Dans leur usage paradoxal des masques littéraires, les auteurs de langue française en arrivent parfois à mettre en jeu leur propre qualité d'écrivain. Ils se détournent ainsi de l'" autorité " qui leur a été affectée par l'institution littéraire, renversent les canons et invalident les champs esthétiques ; ils négocient donc une nouvelle posture, libre, proche de celle du lecteur-interprète ou du " marqueur de paroles ". Le masque sert aussi à " désacraliser ", à " désolenniser " la posture de l'écrivain démiurge, à préserver sa disponibilité devant les défis du moment et à couvrir son accès au mystère. La reconduction du masque initial - la psychose originelle en somme - transparaît sous des formes en mutation. Ces formes sont élaborées comme des masques en(-)jeux par des écrivains comme Michel de Ghelderode, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Yasmina Khadra, Patrick Chamoiseau, Salvat Etchart, et de manière encore plus accentuée par les écrivains louisianais. On découvre aussi les jeux de masques, ces usages, exercices, stratégies, opérations de séduction et carnavals narcissiques, réinterprétés par une lignée d'auteurs où dominent les femmes : Colette, Paul Willems, Suzanne Lilar, Maria Van Rysselberghe, Amélie Nothomb, Réjean Ducharme, Madeline Monette, Gilbert Laroque, Daniel Maximin, Ananda Devi.
L'?uvre des Amrouche, exemplaire au titre de la tradition orale comme de la création littéraire, se nourrit de l'histoire algérienne et y contribue. Générée dans le multiple des langues et des croyances, elle a créé les modalités et les signes de ce que pourrait être, aujourd'hui comme hier en Algérie, une activité efficiente de la mémoire redoublant la création littéraire. Paradoxalement, et l'?uvre de ce trio familial en témoigne dans sa diversité, c'est la privation, l'humiliation, et l'exil qui soufflent aux créateurs cette mémoire, incertaine mais puissante, qui donne forme à leur poésie orale ou écrite, structure leurs pensées et leurs récits, anime leurs échanges avec les autres. On retrouvera cette dynamique de la résistance subtilement analysée dans les différentes contributions au présent ouvrage, qui, tout en actualisant les travaux que les Amrouche ont suscités dans le passé, mettent en lumière ce qui dans l'originalité des itinéraires créatifs de Jean, de Taos, de Fadhma, les a conduits chacun vers la nécessité commune d'établir des relais dans la transmission vocale du patrimoine culturel berbère puis de nouer la chaîne de l'écriture salvatrice. L'interface entre ces deux modes de communication est ce qui aujourd'hui propulse les textes amrouchiens vers les horizons les plus éloignés de leur site natal.
Des oeuvres de l'époque coloniale et postcoloniale aux dernières nées de la littérature algérienne de langue française, quelques décennies d'histoire tumultueuse, de conquêtes et de pertes, de morts et de reviviscences, de pactes positifs et d'avortements. Les écrivains algériens produisent généralement des textes complexes, liés aux transmutations accélérées de leur société. L'interrogation insistante des césures de l'histoire et l'esthétique de la résistance à toutes formes hégémoniques sont les lieux à partir desquels s'organisent la dimension critique de l'oeuvre et la vision d'une Algérie plurielle et créative. L'analyse de quelques textes, particulièrement significatifs, de Jean Amrouche, Albert Camus, Mouloud Mammeri, Mohamed Did, Kateb Yacine, Assia Djebar, Nabile Farès, Rachid Mimouni, Nina Bouraoui, montre par quelles stratégies littéraires conscientes ou inconscientes l'écrivain refonde son histoire et formule sa position de sujet.
La littérature francophone du voyage met en scène trois lieux d'écriture : la patrie, la France, le monde. La patrie est, pour l'écrivain, le lieu du legs, de l'héritage, de la transmission fondamentale. La France, elle, est le lieu de la légitimation littéraire. Entre l'héritage et la nécessité du détachement se noue une tension que le monde se charge de transformer en élan. Trois lieux d'écriture à visiter en transhumance, en migrance, en exil, ou en " voyageur que le langage invente ". Nicolas Bouvier, Edouard Glissant, Assia Djebar, Malika Mokeddem, Slimane Benaïssa, Vicente Huidobro, Eduardo Manet, Andreï Makine, François Cheng, Farida Belghoul sont des exemples parfaits de ces écrivains qui, par leur destinées voyageuses, forgent de nouvelles poétiques et de nouveaux concepts littéraires.
Nous sommes accros aux plastiques.Nous sommes accros aux plastiques. Leur production explose année après année, ils sont présents dans notre vie quotidienne sous de multiples formes. De quoi sont-ils faits ? Comment interagissent- ils avec leur environnement ? avec nous ? comment se transforment-ils, se dégradent-ils en déchets micro puis nano scopiques ? Peut-on les recycler, les « bio-dégrader » ? comment finissent-ilsdans les sols, les rivières et les océans, nos propresorganismes ? Peut-on maîtriser cette submersion plastique ? Quarante chercheurs de Sorbonne Université, du Muséum national d'Histoire naturelle, des diplomates, des élus répondent à ces questionsdans une langue simple et pédagogique. Une lecture éclairante à l'heure où les Nations Unies tentent d'élaborer un traité international pour endiguer la pollution plastique.
Conçu pour les étudiants qui passent les agrégations de lettres modernes et classiques 2015, ce volume valorise les recherches historiques et intertextuelles qui éclairent le sens du Spleen de Paris, écrit par Baudelaire, ainsi que de nouveaux outils méthodologiques et critiques qui permettent de reconsidérer l’approche du poème en prose.L'ouvrage est destiné aux étudiants qui préparent les agrégations de lettres modernes et de lettres classiques en 2015, ainsi qu'aux chercheurs qui s'intéressent à Baudelaire. Longtemps négligé au profit des Fleurs du mal, Le Spleen de Paris suscite aujourd'hui un regain d'intérêt. Les études recueillies dans ce volume valorisent les recherches historiques et intertextuelles qui éclairent le sens de l??uvre, ainsi que de nouveaux outils méthodologiques et critiques qui permettent de reconsidérer l'approche du poème en prose. La « fortune » du Spleen de Paris jusqu'à aujourd'hui n'est pas en reste et fait l'objet d'une attention particulière.