Le centre de documentation-bibliothèque du musée de la Révolution française à Vizille a le privilège de conserver les bibliothèques personnelles d'Albert Soboul, Jacques Godechot et Jean-René Suratteau. C'est pour rendre hommage à ces trois historiens de la Révolution française que se sont tenues à Vizille en septembre 2001 des journées d'études au cours desquelles une trentaine d'historiens ont revisité quelques-uns des domaines de recherche auxquels leurs éminents prédécesseurs ont consacré leurs travaux. Révolution française ou révolution occidentale ? Cette interrogation qui a suscité d'ardentes polémiques dans les années cinquante du XXe siècle, nourrit à l'heure actuelle des recherches diversifiées. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage des études portant sur l'histoire de l'Atlantique envisagée sous l'angle de la guerre navale et de ses conséquences économiques, de la politique coloniale de la France aux Caraïbes et de l'abolition de l'esclavage, des relations culturelles. La question de l'influence de la Révolution française sur l'éclosion des nationalités dans les espaces germanique, helvétique, italien et méditerranéen, est abordée par plusieurs auteurs : l'effacement du cosmopolitisme des Lumières devant le sentiment national, les transferts culturels, comme les interrogations sur le nouvel ordre européen en gestation, témoignent tout à la fois de l'acceptation de la Révolution et des réactions de rejet qu'elle suscite, antinomie bien illustrée par le cas de l'Helvétie, objet ici d'une particulière attention. Intitulée " La Révolution française : enjeux sociaux et choix politiques ", la troisième partie du livre apporte des contributions originales au vaste chantier des études sur les élections, ainsi que des analyses neuves portant sur les pratiques politiques, la République et la démocratie.
Résumé : " C'est à une réflexion interdisciplinaire, de droit interne comparé, et d'allure largement prospective que Mlle Chagny invite le lecteur. (...) La thèse s'attache à déconstruire pour reconstruire. Le travail de " déconstruction " mené à bien dans la première partie de l'étude consiste à soumettre à l'épreuve du droit positif deux idées communément admises, à savoir celle de l'autonomie du droit de la concurrence et celle de l'emprise de celui-ci sur le droit commun des obligations. En premier lieu, Mlle Chagny met en évidence le particularisme du droit de la concurrence. Elle montre cependant qu'en dépit de sa spécificité il ne constitue pas véritablement une discipline autonome. La démonstration de sa dépendance à l'égard du droit commun des obligations est opérée sur un double plan, substantiel et processuel, de sorte que l'ouvrage comporte également d'utiles développements consacrés aux aspects institutionnels français et communautaires. En second lieu, l'auteur ne nie pas l'immixtion du droit de la concurrence dans le droit commun des obligations, mais s'emploie à en prendre la mesure exacte. (...) Admettant que la prééminence du droit de la concurrence est justifiée par la préservation nécessaire du bon fonctionnement du marché dans l'intérêt général, l'auteur en déduit que cet impératif doit tracer les frontières de la discipline, sous peine d'une emprise excessive sur le droit commun des obligations et sur les volontés privées. L'analyse fouillée à laquelle procède l'auteur, à cette occasion, est des plus instructives. Prenant appui sur une documentation très complète, elle est précieuse pour les praticiens ; elle apporte également un éclairage nouveau sur nombre de questions, telles celle de l'interférence du trouble concurrentiel dans le droit de la responsabilité civile. (...) Mlle Chagny propose, dans la seconde partie de sa thèse, une " reconstruction " des relations qu'entretiennent le droit de la concurrence et le droit commun des obligations, en vue de renforcer leur complémentarité. A cette fin, elle suggère de répartir autrement les missions entre les deux droits et de développer les échanges mutuels. La redéfinition des frontières et des contenus respectifs des deux disciplines repose sur des convictions fortes : les atteintes portées à la liberté des agents économiques comme au droit commun des obligations doivent être limitées au strict nécessaire, autrement dit à ce que commande la sauvegarde de la libre concurrence dans l'intérêt général. Assurément créative, la démarche n'est pas dépourvue de réalisme : si l'auteur prône un retour au droit commun, cette orientation lui paraît indissociable d'un renouvellement du droit commun. (...) "
Les victimes de dommages concurrentiels risquent d être privées d indemnisation si certaines tendances prétoriennes et les difficultés pratiques actuelles se pérennisent. De la place occupée par la réparation des dommages concurrentiels dépend largement l efficacité du droit des pratiques anticoncurrentielles et du droit de la concurrence en général. Tel est le constat de Muriel Chagny et Bruno Deffains conduits à dépasser la seule analyse du droit positif pour explorer les pistes d évolution du droit ou d'adaptation de la pratique judiciaire et, en particulier, les voies de la transposition de la directive du 26 novembre 2014.Au croisement des droits de la concurrence, de la responsabilité civile et de la procédure civile, la réparation des dommages concurrentiels en France est, de surcroît, confrontée à la concurrence d autres systèmes de droit, invitant à intégrer à la réflexion des considérations liées à l attractivité du droit et du système judiciaire français. C est à partir d une approche normative, succédant une analyse critique du droit positif et s appuyant sur une analyse économique, que des préconisations sont avancées pour le droit de la concurrence dans son ensemble. Certaines d'entre elles pourraient même s appliquer plus largement à la réparation des dommages économiques et rejaillir sur le droit de la responsabilité civile et sur le droit de la procédure civile. La réflexion, éclairée par l économie du droit, s inscrit, tout à la fois, dans une perspective fondamentale et pratique. Elle est ainsi destinée aux avocats, magistrats, juristes d'entreprises, experts judiciaires et autres acteurs de la réparation des dommages concurrentiels. Muriel Chagny, professeur à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, dirige le master de droit de la concurrence et des contrats ainsi que le laboratoire de droit des affaires et nouvelles technologies (Dante).Bruno Deffains, professeur à l Université Panthéon-Assas - Paris II, membre de l'Institut universitaire de France, dirige le master de droit et économie et le centre de recherches en économie et droit (Cred).
Commentaires Connaissez-vous la théorie de l'engagement ? Les techniques de l'amorçage, du pied-dans-la-porte, de la porte-au-nez ? Sans doute mais pas sous les termes savants que leur donne la psychologie sociale expérimentale. Vous avez déjà subi la tactique qui consiste à vous demander un peu pour vous réclamer plus ou, au contraire, à vous demander d'abord trop pour vous faire accepter ensuite une proposition plus modeste. Vous n'êtes peut-être pas dupes de la pratique des appâts commerciaux mais il existe des techniques de vente ou de management plus subtiles qu'il peut être utile de connaître pour pouvoir mieux les déjouer. Celles qui sont examinées ici sont fondées sur le fait, établi expérimentalement, qu'un individu en situation de libre choix se sent engagé par sa décision, même si lui sont révélés aussitôt des inconvénients, parfois non négligeables, qui avaient été dissimulés au moment de la délibération. Le Petit Traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens, un ouvrage pour manipuler ou pour démasquer les manipulateurs ? Le lecteur jugera de l'ambiguïté du propos. Il ne regrettera pas, quoi qu'il en soit, d'avoir pris connaissance des procédés et de la prétendue "science" de ceux qui pensent qu'en dehors des relations de pouvoir, la ruse est la seule façon d'obtenir quelque chose d'autrui. --Emilio Balturi --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Oh, David, tu fais un boulot cool... tu te balades... tu glandes... Tu fais ta ronde ? T'es au boulot, là ? " Educateur de rue : voilà un métier mal connu, souvent mal jugé, et pourtant indispensable. A travers de nombreux entretiens, l'auteure effectue une analyse fine de ce métier atypique, spécialisé dans la prévention de la délinquance, mettant des mots sur ce qu'ils font, extrayant les compétences de leur pratique et tordant le cou aux idées reçues sur cette profession : loin des clichés classiques avec jugements à l'emporte-pièce, tout ici est décortiqué, déconstruit avec approfondissement. A partir des situations exposées et des témoignages retranscrits, l'auteur pose un regard psychosocial sur les phénomènes vécus dans la rue afin de mieux appréhender ce qui s'y joue. Cet ouvrage est avant tout une réflexion sur la méthodologie du travail de l'éducateur dans la rue et porte sur les savoir-faire, compétences et stratégies utilisés par ces professionnels de prévention spécialisée.