L'Homme et la Société N° 185-186, 2012/3-4 : Henri Lefebvre. Une pensée devenue monde ?
Cingolani Patrick
L'HARMATTAN
34,50 €
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EAN :9782343004570
On a voulu revenir sur l'actualité du sociologue qui le premier s'est intéressé au quotidien et en a montré tout à la fois la richesse cachée et les implications profondes, la dimension aliénée et aliénante et les ressorte pour l'émancipation. Il s'agissait de renouer avec l'attention à la quotidienneté à partir des pratiques ou des usages. Jamais époque n'a été aussi assujettie à la rationalité gestionnaire et technique de temps, des lieux, des usages et des comportements. Si la "cage d'acier" bureaucratique a exercé jadis sa violence sur toute une fraction de l'humanité, jamais peut-être la violence subtile et hégémonique de la "police du chiffre" n'a autant pesé sur nos comportements et nos consciences. Comme si la fluidification et la volatilisation de l'ordre disciplinaire et bureaucratique avait provoqué une intériorisation des normes et des contraintes de la performance économique. Toutes les institutions, de l'entreprise à l'université, semblent soumises à la marotte quantophrénique aux effets délétères sur l'expérience sans sa dimension polysémique et phatique. Comment, dès lors, comme se le demandait déjà la Critique de la vie quotidienne, naissent aujourd'hui ces brèches qui ouvrent sur les ambivalences, les contradictions, les conflits, les rencontres inchoatives. C'est dans les postérités et les disséminations internationales que la pensée d'Henri Lefebvre nous est apparue monde.
Nombre de pages
312
Date de parution
19/03/2013
Poids
490g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343004570
Titre
L'Homme et la Société N° 185-186, 2012/3-4 : Henri Lefebvre. Une pensée devenue monde ?
Auteur
Cingolani Patrick
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
490
Date de parution
20130319
Nombre de pages
312,00 €
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Résumé : Fragilités sociales La précarité Emploi précaire, travail précaire, les précaires : le terme "précarité" est utilisé pour décrire des phénomènes sociaux divers dans nos sociétés contemporaines. Temps partiels. CDD, travail intérimaire, chômage mais aussi accidents de la vie personnelle, les discontinuités subies ou voulues fragilisent les parcours, les rendent précaires, font parfois basculer dans la pauvreté. Au-delà de l'analyse des sens de ce mot et des réalités qu'il recouvre, cet ouvrage montre que, s'il est nécessaire d'encadrer les flexibilités demandées par le patronat, de pallier la disparition des formes traditionnelles de solidarité, il est aussi urgent de faire droit aux discontinuités voulues par certains travailleurs qui tentent d'établir une nouvelle relation à l'activité professionnelle.
Résumé : Emploi précaire, travail précaire, les précaires : le terme " précarité " est utilisé pour décrire des phénomènes sociaux divers dans nos sociétés contemporaines. Temps partiels, CDD, travail intérimaire, chômage mais aussi accidents de la vie personnelle, les discontinuités subies ou voulues fragilisent les parcours, les rendent précaires, font parfois basculer dans la pauvreté. Au-delà de l'analyse des sens de ce mot et des réalités qu'il recouvre, cet ouvrage montre que, s'il est nécessaire d'encadrer les flexibilités demandées par le patronat, de pallier la disparition des formes traditionnelles de solidarité, il est aussi urgent de faire droit aux discontinuités voulues par certains travailleurs qui tentent d'établir une nouvelle relation à l'activité professionnelle.
Notre rapport au temps s'est métamorphosé. Un temps de formation étiré, une espérance de vie allongée, de plus nombreuses périodes d'inactivités ont considérablement accru le temps « libre ». Et pourtant, la civilisation des loisirs, annoncée dans les années 60, n'est pas advenue. Le temps soustrait au travail, au lieu d'être reposant, paraît contaminé par les contraintes et les pressions. Accaparé par ses multiples activités, étourdi par sa propre frénésie, l'individu moderne semble aspiré par un nouveau temps, distendu, éclaté, fractionné. La multiactivité caractérise ce nouveau style de vie. Patrick Cingolani nous montre à quel point ce fait social transforme aujourd'hui l'individu. Il passe au crible trois figures contemporaines, virtuoses du temps ? l'étudiant, le parent et le retraité ? qui jonglent à leurs manières avec des temporalités enchevêtrées et plurielles. À côté de la dégradation des conditions de travail et de la précarité, il perçoit un usage des intermittences, des loisirs, de la culture qui s'affirme et qui montre que nous pouvons nous réapproprier le temps pour en faire un moyen d'affranchissement et de réalisation. Plus largement, cet essai plaide pour que le temps redevienne une question politique et sociale et pour que les sociétés puissent se concevoir et s'émanciper au-delà de l'emploi. Patrick Cingolani enseigne la sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre.
Le capitalisme ne fait plus : il fait faire. L'économie de plateforme a conféré une dimension paradigmatique à l'usage de l'externalisation, ainsi qu'une place inédite aux activités gratuites. D'où la nécessité d'analyser les nouveaux régimes d'exploitation dans le secteur des services et de la culture sous l'angle de l'usage que le capitalisme fait du numérique. Dans cet ouvrage, Patrick Cingolani met en lumière les diverses formes que prend l'extraction du surtravail et la prédation du gratuit, de l'instillation du travail dans la vie privée à sa vaporisation dans les temporalités interstitielles du quotidien. Le travail pénètre en effet désormais les pores de la vie ordinaire en effaçant ses indices et ses frontières. Parallèlement, on assiste à la spoliation spéculative des activités non-marchandes. Dans un monde où le temps d'activité gratuit est approprié par la contrainte ou par la promesse (stage ou projet) tandis que les travailleurs externalisés se trouvent assujettis à une temporalité juste-à-temps, tout moment devient une opportunité de prélèvement. Mais si le "le travailleur" , voire "l'usager" , peut apparaitre abusé par l'effacement des indices de la subordination et des signes distinctifs du travail, rien ne serait pire que de désespérer d'une subjectivité donnée comme aliénée ou complice. Il importe plutôt de mener une critique rigoureuse de l'accountability qui s'intègre à une réflexion sur les formes de suspens et résistance démocratiques à opposer aux usages capitalistes de la technique, à l'instar des luttes menées par travailleurs de la mode à Milan ou par les coursiers de Deliveroo.