L'amélioration des conditions de transport constitue sans aucun doute un des enjeux majeurs pour les pays en développement et spécialement les pays d'Afrique dont beaucoup sont parmi les plus pauvres du monde. Le présent ouvrage rassemble une partie des communications d'un colloque organisé les 23 et 24 septembre 2004 à l'université Paris VII Denis Diderot, par les équipes du SEDET (UMR CNRS 7 135) et de PRODIG (UMR CNRS 8 586) sur " le rôle du chemin de fer en Afrique ". Si le thème des transports a déjà donné lieu à une littérature abondante, la question en Afrique a fait l'objet d'analyses relativement limitées en nombre et le chemin de fer moins que d'autres. Par rapport à d'autres publications plus spécifiquement historiques, le présent ouvrage essaie de faire le point sur la situation actuelle et les évolutions récentes, marquées par la mise en place de politiques néo-libérales et les privatisations. A côté des textes de chercheurs, une place est faite aux acteurs, ingénieurs et opérateurs qui ont participé ou participent à la vie du rail en Afrique afin de donner un éventail de points de vue le plus large possible. Après une apogée durant la première moitié du XXe siècle, le chemin de fer a connu un déclin prononcé à partir des années 1980. Entré en crise dans de nombreux pays, il a subi les critiques des sociétés publiques dans le monde entier et de l'Etat rentier en Afrique subsaharienne, critiques qui ont présidé à de nombreuses privatisations. Quel est alors son avenir ? Un rôle nouveau est sans doute à envisager avec les difficultés croissantes de circulation et de congestion dans les grandes villes africaines marquées le plus souvent par un étalement spatial considérable. Et il faut rappeler que, dans un monde préoccupé par des questions d'environnement de plus en plus importantes, le train est un des moyens de transport les moins polluants. Autant qu'à un examen critique de la situation actuelle, c'est à une mise en perspective du chemin de fer en Afrique que veut contribuer cet ouvrage.
Les grandes villes des Suds se recomposent aujourd'hui dans leur tissu social, leur structure économique et leur organisation spatiale, en fonction de processus généraux liés à la mondialisation. Leurs mutations s'inscrivent dans un mouvement général de métropolisation engagé depuis les dernières décennies du XXe siècle. Pour autant, elles ne peuvent pas être assimilées aux seules logiques observées dans les pays du Nord. Les trajectoires historiques des métropoles, la brutalité de phénomènes comme l'explosion démographique des Suds depuis les années 1950 et les niveaux inégaux d'émergence économique atteints par leurs économies nationales leur donnent une réelle spécificité par rapport au Nord. Dans ce contexte, les périphéries métropolitaines sont le lieu de mutations particulièrement importantes et rapides qui renvoient à de multiples questions touchant à la fois à la production et à la structuration de l'aire urbaine, aux relations entre la métropole et son environnement immédiat, à la gestion d'espaces marqués par la rapidité des changements qui s'y opèrent et où les intérêts d'acteurs multiples entrent en jeu... Les contributions de cet ouvrage analysent ces évolutions à partir de l'étude des périphéries de six métropoles localisées dans plusieurs régions des Suds et engagées dans des trajectoires de développement distinctes : Abidjan, Hanoi, Le Cap, Lima, Mexico et Shanghai. Quatre problématiques traversent la réflexion menée sur les évolutions de ces métropoles : la division sociale de l'espace périurbain ; le rôle des réseaux d'infrastructure et des services associés dans l'aménagement et la différenciation des périphéries ; la recomposition des espaces à dominante rurale ; les modes de gouvernance urbaine et périurbaine. Les résultats restitués ici sont le fruit de recherches menées dans le cadre du projet ANR Périsud qui associait spécialistes des villes et/ou du monde rural, géographes et chercheurs d'autres disciplines (sociologues, anthropologues, urbanistes...), de France et des Suds, afin de croiser les regards sur ces espaces en mutations.
Qu'est-ce que la géographie du développement ? Une seule étude des pays dits "des Suds" ? Ou bien plutôt une approche théorique sur les mécanismes territoriaux du développement, ses processus, ses résultats socio-économiques ? Les nouveaux équilibres mondiaux comme les urgences sociales et environnementales nous invitent à repenser cette approche. Inverser le regard, penser autrement la globalisation, depuis les Suds, telle est l'ambition de cet ouvrage. Celui-ci se compose de quatre parties : après une première partie consacrée aux héritages du développement, il aborde les grands processus de la mondialisation des Suds, puis leurs dynamiques socio-spatiales internes. Il interroge enfin leur place dans le monde aujourd'hui, à travers une typologie inédite. Un ouvrage illustré de nombreuses cartes originales, de tableaux et d'exemples précis proposés sous forme d'encadrés.
La géographie agricole et rurale éclaire un certain nombre d'enjeux majeurs du monde contemporain comme l'accentuation des clivages Nord-Sud ou la gestion de l'environnement et des ressources dans des perspectives de développement durable ou d'étude des conséquences de la mondialisation Tout en familiarisant ses lecteurs avec les notions de base les démarches et les travaux de géographes cet ouvrage leur permettra d'analyser et de débattre de ces questions à partir de connaissances mieux assurées Destiné aux étudiants de premier cycle universitaire il est le fruit d'une étroite collaboration entre deux spécialistes l'un des campagnes du monde tropical l'autre de celles des latitudes tempérées Il a été conçu comme un "tout en un" associant six Chapitres de cours et six Dossiers de documents commentés pour les Travaux Dirigés Les chapitres présentent de façon synthétique et à l'échelle de la planète les relations complexes entre nature et agriculture les structures d'exploitation agricole les techniques de production et les techniques d'encadrement des agriculteurs ainsi que les relations villes-campagnes dans les pays du Nord et du Sud Les Dossiers portent sur l'évolution des agricultures et des campagnes dans des pays aussi divers que la France les Etats-Unis le Brésil la Roumanie ou la Côte d'Ivoire
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.