l'on se place du côté de son écoute, des régularités se dessinent. Cet ouvrage laisse ainsi la parole aux auditeurs et performers noise pour entendre ce qu'ils nous donnent à penser, à travers une série de questionnaires et d'entretiens dont cet essai propose de dégager la cohérence. Parce qu'elle est indéterminée et imprévisible, la noise appelle une écoute d'autant plus exigeante, qualifiée et réflexive. Stratégies pour éduquer l'oreille, imaginaires scientifique et anatomique, rêve de l'accès à un pur son (à défaut d'un son pur), créativité des métaphores pour qualifier les sons et leur expérience... Les discours collectés et analysés dans cet ouvrage dessinent des écoutes noise, qui qualifient ces pratiques sonores radicales depuis leur réception. Entretiens avec Lionel Fernandez (Sister Iodine, Discom, Minitel, Antilles), Nina Garcia (Mariachi, Mamiedaragon, Qonicho B), GX Jupitter-Larsen et John Wiese.