En 2000, la production marocaine de livres atteint en un an l'équivalent de ce qui a été publié auparavant en près d'un siècle. Ce dynamisme atteste d'un secteur en mutation, reflet d'une libéralisation politique commencée au milieu des années 1990, qui est allée de pair avec une transformation sociale et culturelle. A partir d'une enquête ethnographique sur les pratiques du livre, de la lecture et de l'écriture, Anouk Cohen analyse cette effervescence toujours en cours. Elle décrit divers aspects de l'édition : de la lecture et du lecteur au processus de fabrication du livre, en passant par les enjeux de publication, les lieux et les réseaux, dans le but de cerner les logiques à l'oeuvre dans les modes de transformation complexes au terme desquels un livre advient effectivement. Le monde du livre marocain est jeune, urbain et partagé entre les secteurs arabophone et francophone, qui présentent chacun leur propre fonctionnement, leurs propres acteurs et leurs propres objets, soumis à des pratiques et à des valeurs spécifiques. Anouk Cohen met en évidence les enjeux stratégiques, y compris politiques, de l'utilisation de l'une ou l'autre langue compte tenu du rapport à la norme que chacune implique. Elle montre cependant que des rapprochements s'opèrent ces dernières années dans le cadre d'un processus d'individualisation des pratiques de lecture et d'écriture avec l'émergence d'une littérature plus personnelle et proprement marocaine. Cet ouvrage analyse ainsi ce que signifie "lire", "éditer" et "écrire" dans le Maroc actuel.
Nombre de pages
411
Date de parution
15/11/2016
Poids
640g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811115876
Auteur
Cohen Anouk ; Chartier Roger
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20161115
Nombre de pages
411,00 €
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Cette étude est à la fois une révision profonde de la théorie kantienne de l'expérience et une histoire du bouleversement qu'a entraîné, pour la physique, la découverte du calcul différentiel. La méthode qu'en dégage Cohen est destinée à fonder une nouvelle critique de la connaissance. C'est en même temps l'un des piliers philosophiques essentiels de l'idéalisme critique propre à l'Ecole de Marbourg, qui débouchera sur la pierre angulaire du système de Cohen, sa Logique de la connaissance pure. Cet ouvrage est un remarquable travail de reconstruction philosophique où la part de l'histoire n'est nullement contingente puisque c'est précisément à l'intégration de l'évolution scientifique au sein de la critique de la connaissance que tend Hermann Cohen.
Comme forme de production culturelle et symbolique, la cuisine a pu être revendiquée, au cours de son histoire, comme une " science " et comme un " art ", au même titre que les arts consacrés que sont la peinture ou la musique, développant une esthétique visuelle et une harmonie des saveurs. Elle est devenue objet de pensée savante, de discours théoriques, de jugements critiques. Passant du statut de " domestique " au statut d'" artiste ", qui signe des recettes et des livres, le cuisinier a progressivement accédé au statut de créateur d'un acte artistique éphémère qui fait exception, jusqu'à devenir une " star ".
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
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