La colonisation du quotidien. Dans les laboratoires du capitalisme de plateforme
Cingolani Patrick
AMSTERDAM
18,00 €
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EAN :9782354802271
Le capitalisme ne fait plus : il fait faire. L'économie de plateforme a conféré une dimension paradigmatique à l'usage de l'externalisation, ainsi qu'une place inédite aux activités gratuites. D'où la nécessité d'analyser les nouveaux régimes d'exploitation dans le secteur des services et de la culture sous l'angle de l'usage que le capitalisme fait du numérique. Dans cet ouvrage, Patrick Cingolani met en lumière les diverses formes que prend l'extraction du surtravail et la prédation du gratuit, de l'instillation du travail dans la vie privée à sa vaporisation dans les temporalités interstitielles du quotidien. Le travail pénètre en effet désormais les pores de la vie ordinaire en effaçant ses indices et ses frontières. Parallèlement, on assiste à la spoliation spéculative des activités non-marchandes. Dans un monde où le temps d'activité gratuit est approprié par la contrainte ou par la promesse (stage ou projet) tandis que les travailleurs externalisés se trouvent assujettis à une temporalité juste-à-temps, tout moment devient une opportunité de prélèvement. Mais si le "le travailleur" , voire "l'usager" , peut apparaitre abusé par l'effacement des indices de la subordination et des signes distinctifs du travail, rien ne serait pire que de désespérer d'une subjectivité donnée comme aliénée ou complice. Il importe plutôt de mener une critique rigoureuse de l'accountability qui s'intègre à une réflexion sur les formes de suspens et résistance démocratiques à opposer aux usages capitalistes de la technique, à l'instar des luttes menées par travailleurs de la mode à Milan ou par les coursiers de Deliveroo.
Nombre de pages
213
Date de parution
11/06/2021
Poids
242g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782354802271
Titre
La colonisation du quotidien. Dans les laboratoires du capitalisme de plateforme
Auteur
Cingolani Patrick
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
136
Poids
242
Date de parution
20210611
Nombre de pages
213,00 €
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Résumé : Fragilités sociales La précarité Emploi précaire, travail précaire, les précaires : le terme "précarité" est utilisé pour décrire des phénomènes sociaux divers dans nos sociétés contemporaines. Temps partiels. CDD, travail intérimaire, chômage mais aussi accidents de la vie personnelle, les discontinuités subies ou voulues fragilisent les parcours, les rendent précaires, font parfois basculer dans la pauvreté. Au-delà de l'analyse des sens de ce mot et des réalités qu'il recouvre, cet ouvrage montre que, s'il est nécessaire d'encadrer les flexibilités demandées par le patronat, de pallier la disparition des formes traditionnelles de solidarité, il est aussi urgent de faire droit aux discontinuités voulues par certains travailleurs qui tentent d'établir une nouvelle relation à l'activité professionnelle.
On a voulu revenir sur l'actualité du sociologue qui le premier s'est intéressé au quotidien et en a montré tout à la fois la richesse cachée et les implications profondes, la dimension aliénée et aliénante et les ressorte pour l'émancipation. Il s'agissait de renouer avec l'attention à la quotidienneté à partir des pratiques ou des usages. Jamais époque n'a été aussi assujettie à la rationalité gestionnaire et technique de temps, des lieux, des usages et des comportements. Si la "cage d'acier" bureaucratique a exercé jadis sa violence sur toute une fraction de l'humanité, jamais peut-être la violence subtile et hégémonique de la "police du chiffre" n'a autant pesé sur nos comportements et nos consciences. Comme si la fluidification et la volatilisation de l'ordre disciplinaire et bureaucratique avait provoqué une intériorisation des normes et des contraintes de la performance économique. Toutes les institutions, de l'entreprise à l'université, semblent soumises à la marotte quantophrénique aux effets délétères sur l'expérience sans sa dimension polysémique et phatique. Comment, dès lors, comme se le demandait déjà la Critique de la vie quotidienne, naissent aujourd'hui ces brèches qui ouvrent sur les ambivalences, les contradictions, les conflits, les rencontres inchoatives. C'est dans les postérités et les disséminations internationales que la pensée d'Henri Lefebvre nous est apparue monde.
A partir de l'idée de "marges" du travail, entendue comme frontières ou mieux encore chevauchements des frontières plutôt que comme périphérie et bords, les auteurs cherchent à saisir la temporalité du travail et du loisir dans ce qu'elle a de concret. Ils analysent les tensions provoquées par la flexibilité, les formes de captation du temps libre par le temps de travail. Ils interrogent les limites entre sphère professionnelle et sphère familiale. Dans cet entre-deux, comment les nouveaux modes de gestion de la force de travail, à l'ère des 35 heures, cherchent-ils à s'emparer du "temps libre" du clandestin ou de l'intérimaire en imposant une logique de file d'attente, qui colonise leur sphère privée ? En quoi moduler de façon plus libre son rapport au travail en développant des activités hors travail, peut-il paradoxalement favoriser la construction de soi et créer de nouveaux assujettissements ? Ce livre arpente les frontières poreuses du travail, ces zones où les possibilités de vie et de sécurités nouvelles s'ouvrent, ces impasses où les affirmations de temps sont aussitôt ressaisies par la domination et transformées en misères, ces marges où les logiques sociétales s'affrontent.
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
Résumé : la construction du "problème musulman" affecte l'ensemble de la société française. Fruit d'un intense travail de production idéologique cette construction alimente la stigmatisation des populations issues de l'immigration postcoloniale : l'épais brouillard intellectuel qu'elle représente fait en effet obstade aux tentatives d'appréhender de manière rigoureuse et dépassionnée le fait musulman dans les quartiers populaires. Afin de remédier à cette situation, Hamza Esmili retrace dans cet ouvrage la généalogie de ce "problème", des discours dénonçant les "banlieues de l'islam" au paradigme du "séparatisme islamique", en passant par la mise en place des dispositifs de lutte contre la radicalisation. S'appuyant à la fois sur la sociologie de l'immigration et l'anthropologie de l'islam, il souligne l'écart qui sépare ces représentations de la réalité de la piété redécouverte en cité. Et montre que cette réaffiliation religieuse n'est ni un résidu éphémère du procès d'intégration, ni un persistant atavisme civilisationnel, mais un phénomène inscrit dans la matérialité d'une expérience ouvrière et postcoloniale collective.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.
Sellier Geneviève ; Chollet Mona ; Lacurie Occitan
Au tournant des années 1960, la Nouvelle Vague inaugure une nouvelle façon de faire du cinéma : libération de la mise en scène, réalisme des dialogues, attention portée au montage... Ce mouvement se distingue en outre par sa critique politique de la société de consommation et des normes morales bourgeoises. La critique a toutefois une limite, et de taille : elle évacue presque complètement les aspirations des femmes, nouvelles actrices de la culture de masse. Les créateurs sont majoritairement des figures masculines, et les représentations qu'ils véhiculent empreintes de stéréotypes, quand elles ne tendent pas à invisibiliser les femmes ou, pire, à associer leur émancipation à une régression politique. C'est donc avec une vision monolithique et glorifiante de la Nouvelle Vague que Geneviève Sellier nous invite à rompre. Décentrant la figure de l'auteur, articulant l'analyse des films avec leur contexte de production et de réception, elle nous raconte les transformations des rapports de sexe, et la lutte toujours en cours des femmes pour asseoir leur légitimité en tant que créatrices à part entière.