La théorie de la perversion, qui est proposée ici, reste fidèle à la pensée de Freud, tout en échappant aux schémas psychanalytiques classiques. Elle est en même temps réflexion sur la condition humaine. Au travers des déviations - pittoresques ou banales - de la conduite sexuelle s'exprime une dimension essentielle, une tentation permanente de l'esprit : le désir de s'évader des limites que le réel impose, et de faire advenir «l'impossible» (que ce soit sous la forme de l'orgie, de l'inceste, de la confusion des sexes ou des générations). Il s'agit de détrôner Dieu le Père, d'opérer une transmutation du monde. Gouvernée par l'hybris, la démesure, l'entreprise perverse implique une réécriture de la Bible, au moyen d'une démarche régrédiente. Sade, Wilde, Bellmer viennent, entre autres, illustrer le propos de l'auteur qui avance une hypothèse sur la nature des liens que la perversion entretient avec l'esthétique.
Nombre de pages
317
Date de parution
22/05/2006
Poids
330g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782876734463
Titre
Ethique et esthétique de la perversion
Auteur
Chasseguet-Smirgel Janine
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
130
Poids
330
Date de parution
20060522
Nombre de pages
317,00 €
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Le divorce du corps et de l'esprit est-il caractéristique de la pensée d'aujourd'hui? Une révolte contre l'ordre biologique semble infiltrer sourdement la conception que nous avons du monde. Les auteurs d'attentats suicides semblent rejoindre la fascination pour la destruction d'écrivains comme Mishima, Pasolini ou Foucault. Se libérer du corps pour rétablir une union mystique? entre l'âme et le cosmos, affirmer la toute-puissance de l'esprit serait le dénominateur commun de conduites que la pensée actuelle semble admettre tout uniment. La misogynie nouvelle, qui, au nom du féminisme, répudie la maternité, participe-t-elle en quelque point de ces mouvements...Ce livre, né du regard d'un psychanalyste femme et non-médecin (diplômée, entre autres, de l'Institut d'études politiques de Paris) sur notre société, constitue une analyse sans concession ni compromis de mécanismes, aussi étranges que violents, qui surgissent dans le monde contemporain.
L'ouvrage est constitué de huit articles. Le premier date de 1975 et contient le fil conducteur qui permet de relier ceux écrits après 1984. Il porte sur la question de la théorie freudienne de la féminité. J. Chasseguet-Smirgel en montre les contradictions et en fait la critique, qui porte sur ce qu'elle appelle « la théorie du monisme sexuel phallique » : contrairement à ce qu'affirme Freud, il y a avant la puberté une connaissance de l'existence du vagin, mais celle-ci est refoulée dans un but défensif. La deuxième partie développe l'hypothèse centrale d'« une matrice archaïque du complexe d'oedipe » et l'auteure étudie la pensée utopique pour y déceler la présence de ce fantasme. La troisième partie consiste en des essais de psychanalyse appliquée. L'ensemble de l'ouvrage présente une tentative convaincante pour éclairer la question de l'image de la mère et de la femme, tant au point de vue collectif qu'au point de vue individuel.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...