La poésie suscite toujours deux réactions contradictoires: alors que d'un côté on dénonce volontiers son hermétisme et son élitisme, de l'autre, on révère ses pouvoirs émotionnels et on la croit même parente de quelque vérité. Ambiguïté qui traverse nos relations avec tout le domaine de la création contemporaine, partagé entre les postulations divergentes de la consommation et de la contemplation, de la culture et du culturel. Par son inquiétante étrangeté, son poids de non-sens, son odeur animale, son pouvoir de défiguration, le poème prend acte du bruissement du monde, le travaille et le recycle en un silence particulier. Pour être prêt à une telle écoute, qui requiert notre désir face à la langue, il ne suffit pas de se demander comment comprendre la poésie. Les problèmes de méthode et de compétence, les théories liées audéchiffrement viennent après cette autre question, qu'on pose rarement, mais dont pourtant tout dépend: faut-il comprendre la poésie... Biographie de l'auteur Christian Doumet enseigne la littérature française à l'université de Paris VIII. Il a publié des poèmes, des récits et des essais sur la poésie et la musique.
Nombre de pages
192
Date de parution
17/11/2004
Poids
240g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782252034859
Titre
Faut-il comprendre la poésie ?
Auteur
Doumet Christian
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
135
Poids
240
Date de parution
20041117
Nombre de pages
192,00 €
Disponibilité
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Dédaignant - mais avec un brin de regret - l'ouverture éblouissante (telle celle des Confessions), Christian Doumet (né en 1953) entame son oeuvre, par une petite réflexion sur l'origine et l'usage du mot pull-over mais c'est à propos de celui de J. Roubaud ce qui donne aussitôt sa tonalité au texte : nous serons en bonne compagnie... l'auteur va alterner des considérations aiguës et caustiques sur la marche du monde, des rencontres avec des amis écrivains (J.P. Richard, Frénaud), des écrivains admirés ou détestés, des inconnus au cours de voyages lointains ou de séjours campagnards, des écoutes ou exercices de musiques.Les sentences ou observations d'un professeur Yé semblent ponctuer d'une sagesse narquoise et quasi taoïste les élans ou les indignations du narrateur.Tous ces fragments, par l'humour, la colère, le regard aigu, le retour sur soi sans excessive complaisance tentent l'exactitude, célèbrent les beaux instants sans jamais les diluer dans un lyrisme consolant, mais surtout concourent tous à une recherche obstinée de la "vraie vie". Brisant les rythmes des fragments l'auteur introduit quatre longs développements plus caustiques notamment sur le monde de l'édition et de la librairie tout en restant un "homme d'esprit".
Je ne saurai jamais vraiment qui est Paul Flaming. Bien sûr, il y a l'artiste, le pianiste à l'intelligence et au toucher prodigieux, celui qu'on ne peut se retenir d'aimer sans conditions. Je suis de ceux qui continuent de vouer à Flaming une admiration inconditionnelle. Qu'on ne cherche pas à m'en détourner ! Mais il y a aussi cette rumeur qui monte de toute part et qui dit : cet homme est un monstre ; cet homme est un pervers ; cet homme a commis les dernières atrocités. J'ai voulu voir. J'ai voulu entendre. Aidé de Sax, la motarde mystique, d'Iba, la tendre ornithologue, de Menhir, le bibliophile révolté, de quelques autres encore, j'ai hissé Flaming à l'épreuve de la scène. Afin d'avoir, comme on dit, le c'ur net. C'est un monde qui est venu à nous. Le monde des pluies de la Hollande. Le monde de la villa Arabella, où vivent quelques âmes écornées par l'histoire du siècle, sous le regard philosophique des hérons. Le monde, surtout, de la musique la plus suave, de sa désarmante révélation, de sa connaissance sans explication. Le monde de la méthode Flaming.
Qu'est-ce qui différencie une pensée philosophique d'une pensée poétique? En quoi ces deux sortes d'écriture et de vie se distinguent-elles? De telles questions ne se poseraient pas si nombre de philosophes ne nous donnaient le sentiment tantôt heureux, tantôt périlleux, de les convoquer ensemble. C'est Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra; c'est Descartes, rêvant sur ses propres rêves; Heidegger commentant Hölderlin ou Trakl; Platon lui-même, recourant au mythe pour expliquer sa République... La déraison poétique des philosophes évoque ces moments où les images, les sons, les rythmes prennent part à la logique de l'argumentation. Ces moments, aussi, où le discours philosophique tente par réduction de venir à bout de l'inquiétante étrangeté du poème. Chacun de ces chapitres est centré sur l'oeuvre d'un philosophe: Platon, Vico, Descartes, Kant, Leopardi? Une place non négligeable est réservée aux philosophies contemporaines: celles de Martin Heidegger, de Jacques Rancière, d'Alain Badiou, de Michel Deguy ou de Jacques Derrida. L'ensemble s'achève par une évocation rêvée (pour cause: elle fut sans témoin) de la fameuse rencontre entre le poète Paul Celan et le philosophe Martin Heidegger dans la hutte de Todtnauberg, en 1967. Il se dit là « des choses terribles » qui, on peut l'imaginer, touchent de près à la relation à l'avenir de notre temps.Il y va du statut de ce qu'on nomme la « raison », sa constitution et ses usages. Sa folie aussi.
Il fait nuit. La machinerie humaine repose encore : une ville d?ombres, que la lune argente. Le vent, de temps à autre, gémit le long des gouttières. Les nuages doivent écrire vitre entre l?angle de l?immeuble d?en face et la coupole de Saint-Augustin. Des signes, des lignes déchiquetées que personne ne lira. Tout à l?heure, le premier merle chantera malgré tout. Si j?en crois ma montre, il ne devrait pas se manifester avant une heure. Je veille. Je suis de quart. Ce volume est le quatrième livre de Christian Doumet que nous éditons. Il structure, à la manière d?un carnet de nuits, les notes surgies aux heures les plus tardives : ré?exions sur le temps, le rêve, l?angoisse des nuits sans sommeil, souvenirs de lectures ou des jours passés, autant de pensées singulières enlaçant rêve et mémoire. Dessins inédits d?Olivier Fillonneau.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.