Quelles furent les conséquences de l'intégration des provinces arabes dans l'Empire ottoman sur le soufisme ? Le nouvel espace impérial permet le renouveau des voyages, depuis le Maghreb, l'Inde ou l'Asie du Sud-Est jusqu'aux Lieux saints. La Mecque et Médine, Le Caire, Damas, Zabîd, Istanbul, font figure de carrefours intellectuels. Solidement campé dans ses assises d'époque mamelouke, le soufisme égyptien entre en dialogue avec le soufisme turco-persan, s'installe dans les Villes saintes, essaime jusque dans l'océan Indien. Une littérature soufie florissante fait partie intégrante de la culture générale (adab) de " l'honnête homme " ottoman. Ce livre explore différents auteurs et genres de littérature soufie et dévotionnelle de l'époque ottomane. A travers ces textes, apparaît le soufisme vécu et transmis de l'investiture (khirqa) à la voie (tarîga): le rattachement au cheikh, les chaînes et certificats de transmission (isnâds, ijâzas), les rituels du dhikr, du concert spirituel (samâ'), de la retraite (khalwa) et des visites pieuses (ziyârât). Les confréries soufies deviennent un phénomène de masse. Dans les âpres débats doctrinaux du soufisme ottoman domine l'influence sans précédent des idées d'Ibn'Arabi. La crise du me siècle, animée par les Qadizadeli, montre l'existence de contestations anti-soufies: elle montre aussi, a contrario, la domination quasiment sans partage du soufisme sur l'islam ottoman. Seize contributions, une introduction historiographique, un index et une bibliographie générale font de ce livre une référence et un outil de travail.
Nombre de pages
442
Date de parution
19/08/2010
Poids
1 552g
Largeur
198mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782724705485
Titre
Annales islamologiques N° 29 : Le soufisme à l'époque ottomane. XVIe-XVIIIe siècle
Construite sur les liens directs entre le maître et ses disciples, à qui il transmet un enseignement ou un simple influx spirituel, la tarîqa (confrérie) est aussi un lieu d'hospitalité et d'intégration sociale. Ainsi les cheikhs de la Khalwatiyya sont à la fois des maîtres spirituels, transmetteurs de la baraka, et des notables à la tête d'une institution qui joue un rôle de redistribution économique au niveau du quartier ou du village. Une réalité aussi complexe doit être abordée sous plusieurs angles. L'étude de son rôle historique ne peut être détachée de celle de ses aspects doctrinaux car la fondation d'une tarîqa et sa fonction sociale reposent sur la reconnaissance de l'autorité d'ordre divin dont les cheikhs se sentent investis et des pouvoirs qu'elle leur confère sur terre. C'est dans une telle perspective historique et anthropologique que le rôle et la place des confréries en Egypte au XXe siècle sont ici abordés. La Khalwatiyya ne représente pas toutes ces confréries, encore moins tout le soufisme, mais son cas permet d'apporter un éclairage nouveau sur la tarîqa en tant que réalité spirituelle et sociale. Au moment où l'islam politique, très minoritaire, occupe le devant de la scène, elle montre aussi comment les fidèles vivent leur foi au quotidien.
L'étude des premiers siècles de l'islam se heurte à des défis méthodologiques formidables, en particulier en raison de la nature même des sources disponibles pour appréhender la période. Les sources historiques musulmanes présentent en effet l'inconvénient d'un important décalage chronologique avec la période formative de l'islam, tandis que l'utilisation du Coran et plus largement de la tradition scripturaire ne manque pas de faire débat. Les contributions réunies dans ce volume explorent diverses approches pertinentes pour aborder ces sources et contourner les écueils épistémologiques propres à la tradition et à l'histoire musulmanes. Elles invitent ainsi à une histoire des textes, de leur genèse jusqu'à d'éventuels processus de canonisation, en passant par les différentes étapes d'élaboration, de sélection et de transmission. Résolument international, ce volume se veut en outre un hommage à Alfred-Louis de Prémare (1930-2006) en poursuivant l'exploration de thèmes qui lui étaient chers.
Comment les musulmans, depuis les origines, perçoivent-ils leur prophète ? Quelle relation entretiennent-ils avec lui, dans l'intimité de leur foi et collectivement, comme communauté une ou selon leurs appartenances particulières ? Les études réunies ici répondent à une double inscription, dans le temps et dans l'espace, de la dévotion au Prophète. Elles intéressent aussi bien le Proche et le Moyen-Orient que le Maghreb, les mondes turc et persan et le sous-continent indien et couvrent trois périodes qui correspondent aux trois parties du volume : l'islam primitif ou encore la période "fondatrice" ; la période de formation ou de constitution des savoirs et des appartenances (IXe-XIe siècles); et enfin, du XVe au XXe siècle, l'affirmation croissante de la vénération du Prophète et de son rôle dans la réalisation spirituelle et dans les attentes messianiques. Les articles en Varia qui suivent abordent de multiples sujets. Les missionnaires jésuites confrontés à la consommation de boissons alcoolisées dans le Nouveau Monde (XVe-XVIIIe siècles). Les représentations du pape Pie IX dans l'Amérique latine du premier XIXe siècle. La formation des enfants de choeur dans la France rurale. La transformation des thérapies chamaniques dans l'Amazonie péruvienne. Enfin, la place du religieux dans les destins comparés de la France et de la Grande-Bretagne.
Ancel Stéphane ; Chih Rachida ; Fer Yannick ; Hill
Ce volume de varia explore trois chantiers : l'islam des origines, la réflexivité dans l'ethnographie, le catholicisme et ses roses. Paru sous la direction de Mohammad Ali Ami, Moezzi et Guillaume Dye, Le Coran des historiens dressait en 2019 le bilan de cinquante années de recherches sur la genèse, l'écriture et les interprétations du texte fondateur de l'islam. Les Archives ouvrent leurs pages à quatre spécialistes, pour autant d'éclairages originaux sur un ouvrage qui fait date dans l'histoire de l'islamologie. La question du retour sur soi est centrale dans la littérature anthropologique. Mariana Ramos de Morais la reprend à l'épreuve des religions afro-brésiliennes et de l'émergence progressive d'une ethnographie de l'intérieur. Le même souci de réfléchir à l'implication de l'anthropologue anime Jessica Roda, qui enquête au sein de la mouvance ultraorthodoxe juive nord-américaine et de ses marges. L'actualité, enfin, nous encourage à penser le devenir du catholicisme contemporain à la lumière de plusieurs siècles d'une histoire tourmentée, qui conduira le lecteur de la crise traversée par les franciscains et franciscaines de Provins au temps de la "contre-réforme" à l'émergence d'un "populisme religieux" dans la France des années 1968, puis au rapport complexe entre " dérives sectaires n et "abus sexuels dans les controverses récentes.
La Hafiziyya est une confrérie soufie de taille modeste, installée dans le sud du gouvernorat de Giza depuis le XIXe siècle. Cette petite confrérie, affiliée à la Halwatiyya, confrérie plus ancienne et aujourd'hui l'une des plus importantes d'Egypte, contribue à l'organisation de la vie religieuse locale par ses pèlerinages et ses rassemblements. La famille de son cheikh fondateur, 'Abd al-Hafiz (m. 1303/1886), dirige toujours la confrérie et a acquis une notabilité locale, au point d'exercer des fonctions politiques et d'arbitrage importantes. Une étude de terrain a permis de montrer l'ancrage d'une mémoire collective dans des pratiques confrériques héritées de l'enseignement du cheikh et ses descendants, se réclamant elles-mêmes de la tradition de la Halwatiyya. Un manuel de soufisme, la Hidayat al-ragibin fi al-sayr wa-I-suluk ila malik al-muluk rabb al-'alamin [La Bonne direction pour ceux qui désirent cheminer vers le Roi des rois Seigneur des mondes], assume ce rôle de transmission écrite ; l'étude de la tradition orale révèle quant à elle le travail de la mémoire et la formation d'une identité confrérique locale et originale. Faire l'histoire de la Hàfiziyya conduit à évoquer l'histoire sociale des campagnes égyptiennes et à comprendre comment s'articule l'identité locale d'une modeste confrérie de Moyenne-Egypte avec une tradition confrérique plus large et pluriséculaire.
A Dendara, le domaine d'Horus est indépendant de celui d'Hathor ; diverses processions reliaient cependant les deux espaces sacrés. Horus était le maître de Dendara, époux d'Hathor maîtresse de Dendara, et Edfou et Dendara ne forment qu'un seul nome. Les deux divinités incarnent la royauté, masculine et féminine, transmise par Rê d'Héliopolis. Totalement inédits jusqu'à présent, les textes et représentations de l'édifice constituent l'ultime production sacerdotale d'une ville déjà florissante à l'Ancien Empire.