Revue du MAUSS N° 56, second semestre 2020 : Nous l'avons tant aimée... la sociologie. Et maintenant
Chanial Philippe ; Caillé Alain
LA DECOUVERTE
26,00 €
Epuisé
EAN :9782348065422
L'inventeur du nom sociologie, Auguste Comte, voyait en elle, on s'en souvient, la dernière venue mais aussi la plus importante des sciences, celle qui allait pouvoir rendre compte de toutes les autres, de leurs conditions d'émergence, de leur sens et de leur importance relative. Elle devait être une méta-science, une science des sciences. Propos excessif, sans nul doute. Mais il faut bien reconnaître que l'ambition de la sociologie naissante, celle des classiques, des Marx, Weber, Durkheim, Simmel, Elias, Mauss etc. a été légitimement considérable et pour tout dire assez exaltante. Elle se proposait d'expliquer comment se forment et s'organisent la multiplicité des rapports possibles entre les humains, comment naissent les croyances, les valeurs et les idées, qui y adhère et pourquoi, avec quels effets, etc. On allait enfin pouvoir répondre, à la fois empiriquement et de manière conceptuellement bien construite, aux questions léguées par la philosophie. Ou, avant elle, par les religions. Et que de beaux textes, que de percées apparemment décisives cette sociologie nous a laissés ! Pourtant, plus le temps passe et plus on a le sentiment que le but qu'elle s'était fixé s'éloigne, que tout se révèle infiniment plus complexe qu'on n'avait pu l'imaginer, et l'espoir de réponses enfin assurées aux questions de départ semble toujours plus improbable. Pourquoi ? Quel rôle la sociologie peut-elle encore s'assigner aujourd'hui ? Qu'est-ce qui n'a pas bien marché ? Pourquoi la sociologie ne s'est-elle au bout du compte pas montrée à la hauteur de ses ambitions constitutives ? Plusieurs réponses non incompatibles sont possibles et autant de réponses que ce numéro de la Revue du M. A. U. S. S. entend proposer aux sociologues et à d'autres. Auteurs sollicités : F. Adloff, J. Alexander, M. Archer, R. Arvanitis, L. Boltanski, A. Caillé, Ph. Chanial, F. Chateauraynaud, P. Combemale, G. Delanty, F. Dubet, S. Dufoix, F. Gauthier, J. Godbout, S. Hanafi, N. Heinich, F. Khosrokhavar, B. Lahire, Ch. Laval, M. Savage, Ph. Steiner, G. Steinmetz, L. Thévenot, F. Vandenberghe, F. Vatin.
Nombre de pages
286
Date de parution
10/12/2020
Poids
375g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782348065422
Titre
Revue du MAUSS N° 56, second semestre 2020 : Nous l'avons tant aimée... la sociologie. Et maintenant
Auteur
Chanial Philippe ; Caillé Alain
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
135
Poids
375
Date de parution
20201210
Nombre de pages
286,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De quoi l'amour est-il le don ? Selon les imaginaires amoureux les plus répandus, l'amour serait étranger à toute forme de réciprocité. La passion est toujours déséquilibre, don sans retour, nécessairement douloureux. À cet amour passionnel humain, souffrant (cf. Proust ou Barthes), s'oppose l'amour sublime, le « pur amour », mystique, don absolu et désintéressé, voire désincarné (même si la sensualité n'en est pas absente). Quant à l'amour partagé, il oscille entre une vision bien grise du couple confit en son train-train, réussissant à (sur)vivre ensemble au prix d'une extinction de tout feu véritable, et une vision beaucoup plus enflammée mais confinée à la littérature ou aux mondes de la fiction : celle de l'amour absolu incapable de se satisfaire des contingences mortelles et condamné à une union au tombeau (Denis de Rougemont et les figures de l'amour romantique).
Faut-il en finir avec le "vieux socialisme"? On ne compte plus aujourd'hui les invitations faites à la gauche, et parfois par la gauche, d'initier une nouvelle synthèse, résolument moderne, une synthèse "libéral-sociale". Certes, il ne fait guère de doute que le socialisme est totalement périmé si on le réduit à ses slogans traditionnels: plein développement des forces productives, collectivisation générale des moyens de production, direction planifiée du système économique, etc. Mais est-ce là "la délicate essence du socialisme", tel que le défendaient notamment Proudhon, Fourier, Leroux puis Benoît Malon, Jean Jaurès, Marcel Mauss ou Eugène Fournière? Cet ouvrage se propose de réactualiser cette tradition politique aujourd'hui oubliée et sa sensibilité si singulière. Sa critique morale du capitalisme, son refus de réduire l'homme à un animal économique et l'économie au marché, ne sont-ils pas aujourd'hui d'une brûlante actualité? N'est-il pas temps également de réhabiliter, contre le seul matérialisme issu de Marx, un certain "idéalisme historique"? Plus encore, ce livre invite à redécouvrir combien la fascination pour l'État est étrangère à son inspiration la plus profonde. Économie solidaire, démocratie participative, ces expériences contemporaines sont à l'évidence les héritières de ce socialisme de l'association, résolument pluraliste et expérimental, pour qui la démocratie s'identifiait ultimement à l'"autogouvernement des citoyens associés". Socialisme moral, socialisme associationniste, mais aussi socialisme individualiste. Car son idéal n'était pas "la pâtée servie à tous par la mère Collectivité", mais au contraire l'émancipation de l'individu par la coopération, la réciprocité et l'échange. D'où sa passion pour l'égalité, irréductible à la seule apologie du mérite, et son invitation à lutter contre les misères et les vertiges de la concurrence pour faire tout autrement République.
De toute évidence, nous n'arriverons à rien si nous ne parvenons pas à faire croire, mondialement, en la possibilité d'un monde meilleur en donnant à voir, le plus concrètement possible, à quoi il pourrait ressembler. C'est d'abord le manque d'espoir qui nous voue tous à l'impuissance. Essayons donc de dessiner ensemble les contours de ce monde possible, un monde d'après dans lequel on pourrait convaincre un ouvrier italien, un paysan espagnol, un agriculteur du Sénégal, un habitant d'une favela de Rio ou d'un slum de Bombay, un employé égyptien, un médecin irakien, un étudiant chinois, mais aussi un chef d'entreprise français ou japonais, etc. qu'il se trouverait bien d'y vivre. Ce sont les contours d'un tel monde que ce numéro du MAUSS esquisse.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.