L'islam entre aujourd'hui dans un schisme crucial pour son devenir. Deux voies s'affrontent : une vision dure (salafie) qui veut restaurer la pureté des origines par application totale de la révélation coranique et une option douce (néo-soufie) qui tend à restreindre les prescriptions à une spiritualité dont l'observance de la charîa ne serait que le signe. Au-delà de l'exégèse, Regards sur l'islam, Freud, Marx, Ibn Khaldun propose quelques dissociations anthropologiques, et s'interroge sur les possibilités d'interprétations des traumatismes arabo-musulmans contemporains par les théories croisées de Marx, Ibn Khaldun et Freud. " Si l'islam a récupéré le sacrifice d'Abraham comme non-meurtre du fils, il a rejeté l'acceptation du meurtre du fils par Dieu le Père sur le Golgotha : le prophète Issa (Jésus) n'est pas mort sur la croix. Ainsi dans l'un des passages qu'il consacre à ce thème, Freud soulignait-il que l'islam n'a pas accompli le meurtre de son fondateur. " Une remarque qui, selon l'auteur, soulève maints problèmes herméneutiques et historiques. En dépit d'apparents antagonismes, chacun des systèmes analysés ici : symbolique sacrificielle freudienne, géopolitiques orientales marxistes et renouvellement khaldunien de l'histoire, confrontés les uns aux autres dans un jeu de miroirs, est à même de dévoiler les faces cachées de l'histoire de la psyché musulmanes, d'interpréter les attitudes stratégiques et les légitimations dogmatiques actuelles.
Nombre de pages
328
Date de parution
03/04/2003
Poids
408g
Largeur
135mm
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EAN
9782851974297
Titre
Regards sur l'islam, Freud, Marx, Ibn Khaldun
Auteur
Charnay Jean-Paul
Editeur
L'HERNE
Largeur
135
Poids
408
Date de parution
20030403
Nombre de pages
328,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Guerre du Liban et contre Israël, guerre entre l'Iran et l'Irak, entre l'Ethiopie et l'Erythrée, soulèvements en Egypte et en Tunisie, affrontement américano-lybien : tout laisse croire que le monde musulman est en guerre, civile, extérieure, internationale. Est-ce le retour à l'esprit du jihâd, la " guerre juste " énoncée par le Coran ? Il importe aujourd'hui de dénouer la trame complexe des rapports entre l'Islam, la nation et la guerre. Le monde arabe et musulman, après son expansion première, a connu la domination _ ottomane dès le XVe siècle, européenne depuis le XIXe siècle _, puis les guerres de libération, souvent tragiques. Au terme de siècles de contrainte, d'années de violence, les indépendances n'ont pas mis fin _ quand elles ne les ont pas avivés _ aux bouleversements sociaux et démographiques, aux conflits permanents entre intérêts et classes, pays nantis et pays pauvres, entre valeurs éthiques et comportements économiques. Aussi le jihâd pour la défense de la foi et l'espoir d'une religion ayant vocation à régler et sauver l'humanité, a-t-il subi de multiples variations. De la guerre juste du Coran à la révolution sainte aujourd'hui prônée par les tenants d'un retour à la pureté des origines, les diverses interprétations du jihâd expriment toutes les facettes de la personnalité musulmane, de la guerre et de la politique : l'élévation spirituelle, la protection de l'Islam, la propagande religieuse, la maîtrise du développement industriel, la guerre classique du soldat régulier et enrégimenté, la guérilla du combattant révolutionnaire, comme le régicide ou le terrorisme international. Reconstituant l'image brisée du jihâd, Jean-Paul Charnay s'est attaché en réalité à une meilleure intelligence de la crise d'identité des sociétés arabo-musulmanes. Jean-Paul Charnay est directeur du Centre d'Etudes et de Recherches sur les Stratégies et les Conflits (CERSC) de l'Université de Paris-Sorbonne, et directeur du Comité International pour la Réédition et le Traitement Informatique des Classiques de la Stratégie (CIRTICS). Après des études de droit français et musulman en Algérie, il se consacre à l'histoire et à la sociologie.
Adala: la justice. Vertu cardinale de l'islam. Mais justice orientée par la Révélation, le Logos divin. L'Islam n'est pas une théocratie mais une logocratie. Le souverain n'est pas le Prince, mais le Texte. Conséquence: le droit musulman est sacral en son essence (le Coran, l'exemple du Prophète), et doctrinal en sa formulation (l'opinion, la fetwa des théologiens-juristes. Mais "droit musulman"? Expression inadéquate: Charâ'a, signifie juste guidance, bonne voie, pour accéder au salut éternel. A la fois prescriptive et performative, elle embrasse la totalité de l'existence. Mais elle n'existait pas à l'époque muhammadienne. Elle a été forgée au fil des conquêtes et des dynasties durant les premiers siècles de l'Hégire. Raffinée par des générations de praticiens, risquant de se dissoudre à travers les divergences des écoles, des peuples et des civilisations, elle a réagi contre les tendances centrifuge des coutumes et des agissements profanes qui ont souvent infléchi les règles scripturaires. Ainsi le droit musulman technique, le fiqh, édicte des normes pour réguler les rapports entre les observances, les personnes et les biens. Il établit des structures sociales et des institutions. Ces structures et institutions ont sécrété une éthique dont le principe fondamental demeure le respect de la Révélation, donc la perpétuation de la norme, gardienne de l'islamité. Le système se reconduit "en boucle" par dynamique interne. Les conflits résultent non pas de l'intégration ou de la séparation entre politique et religion, mais du blocage du juridique par le théologique qui se durcit en une sorte de "mystique de la légalité." Par esquisses successives (ontologique, historique, méthodologique, phénoménologique, éthique, contemporaines), l'ouvrage passe des fondements de la Loi musulmane à l'espoir, ou la crainte, de la déjuridicisation de l'islam.
Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction. Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.
L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir "échoué", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.
Le train ralentit et s'arrêta dans un grincement de douleur. Pendant un moment, on n'entendit plus rien que le crachotement de la mitraillette. C'est alors que, d'une voix forte el pleine d'angoisse, je m'exclamai : "Des bandits !" "Bandidos !" hurla la fille. "Bandidos !" répéta sa mère, et ce mot terrible se répercuta de wagon en wagon. S'ensuivit un mouvement de panique bouffonne. Tous les passagers de notre compartiment se jetèrent au sol, dans un méli-mélo de bras et de jambes. Seule la mère garda son sang-froid. Elle se leva et, méticuleusement, entreprit de placer ses trésors en lieu sûr. Elle enfouit une bague dans son chignon et, faisant fi de la pudeur, releva ses jupes pour dissimuler dans ses culottes un peigne perlé. Les charmantes demoiselles du compartiment voisin faisaient entendre des pépiements de détresse. Dans le couloir, les officiers s'affairaient, aboyant des ordres et se bousculant les uns les autres...