D'origine anglo-saxonne, les postcolonial studies ou études postcoloniales ont longtemps eu mauvaise presse en France, mais, depuis les années 2000, elles ont désormais acquis droit de cité, même si leur acclimatation relative s'est faite après de vifs débats dans le monde intellectuel et politique français. Les études postcoloniales constituent un ensemble théorique issu des sciences humaines et sociales qui scrute les dispositifs du savoir et la cartographie des pouvoirs dans un contexte mondial encore marqué par l'hégémonie occidentale plus d'un demi-siècle après la fin des Empires. Hybrides et transdisciplinaires, elles n'offrent pas un système théorique unifié, mais fournissent des instruments d'analyse qui ont en commun de renverser les perspectives et d'offrir un regard différent sur les relations internationales. Au-delà des polémiques suscitées par l'introduction de penseurs comme Edward Said, Gayatri Chakravorty Spivak et Homi Bhabha - la sainte trinité postcoloniale - dans le paysage intellectuel français, l'ouvrage se propose de donner un aperçu synthétique du contexte d'émergence des théories postcoloniales, de leurs emprunts et leurs apports à la littérature et aux sciences humaines et sociales ainsi que des modalités de leur réception dans le monde français et francophone.
Nombre de pages
176
Date de parution
12/03/2015
Poids
246g
Largeur
145mm
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EAN
9782841746941
Titre
Petite introduction aux postcolonial studies
Auteur
Clavaron Yves
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
246
Date de parution
20150312
Nombre de pages
176,00 €
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Résonances est une collection qui entend offrir l'essentiel des connaissances indispensables et incontournables permettant l'approche et l'étude efficace d'oeuvres littéraires.
Cette livraison de Poétiques comparatistes vient combler une lacune, sinon un retard, dans la diffusion des études postcoloniales en France, plus de vingt ans après leur apparition dans les départements d'anglais et de littérature comparée des universités nord-américaines. Les postcolonial studies forment un corps pluridisciplinaire, un ensemble d'outils et de concepts, empruntant leur méthodologie à la critique littéraire et aux sciences humaines et sociales. Le préfixe " post " est à comprendre dans un sens logique et épistémologique plus que chronologique : il s'agit de porter un regard critique sur la colonisation et ses effets et de proposer une herméneutique des pratiques discursives coloniales. Le projet théorique des études postcoloniales est double : il vise, d'une part, à opérer une relecture de l'histoire qui remette en cause l'historicisme et la modernité européenne à vocation universalisante issue des Lumières, d'autre part, à contester l'hégémonie occidentale par la déconstruction des savoirs et la réhabilitation des figures de l'altérité - subalterne bâillonné par le savoir-pouvoir européen -, et de leur capacité d'initiative et d'action. A l'ère du multiculturalisme, les études postcoloniales croisent les objectifs de la littérature comparée, fondée sur des approches transnationales, transculturelles et transdisciplinaires, pour donner lieu à un comparatisme postcolonial, qui reste à développer dans des langues autres que l'anglais.
Edward Wadie Saïd (1935-2003), américain d'origine palestinienne, fut l'un des intellectuels les plus en vue de la fin du vingtième siècle : professeur de littérature anglaise et comparée à Columbia University, ardent défenseur de la cause palestinienne et fondateur (malgré lui) d'une nouvelle méthodologie issue de la mouvance des cultural studies, les études postcoloniales. Said est l'auteur d'une importante série de travaux couronnée par un titre-phare, L'Orientalisme, qui a profondément révolutionné l'approche des relations (notamment de pouvoir) entre Occident et Orient, tout en soulevant des polémiques parfois violentes. l'Intifada de la culture est la première monographie en français consacrée à Edward Saïd, dix ans après sa mort. L'ouvrage se veut synthétique et propose plusieurs parcours dans l'oeuvre d'un auteur qui a toujours revendiqué une action dans la Cité des hommes, sans cesser de réfléchir sur l'épistémologie des différents champs du savoir. L'Intifada de la culture tente de retracer la trajectoire originale d'un intellectuel éclectique, un migrant intercontinental pris entre son appartenance à l'institution occidentale et une posture d'insurrection, qui inscrit sa réflexion et sa manière d'être au monde dans une perspective résolument politique, niais ouverte à tous les sujets.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.