Ce qui rapproche la philosophie et l'amour tient à leur façon comparable de comprendre à même une "inscription corporelle de l'esprit" (Varela). Comme l'état amoureux "fait" ce qu'il veut "dire", il concourt à rendre finalement le monde identique à son exister. Il constitue en ce sens une interprétation plénière du réel, ne nous apprenant rien de plus sur son objet que ce que nous en savons sans lui et se contentant d'en conserver les propriétés de complétude ontologique. Aimer et philosopher simplifient pareillement l'idée de signification en refusant de distinguer le secret du monde de ses manifestations. Au bout du compte ils interrogent tous deux la mesure immanente de la vie bonne en mettant simplement en évidence "l'absence de médiation à l'existence" (Wahl) .
Nombre de pages
76
Date de parution
07/05/2015
Poids
80g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9788857527369
Titre
Prendre corps. Faire et penser l'amour
Auteur
Chareyre-Méjan Alain
Editeur
MIMESIS
Largeur
110
Poids
80
Date de parution
20150507
Nombre de pages
76,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le sentiment esthétique se présente comme une solution " poétique " au problème de l'existence. Le miracle esthétique nous rappelle incessamment qu'avant d'avoir une signification, le réel a le pouvoir de nous mettre en arrêt devant ce que nous ne pouvons pas expliquer, ni déduire l'état d'être. Ainsi l'Art ne peut se penser en dehors de toute référence à la beauté dont l'épreuve est le simple fait de voir le monde comme explication du monde.
Alain Chareyre-Méjan: philosophe, professeur des Universités, directeur de recherches à l'université de Provence, a publié des essais sur le fantastique, la littérature libertine, l'expérience esthétique.
La sensation est un événement qui arrive à l'existence du monde. Elle affirme le caractère absolu du fait que ce qui est soit, et le laisse à son mystère. Ce livre est un manuel pratique. Il propose de voir dans l'attention sensible un remède à la volonté humaine de mettre le monde à sa merci. Le sens sensible suffit à fonder la confiance que nous pouvons avoir de « tenir », mais à rien : le monde n'a jamais que son existence pour essence, sans autre monde, miraculeusement. La langue grecque exprimait du même mot le manuel de savoir vivre et le poignard. La philosophie coupe court et ne garde que le minimum : être est. Dans ses convictions les plus utiles et les plus profondes elle s'incarne ainsi dans une attitude, un « port », plutôt que dans la représentation d'une vérité. Elle témoigne de l'émotion attachée à l'énoncé du « petit mot est », et de son pouvoir d'orienter nos vies.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.