Revue du MAUSS N° 64, second semmestre 2024 : Le don d’amour. L’impossible réciprocité ?
Chanial Philippe
BORD DE L EAU
20,00 €
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EAN :9782385190941
De quoi l'amour est-il le don ? Selon les imaginaires amoureux les plus répandus, l'amour serait étranger à toute forme de réciprocité. La passion est toujours déséquilibre, don sans retour, nécessairement douloureux. À cet amour passionnel humain, souffrant (cf. Proust ou Barthes), s'oppose l'amour sublime, le « pur amour », mystique, don absolu et désintéressé, voire désincarné (même si la sensualité n'en est pas absente). Quant à l'amour partagé, il oscille entre une vision bien grise du couple confit en son train-train, réussissant à (sur)vivre ensemble au prix d'une extinction de tout feu véritable, et une vision beaucoup plus enflammée mais confinée à la littérature ou aux mondes de la fiction : celle de l'amour absolu incapable de se satisfaire des contingences mortelles et condamné à une union au tombeau (Denis de Rougemont et les figures de l'amour romantique).
Nombre de pages
255
Date de parution
15/11/2024
Poids
418g
Largeur
166mm
Plus d'informations
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EAN
9782385190941
Titre
Revue du MAUSS N° 64, second semmestre 2024 : Le don d’amour. L’impossible réciprocité ?
Auteur
Chanial Philippe
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
166
Poids
418
Date de parution
20241115
Nombre de pages
255,00 €
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Faut-il en finir avec le "vieux socialisme"? On ne compte plus aujourd'hui les invitations faites à la gauche, et parfois par la gauche, d'initier une nouvelle synthèse, résolument moderne, une synthèse "libéral-sociale". Certes, il ne fait guère de doute que le socialisme est totalement périmé si on le réduit à ses slogans traditionnels: plein développement des forces productives, collectivisation générale des moyens de production, direction planifiée du système économique, etc. Mais est-ce là "la délicate essence du socialisme", tel que le défendaient notamment Proudhon, Fourier, Leroux puis Benoît Malon, Jean Jaurès, Marcel Mauss ou Eugène Fournière? Cet ouvrage se propose de réactualiser cette tradition politique aujourd'hui oubliée et sa sensibilité si singulière. Sa critique morale du capitalisme, son refus de réduire l'homme à un animal économique et l'économie au marché, ne sont-ils pas aujourd'hui d'une brûlante actualité? N'est-il pas temps également de réhabiliter, contre le seul matérialisme issu de Marx, un certain "idéalisme historique"? Plus encore, ce livre invite à redécouvrir combien la fascination pour l'État est étrangère à son inspiration la plus profonde. Économie solidaire, démocratie participative, ces expériences contemporaines sont à l'évidence les héritières de ce socialisme de l'association, résolument pluraliste et expérimental, pour qui la démocratie s'identifiait ultimement à l'"autogouvernement des citoyens associés". Socialisme moral, socialisme associationniste, mais aussi socialisme individualiste. Car son idéal n'était pas "la pâtée servie à tous par la mère Collectivité", mais au contraire l'émancipation de l'individu par la coopération, la réciprocité et l'échange. D'où sa passion pour l'égalité, irréductible à la seule apologie du mérite, et son invitation à lutter contre les misères et les vertiges de la concurrence pour faire tout autrement République.
De toute évidence, nous n'arriverons à rien si nous ne parvenons pas à faire croire, mondialement, en la possibilité d'un monde meilleur en donnant à voir, le plus concrètement possible, à quoi il pourrait ressembler. C'est d'abord le manque d'espoir qui nous voue tous à l'impuissance. Essayons donc de dessiner ensemble les contours de ce monde possible, un monde d'après dans lequel on pourrait convaincre un ouvrier italien, un paysan espagnol, un agriculteur du Sénégal, un habitant d'une favela de Rio ou d'un slum de Bombay, un employé égyptien, un médecin irakien, un étudiant chinois, mais aussi un chef d'entreprise français ou japonais, etc. qu'il se trouverait bien d'y vivre. Ce sont les contours d'un tel monde que ce numéro du MAUSS esquisse.
Ce numéro de la Revue du Mauss se propose d'interroger ce "retour" fracassant des thématiques identitaires et plus particulièrement les enjeux de ce qui est aujourd'hui nommé la "politique des identités" . Or celle-ci n'est-elle pas frappée d'un paradoxe constitutif ?
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...