Mémoires sur Charles VIII et l'Italie (Livres 7 et 8)
Commynes Philippe de
FLAMMARION
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EAN :9782080710932
Commynes connaît bien l'Italie : en 1478, il a effectué pour Louis XI une ambassade dans la Florence des Médicis ; par la suite, il a beaucoup fréquenté à la cour les émissaires transalpins, négociateurs avisés ; en 1494, alors qu'il atteint sa pleine maturité, il est envoyé à Venise par le roi Charles VIII. De cette dernière aventure italienne témoignent les livres VII et VIII des Mémoires qui sont, certes, une chronique précise des années 1494-1495, mais aussi un approfondissement de la pensée politique de leur auteur. S'il reconnaît chez les grands princes les qualités essentielles du sens et de la vertu (c'est-à-dire de la fermeté dans l'action), Commynes met surtout en valeur ces professionnels du savoir politique que sont les conseillers et les ambassadeurs. Parce qu'ils font quotidiennement l'expérience des contraintes et des nécessités dans le feu des batailles ou à la table des pourparlers, ils incarnent l'intelligence qui convient à ce monde perçu - intuition novatrice - comme contingent. Avant Machiavel, Commynes se livre à une analyse d'une lucidité prémonitoire : la question du politique n'est pas de savoir quel est le meilleur gouvernement possible, mais comment promouvoir une pratique de la politique fondée sur des compétences spécifiques.
Nombre de pages
534
Date de parution
22/02/2002
Poids
365g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080710932
Titre
Mémoires sur Charles VIII et l'Italie (Livres 7 et 8)
Auteur
Commynes Philippe de
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
365
Date de parution
20020222
Nombre de pages
534,00 €
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Philippe de Commynes (1447-1511) a joué en son temps un rôle politique tel que cela seul aurait suffi à faire de ses Mémoires un texte de première importance. Serviteur et agent de Charles le Téméraire, qu'il abandonne pour conduire, auprès de Louis XI, le jeu diplomatique de la France, " Commynes l'Européen " restera une figure majeure sous trois rois de France. Mais ces Mémoires sont bien autre chose qu'un document majeur sur l'histoire du temps vue par un de ses principaux acteurs. Avec eux, entre Moyen Age et Renaissance, nous découvrons une écriture et un genre nouveaux. La langue n'est plus raide ni convenue, mais familière et comme rythmée par un continuel va-et-vient du récit à la réflexion, de l'action au jugement. Avec Commynes, les masques tombent, les vérités, parfois cruelles, se disent, et le genre littéraire des Mémoires fait sa véritable apparition. Ce volume, à travers une édition entièrement nouvelle, offre pour la première fois la version intégrale des Mémoires en livre de poche.
Comme l'exprime le Prologue, les Mémoires de Commynes étaient destinées, dans l'esprit de leur auteur, à servir de matériau à l'archevêque de Vienne, Angelo Cato, pour une histoire de Louis XI qu'il se proposait d'écrire en latin. Commynes se borne donc à consigner des souvenirs. De là le caractère très libre de sa rédaction.L??uvre se compose de deux parties : l'une, comprenant les livres I à VI, se rapporte au règne de Louis XI ; l'autre, comprenant les livres VII et VIII et présentée comme une suite de la première, se rapporte au règne de Charles VIII.La qualité littéraire de ses Mémoires a assis rapidement l'autorité de Philippe de Commynes. Cette autorité se justifie par une sincérité qui paraît constante, par un goût de l'analyse psychologique qui nous vaut les révélations les plus pénétrantes sur la mentalité des personnages, par un sens du pittoresque capable de donner aux épisodes une fraîcheur de coloris incomparable, enfin par une connaissance directe, étendue, profonde des hommes et des choses. Commynes lui-même est bien de son temps. Son esprit, aussi « subtil » que celui de Louis XI, se meut à travers les intrigues compliquées de ses contemporains. Il nous donne, par cela même, plus qu'aucun autre témoin, la sensation exacte du croisement incessant de ces « marchés », de ces « besognes », dont se tisse la trame de la politique quattrocentiste, aussi bien au pays de Commynes qu'au pays de Machiavel.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.