« La Beauté sauvera le monde », prophétisait Dostoïevski précurseur d'une théologie de la beauté, en précisant : « Croire qu'il n'y a rien de plus beau que le Christ... L'homme n'a plus pour se guider que cet idéal de beauté. »Dans un monde en voie de déconstruction, dans lequel des philosophes s'accordent à prophétiser la fin de la chrétienté avec le retour au paganisme, il peut être salutaire de nous laisser guider et émerveiller par la vision du Christ cosmique, « Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout Puissant », le Christ Pantocrator, vrai Dieu et vrai Homme, dont Jean l'évangéliste affirme qu'Il est la vraie Lumière et qu'Il nous donne la Vie éternelle.La représentation de Jésus Christ constitue donc un enjeu considérable, dans la mesure où cette représentation donne à voir et à comprendre le sens du message chrétien, l'Évangile, la Bonne Nouvelle : « Il y a une conversion par l'image et une perversion par l'image », affirme un philosophe contemporain.Les Écritures nous révèlent la vérité du Pantocrator, le Tout Puissant qui soutient le monde, et les sept conciles ?cuméniques du premier millénaire nous enseignent sa catholicité. La contemplation de huit « images » du Pantocrator, nous entraîne dans une réflexion, essentielle, sur la vocation de l'Art sacré. Enfin, la phénoménologie nous assure de l'actualité du Pantocrator et de la présence du sujet montré dans l'icône.Le théologien Hans Urs von Balthasar a introduit son ?uvre majeure La Gloire et la Croix, en soulignant la prééminence de la Beauté : « Beauté, c'est la dernière aventure où la raison raisonnante puisse se risquer... Beauté, que même la religion n'aime et ne choie plus... »
La mort n'est-elle qu'une fatalité aussi tragique qu'absurde, qui hante l'humanité depuis la nuit des temps ? Saint Augustin affirmait résolument : "La mort est la maladie mortelle qu'on contracte en naissant ! " Le Christianisme a révélé une intelligibilité de la vie et de la mort prodigieuse : "la Bonne Nouvelle" , traduction littérale du mot grec Evangile. Face à la fatalité de la Mort, c'est l'assurance de l'immortalité promise par Jésus Christ, le Fils de Dieu Ressuscité. Les évangélistes Matthieu, Marc, Luc et Jean et l'apôtre Paul proclament : le règne ou le Royaume de Dieu, la résurrection des morts, la vie éternelle, l'immortalité ou encore l'incorruptibilité, la divinisation? Les Pères de l'Eglise, Irénée de Lyon et Pierre Chrysologue attestent leur foi dans l'immortalité de l'humanité : "Le Christ est mort, de telle sorte que par sa mort Il ressusciterait les morts de tous les temps". Les mystiques, Séraphin de Sarov et Syméon le Nouveau Théologien témoignent de façon irrécusable de leurs rencontres avec la Lumière, Jésus Christ Fils de Dieu, prémisses de la Vie éternelle : "Au sortir de cette vie, j'en commence une autre".
Le mot " Pantocrator " est presque inconnu en Occident, alors que l'icône du Christ y apparaît çà et là. Le Christ Pantocrator n'est-il alors que le souvenir dépassé d'une lointaine civilisation byzantine ou peut-il contribuer, aujourd'hui, dans l'équivoque du monde contemporain, à faire redécouvrir l'Image de la divino-humanité de Jésus-Christ ? Ce questionnement a conduit la recherche de l'auteur, ou plutôt l'a mise en route vers Celui qui est " le Chemin, la Vérité et la Vie ". En partant de la Bible et des écrits des Pères de l'Église, elle peut conclure à la Vérité du Christ Pantocrator, c'est-à-dire le Tout-Puissant, ou encore Celui qui soutient le monde. Puis, approfondissant les fondements christologiques de cette Icône, justifiés par les sept Conciles oecuméniques, elle en manifeste la catholicité. Cette universalité se vérifie aisément avec les huit icônes du Christ Pantocrator présentées dans cet ouvrage : la première située à Rome dans les catacombes, la dernière située en France, sans oublier évidemment celle du mont Sinaï ainsi que les magnifiques mosaïques byzantines de Ravenne, de Sainte-Sophie ou de Daphni ! De plus, l'actualité du Pantocrator s'impose par la méditation philosophique : en authentifiant le champ de l'expérience, la phénoménologie rend possible une rencontre avec le sujet contemplé. Cette rencontre avec le Christ Pantocrator nous remémore le mot de Dostoïevski : " La Beauté sauvera le monde ", sachant que, pour l'écrivain comme pour le théologien, la Beauté c'est le Christ !
Saint Pierre, le premier des apôtres de Jésus Christ, s'est révélé être la « pierre d'achoppement » du christianisme menant à la séparation des Églises au cours du deuxième millénaire. Mais qui est Pierre ? C'est en partant à la rencontre de Simon-Pierre à travers les Écritures ? 235 versets en tout ? que l'on redécouvre le plus turbulent et le plus humble des disciples. Mais plus encore, c'est par les larmes amères de son repentir, après ses trois reniements successifs (Mt 26, 69-75), que Pierre se révèle un modèle pour tous les chrétiens, par sa fidélité et son amour pour le Christ (Jn 21, 15-19), par-delà ses faiblesses. Force est de constater que, si l'athéisme totalitaire s'est effondré à la fin du XXe siècle, la déchristianisation de l'Occident n'a fait que progresser. Aussi, on ne doit pas se soustraire à l'examen attentif et critique de l'histoire du christianisme : ce qu'il est et ce qu'il est devenu. À l'aube du troisième millénaire, un demi-siècle après Vatican II, ce pèlerinage sur les traces de Pierre apparaît comme un acte d'oecuménisme et un chemin d'espérance vers l'unité des chrétiens : « Le ferment de l'unité humaine doit être l'unité chrétienne... J'appartiens à toutes les Églises, ou plutôt à une seule Église, l'Église du Christ ressuscité qui nous ressuscite et nous donne la force d'aimer... Nous, chrétiens, nous n'avons rien à demander, rien à imposer, mais nous devons témoigner que la vie a un sens, qu'elle est immense, qu'elle s'en va vers l'éternité » (Patriarche Athénagoras [1969]).--Peter, the foremost of Christ's apostles, proved to be Christianity's ?stumbling block', leading to the separation of the Churches during the second millennium. But who is Peter? It is by studying Simon Peter in the Scriptures - 235 verses in all - that we rediscover the most turbulent and most humble disciple. But even more, it is through his bitter tears of repentance, following his three successive denials (Matthew 26, 69-75), that Peter reveals himself as a model for all Christians, regardless of his shortcomings, because of his fidelity and his love for Christ (John 21, 15-19). Totalitarian atheism collapsed in the late 20th century, but no one can deny that the de-Christianisation of the West has constantly progressed. Hence, we must not shrink from an attentive and critical examination of the history of Christianity: what it is, and what it has become. At the dawn of the third millennium, and half a century after Vatican II, this pilgrimage in the footsteps of Peter appears like an ecumenical act and a path of hope towards Christian unity: ?The ferment of human unity must be Christian unity... I belong to every Church, or rather to one sole Church, the church of the resurrected Christ who resurrects us and gives us the strength to love... We Christians ask for nothing, impose nothing, but we must show that life has a meaning, that it is immense, that it is heading towards eternity.' (Patriarch Athenagoras, 1969).