Jeux et enjeux de langues pour les jeunes de Mayotte
Cassagnaud Josy ; Laroussi Foued
PUBLIBOOK
32,55 €
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EAN :9782753901544
A Mayotte se côtoient divers groupes culturels et linguistiques, sur fond de syncrétisme animismo-musulman. On y trouve deux langues locales, le shimaoré et le shibushi. L'île a hérité d'un lourd passé colonial : alors qu'elle appartient à la France depuis plus de 150 ans, nombreux sont les obstacles socioculturels à l'apprentissage du français, langue du colonisateur, de l'enseignement, de l'administration et de l'insertion professionnelle. Sa forme a évolué. Il ne s'agit pas d'un français scolaire mais d'une forme d'alternance codique et de mélange avec les langues locales. Synonyme de modernité et de facilité, il est notamment utilisé dans les SMS. Tout en exerçant une grande attraction sur les jeunes, il est perçu comme une langue d'acculturation. Par ailleurs si le français est la langue dominante de par son statut sociopolitique, ces jeunes restent très attachés à leurs langues locales et sont inquiets de les voir disparaître au profit du seul français : à noter que l'introduction des langues locales, à l'école, est d'actualité. C'est dans ce contexte plurilingue et pluriculturel que s'inscrit le travail de Josy Cassagnaud. En actrice connaisseuse du terrain, l'auteure consacre cet ouvrage aux pratiques langagières et représentations de jeunes Mahorais des villages de brousse. Mais au-delà de cette étude des comportements langagiers, c'est toute la société mahoraise, dans sa mutation, son ballotage entre tradition et modernité et sa crainte de perdre son identité que Josy Cassagnaud tente d'analyser. Richement documenté, ce travail universitaire porte également sur le parler urbain, sa condition d'émergence et les comportements langagiers des adolescents mahorais en la matière.
Nombre de pages
649
Date de parution
11/05/2010
Poids
800g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782753901544
Auteur
Cassagnaud Josy ; Laroussi Foued
Editeur
PUBLIBOOK
Largeur
148
Date de parution
20100511
Nombre de pages
649,00 €
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L'éditorial de Thierry Goguel d'Allondans Les chroniques de Roger Dadoun, David Le Breton Le dossier : contributions de /Josy Cassagnaud / Erwan Rouzel / Monick Lebrun-Niesing / Philippe Hameau / Mohamed Dardour / Serge Botet Entretien avec Georges Balandier Les rubriques : Coup de gueule, Hors champs, Echos du terrain : L'événement pédagogique, Initiatiques, (Re)découvrir : Arnold van Gennep, l'homme des passages, Vu(es) d'ailleurs, Lu & Vu. Aujourd'hui, l'adolescence - construction sociale et culturelle de la deuxième moitié du XXe siècle - se déploie, entre enfance et adultité, comme un entre-deux aux contours flous et, pour le moins, élastiques. Comment grandir ? Comment honorer père et mère en les quittant ? Comment appréhender la découverte du monde et de l'amour ? Comment prendre son envol (autonomie) et ses nouvelles responsabilités (décision) ? Le dossier de ce trimestre appréhende différemment ce passage à l'âge d'Homme. Le banga des mahorais, bien que menacé par la modernité et ses politiques d'urbanisme, offre encore cet espace de formation progressive spécifique aux sociétés de la tradition. On y trouverait peut-être l'explication de l'engouement postmoderne pour le chamanisme vécu là comme une quête initiatique, mais, lorsque rien ne vient soutenir le passage, l'individu s'accroche à ce qui pourrait lui conférer une place honorable, une inscription sociale, une identité sexuée. Entre quête existentielle et évolutions sociétales, les chemins adolescents semblent désormais bien contrastés et, trop souvent, incertains.
Dans cet ouvrage, préfacé par Thierry Goguel d'Allondans, anthropologue à l'université de Strasbourg, Josy Cassagnaud dénonce les risques que court la culture mahoraise face à l'occidentalisation et à l'urbanisation en s'appuyant sur la forte relation entre l'organisation sociale et l'espace : en touchant au mode d'habiter, on touche à la structure de la société. L'ouvrage dénonce également la perte de repères pour les jeunes. À Mayotte les rites de banga, structurants et formateurs pour les jeunes Mahorais, sont appelés à disparaître. Aujourd'hui, le jeune connaît des conflits générationnels : s'il s'établit dans un banga, en claquant la porte de la maison familiale, il le fait en rupture avec ses parents entraînant délinquance et violence. Selon Durkheim, " chaque société considérée à un moment déterminé de son développement, a un système d'éducation qui s'impose aux individus avec une force généralement irréductible. Il est vain de croire que nous pouvons élever nos enfants comme nous le voulons. Il y a des coutumes auxquelles nous sommes tenus de nous conformer ; si nous y dérogeons, elles se vengent sur nos enfants. Ceux-ci, une fois adultes, ne se trouvent pas en état de vivre au milieu de leurs contemporains, avec lesquels ils ne sont pas en harmonie. " Dans le même état d'esprit, Pierre R. Dasen, de l'université de Genève, considère que la perte de rites de passage augmente la violence. Il souligne que " Les problèmes de comportement de l'adolescence sont produits par notre société. " Toutefois, les rites meurent-ils ou sont-ils remplacés par de nouveaux rites ? Le téléphone portable n'est-il pas un nouveau rite ? Elle vous invite à le découvrir...
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