On dit, on répète que la politique, ça n'intéresse plus grand monde. Et à voir et entendre certains de ses ténors, on en viendrait à douter, tant les discours qu'ils moulinent sont éculés, que cela intéresse les politiques eux-mêmes. La race en serait-elle en voie d'extinction, comme ces grands reptiles du quaternaire, par défaut d'environnement favorable ? Pas du tout, rétorquent Jean-Marie Colombani et Jean-Yves Lhomeau. Il suffit de déplacer le regard, de le tourner vers ces "héritiers de la deuxième génération" qui, derrière les caciques, donnent de la voix, bousculent, dérangent, jouent des coudes. Certains sont connus - mais qui savait Michel Noir maoïste, François Léotard mystique ou Michel Delebarre casse-cou ; d'autres encore ignorés de beaucoup, comme Jean-Louis Bianco l'élyséen ou Jean-Paul Huchon, le chef scout de Matignon. Ils sont "de gauche", "de droite" - et surtout "de chez eux". Décoincés, pas sectaires, volontiers iconoclastes, la politique, ils adorent, et ils y croient. À condition de la réinventer : aux théories, ils préfèrent l'expérimentation, à l'utopie, l'hyperréalisme, aux certitudes rebattues, la provocation de nouveaux défis. En écoutant le récit de leurs itinéraires intellectuels et politiques, de leurs ambitions, il est possible de deviner ce que peut être, à vue humaine, notre destin commun. Car ces Héritiers sont la politique de demain. Et ça va bouger.
Date de parution
08/01/1992
Poids
280g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080661456
Titre
LES HERITIERS
Auteur
COLOMBANI JEAN-MARIE
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
280
Date de parution
19920108
Nombre de pages
0,00 €
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La République est un trop beau combat pour que l'on consente à la voir confisquée par mi étrange parti qui va de Jean-Pierre Chevènement à Charles Pasqua, en passant par Max Gallo, Régis Debray, Pierre Bourdieu on Philippe Séguin. Car telle est la leçon que ces bons maîtres voudraient nous inculquer: la France, c'est la République jacobine recyclée par l'Empire ; ce modèle serait aujourd'hui le seul rempart contre l'horreur économique du capitalisme mondial ; et quiconque - fût-ce par Corse interposée - écornerait l'Etat nation un et indivisible nous livrerait à la férocité du marché. Et si le véritable risque n'était pas là ? Et s'il était moins dans l'autonomie des régions, on dans le pouvoir nouveau des juges, que dans l'assoupissement nostalgique d'une France rêvée ? Entre le nihilisme moral et la restauration jacobine, entre les chimères de la pensée identitaire et la résurrection d'un néo-bonapartisme, il v a place pour les héritiers d'une tradition girondine, qui entendraient rénover et refonder une République inachevée. En revisitant la question corse comme miroir et lapsus du modèle français, Jean-Marie Colombani remonte au c'ur du malaise politique contemporain et propose une certaine idée de la République - démocrate, plurielle et girondine.
La France, à peine sortie du référendum sur le traité de Maastricht, s'interroge déjà sur le nom du successeur de François Mitterrand. Sans prendre garde qu'elle est non seulement en train de sortir du mitterrandisme mais aussi de changer d'époque et d'univers. Elle ne peut plus se contenter d'être une honnête intermédiaire entre l'Est et l'Ouest ni d'exploiter la rente de situation politique qui lui donnait, depuis 1945, une prime sur l'Allemagne. La voici qui risque à son tour de succomber au vertige identitaire et flirte avec la tentation autoritaire qui, aujourd'hui, menace l'Europe de l'Est. Qui, au sein d'une gauche à "refonder" ou d'une droite à "rénover", sera le mieux à même d'affronter cette mutation et de répondre aux attentes de cette "France sans Mitterrand" ? Qui saura le mieux la garder de la tentation d'un Etat brutal et vaincre sa dépression nerveuse collective ? Entre l'impossible retour à l'âge d'or de l'État-nation et l'abdication dans une impuissance collective, il y a place pour le choix d'une France qui se réveille et se réforme. Pour lui éviter une évolution régressive, maîtriser le royaume des humeurs qu'est devenue la démocratie française, résister à la tentation du temps des purges, il faut à la fois changer de République, refaire l'État et recomposer la France. Pour donner enfin aux Français ce qu'ils sont en droit d'attendre de la politique : une volonté de refaire le lien social.
La chute du mur de Berlin a sonné le glas du bloc soviétique, mais elle a aussi gravement ébranlé la social-démocratie européenne, dont la raison d'être avait été la lutte contre un communisme hégémonique et fidèle à Moscou. Ainsi, le reflux électoral de la gauche démocratique ces dix dernières années s'est trouvé doublé d'une crise d'identité, liée précisément à cette perte des références anticommunistes. Aujourd'hui, l'ancienne gauche " non communiste " doit faire face à un double défi : se redéfinir, retrouver une légitimité, et renouer avec les origines du mouvement socialiste. Avec la même rigueur d'analyse, la même ampleur de vues qui a fait le succès de ses précédents ouvrages, Jean-Marie COLOMBANI se penche ici sur les raisons profondes -crise identitaire et panne du modèle social-démocrate classique- du recul de la gauche, à la fois en France et en Europe. Tirant les leçons de l'histoire du socialisme, il s'efforce de définir la ligne de partage entre le parti de l'ordre et celui du mouvement et de cerner les raisons du retour possible de la gauche. Celle-ci, pour rester fidèle à elle-même, doit survivre aux socialistes : seule une nouvelle synthèse, à la fois libérale et sociale, permettra de faire face à la menace national-populiste.