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Effets de cadre. De la limite en art
DOUMET/SORLIN/LAGNY
PU VINCENNES
19,00 €
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EAN :9782842921361
La tradition chinoise nomme " paysages d'emprunt " ces vues sur la nature soulignées par un cadre à claire-voie, que les architectes de jardin ménagent le long des galeries offertes à la promenade des princes. Un tel dispositif, conjugaison d'attente et de surprise, réunit quelques-uns des principaux paradoxes autour desquels tourne ce livre. Il s'agit de s'arrêter, pour une fois, sur la limite et sur ce qu'elle ouvre dans l'expérience des arts. Sur la loi incertaine du cadre perceptif, le tremblement des contours et des ?uvres, le mouvement infini des contextes. Dix articles, dix épreuves : une " architecture de points de vue ", comme dit Deleuze, qui converge en un lieu où la promenade pourrait bien faire vaciller la fenêtre et laisser filer le regard hors du champ attendu. La limite des arts touche à l'illimité de l'art. En témoignent ici le Voyage d'hiver comme le readymade, Bartleby avec Denis Roche, et tous les paysages esthétiques déclinés dans des pratiques aussi divergentes que la danse, la photographie ou la cure.
Nombre de pages
171
Date de parution
22/05/2003
Poids
256g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782842921361
Titre
Effets de cadre. De la limite en art
Auteur
DOUMET/SORLIN/LAGNY
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
137
Poids
256
Date de parution
20030522
Nombre de pages
171,00 €
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Singulière expérience que celle du musical. Chacun y succombe à l'enchantement de l'immédiat, mais la teneur de l'objet ne cesse de se dérober. C'est sans doute que l'oeuvre musicale travaille le temps plus encore que le son : celui-ci reproductible à l'infini, celui-là, non. L'instant multiple de l'écoute nous fait rêver à ce que serait un temps à jamais ordonné, toujours rétrogradable et orienté pour notre seule jouissance. Ce temps aurait pour qualité la joie : cela signifie que, flux traversable en tous sens, il serait aussi la source intarissable de ce qu'appelle notre désir. Mais pour que naisse ce rêve, il faut aussi que les oeuvres s'isolent dans la durée, qu'elles deviennent l'une de ces îles qu'évoque Prospero au début de «La Tempête », « pleines de résonances, d'accents, de suaves mélodies qui donnent du plaisir et ne font pas de mal ». Plutôt que de postuler ici une essence de la musique, on a préféré se laisser conduire par l'idée de singularité. L'enjeu revient à reconnaître la manière singulière dont le musical traite avec quelques-uns des champs d'expérience auxquels il touche : la forme, le corps, l'histoire, la modernité, l'inconscient, l'écriture, l'intelligibilité. Sept approches, donc, qui privilégient l'analyse des exemples afin de mieux cerner les contours de ce site mythique où nul n'abordera jamais et dont le nom est emprunté à l'une des pages les plus fulgurantes de Debussy : «L'Isle joyeuse ».
Dédaignant - mais avec un brin de regret - l'ouverture éblouissante (telle celle des Confessions), Christian Doumet (né en 1953) entame son oeuvre, par une petite réflexion sur l'origine et l'usage du mot pull-over mais c'est à propos de celui de J. Roubaud ce qui donne aussitôt sa tonalité au texte : nous serons en bonne compagnie... l'auteur va alterner des considérations aiguës et caustiques sur la marche du monde, des rencontres avec des amis écrivains (J.P. Richard, Frénaud), des écrivains admirés ou détestés, des inconnus au cours de voyages lointains ou de séjours campagnards, des écoutes ou exercices de musiques.Les sentences ou observations d'un professeur Yé semblent ponctuer d'une sagesse narquoise et quasi taoïste les élans ou les indignations du narrateur.Tous ces fragments, par l'humour, la colère, le regard aigu, le retour sur soi sans excessive complaisance tentent l'exactitude, célèbrent les beaux instants sans jamais les diluer dans un lyrisme consolant, mais surtout concourent tous à une recherche obstinée de la "vraie vie". Brisant les rythmes des fragments l'auteur introduit quatre longs développements plus caustiques notamment sur le monde de l'édition et de la librairie tout en restant un "homme d'esprit".