Un enfant devient un homme sans changer d'identité : exister, c'est être un et même. Mais comment ressaisir l'identité à travers les nombreuses transformations qui marquent une existence ? Quel est le rôle de la conscience, de la perception, de la mémoire, de l'imagination dans sa construction ? Comment expliquer les troubles qui lui sont parfois liés ? Puis-je changer de corps - dans le cadre d'une transplantation d'organe, par exemple - sans l'affecter ? Embrassant tout à la fois les champs scientifique (qu'est-ce que la nature ?), psychologique (qui suis-je ?), politique (qu'est-ce qu'une communauté ?) et philosophique (qu'est-ce que l'homme ?), la question de l'identité nous invite à penser ce qui, à l'image du fleuve d'Héraclite ou du morceau de cire de Descartes, n'est jamais, à deux moments donnés, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur l'identité, de Platon à Ricoeur, en passant par Aristote, Thomas d'Aquin, Descartes, Locke, Leibniz, Hume, Frege ou encore Quine.
Nombre de pages
240
Date de parution
07/10/2025
Poids
130g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080147912
Auteur
Ferret Stéphane
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Date de parution
20251007
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
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Un enfant devient un homme sans changer d'identité: exister, c'est être un et même. Mais comment ressaisir l'identité à travers les nombreuses transformations qui marquent une existence? Quel est le rôle de la conscience, de la perception, de la mémoire, de l'imagination dans sa construction? Comment expliquer les troubles qui lui sont parfois liés? Puis-je changer de corps - dans le cadre d'une transplantation d'organe, par exemple - sans l'affecter? Embrassant tout à la fois les champs scientifique (qu'est-ce que la nature?), psychologique (qui suis-je?), politique (qu'est-ce qu'une communauté?) et philosophique (qu'est-ce que l'homme?), la question de l'identité nous invite à penser ce qui, à l'image du fleuve d'Héraclite ou du morceau de cire de Descartes, n'est jamais, à deux moments donnés, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre.
Mes travaux sur les hommes ne pouvaient réellement progresser qu'en disposant d'un spécimen à la maison, c'était évident. Je sais bien que les recherches dans des conditions de captivité sont très souvent décriées. Pourtant, c'est la seule façon d'effectuer une étude exhaustive. Il suffit de prévoir un espace et des conditions de vie acceptables. Contrairement à ce que l'on croit souvent, la plupart des animaux parviennent à s'adapter et de nombreux exemples montrent que l'espérance de vie augmente en captivité. De toute façon, j'avais acquis avec mes rats une expérience sérieuse et il n'était pas question de tourmenter qui que ce soit. Dans mon idée, les choses devaient bien se passer. Je veux dire qu'il s'agissait de faire en sorte que cette expérience se déroule de façon agréable pour tout le monde et c'est tout.
Un paradoxe et plus encore une énigme : l'identité à travers le temps. Que dire, par exemple, du bateau de Thésée, bateau perpétuellement réparé dont les sophistes d'Athènes se demandaient, au fur et à mesure que les pièces en étaient modifiées ou remplacées, s'il s'agissait encore du même bateau ?
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.