Précisions est écrit intégralement à partir de matériaux prélevés dans les notes en bas de page de très nombreux livres. Benoît Casas y pratique une écriture-montage faite de sauts, de coupes, d'interruptions, de mises en rapport improbables, et fait ainsi livre du traitement de la chose apparemment la plus sèche, la plus académique, la plus anti-poétique : la note de bas de page. Livre-bibliothèque, Précisions se compose entièrement de fragments de notes réelles dont les sources et thèmes sont multiples, et certaines insistantes, comme le romantisme allemand, Mallarmé, la pensée présocratique, celle d'Aby Warburg ou de Walter Benjamin. Ces morceaux de notes sont agencés pour composer les 366 poèmes (selon le modèle pétrarquiste du Chansonnier) d'un livre-labyrinthe, où les annotations se suivent souvent sans rapport immédiat mais se répondent à distance, se croisent et tissent différents fils de signification. Ces multiples fragments peuvent être des détails de pensée, des remarques marginales, des éclats biographiques ou bibliographiques. On y trouve des courts-circuits spéculatifs, des éléments d'inconscient, des amorces de récits, des énigmes crées par l'absence des textes dont les notes sont issues. On s'y confronte à du nonsense, de l'imprévu, de l'humour, et des divagations. De ce montage d'extraits littéraux surgit un livre surprenant, véritable dédale, où l'érudition côtoie la « folie » caractéristique des précisions reléguées en bas de page, en marge des livres. Mais de cette suite de notes, numérotées en continu sur l'ensemble du livre, s'esquisse aussi une autobiographie en miettes, où s'atteste une pensée à la fois impersonnelle et subjective. Précisions est un poème critique, le lieu d'une pensée en fragments. Tout à la fois livre inclassable, livre des contradictions (koan zen ou traité anarchiste??, érudition ou dadaïsme??) et geste antiphilosophique. Peut-être propose-t-il avant tout : une expérience de lecture inédite. 635. Préciser. 636. Beaucoup, mais pas tout. 637. Idée que l'écrit revendique. 638. Formant le matériel moderne. 639. à défaut de créer.
Nombre de pages
384
Date de parution
11/01/2019
Poids
485g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782370840639
Titre
Précisions
Auteur
Casas Benoît
Editeur
NOUS
Largeur
150
Poids
485
Date de parution
20190111
Nombre de pages
384,00 €
Disponibilité
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Benoît Casas est né en 1969 à Caen. Lecteur et éditeur. A peint un unique tableau (le dernier tableau...). Ecrit de la poésie (D i.e: 7 séquences-livres (4 parues)). Parcourt l'Italie (Talia tour, en photos, tente d'en faire le tour). Pratique la lecture à voix haute, la conférence improvisée et la poésie/performance (Stanza).
Enquête sur la ville par mille éclats, voyage des voyages. Détails, parcours, captures, matière et sensations, couleurs, observations. Venise toute est un abécédaire sensible, expérience de regard et de marche, déambulation en tous lieux et à toutes les saisons. Venise de lumière et de boue, Venise de pierre et d'eau, Venise quotidienne. Un labyrinthe, un archipel, une énigme. Avez-vous déjà regardé le monde au travers d'un kaléidoscope ? Voilà le jeu subtil que nous propose Benoît Casas sur Venise. Venise toute est une joie. Enquête sur la ville par mille éclats, voyage des voyages. Détails, parcours, captures, matière et sensations, couleurs, observations. Venise toute est un abécédaire sensible, expérience de regard et de marche, déambulation en tous lieux et à toutes les saisons. C'est une exploration : on y rencontre une Venise de lumière et de boue, une Venise de pierre et d'eau, une Venise quotidienne : on y rencontre Venise. Un labyrinthe, un archipel, une énigme.
Pasolini Pier Paolo ; Chiesi Roberto ; Atzei Patri
La rage est un poème filmique en prose et en vers, un essai polémique mêlant radicalité et lyrisme. On y trouve le Pasolini le plus âpre et le plus clairvoyant. Traduit en français pour la première fois, La rage est le texte littéraire le plus explicitement politique de Pasolini. En interrogeant les événements et la société de son temps, avant l'avènement définitif de l'uniformisation, La rage éclaire aussi, d'une façon saisissante, notre temps. La joie de l'Américain qui se sent identique à un autre million d'Américains dans l'amour de la démocratie : voilà la maladie du monde futur ! Quand le monde classique sera épuisé - quand tous les paysans et les artisans seront morts - quand l'industrie aura rendu inarrêtable le cycle de la production et de la consommation - alors notre histoire prendra fin. La classe propriétaire de la richesse. Parvenue à une telle familiarité avec la richesse, qu'elle confond la nature et la richesse. Si perdue dans le monde de la richesse qu'elle confond l'histoire et la richesse. Si touchée par la grâce de la richesse qu'elle confond les lois et la richesse. Si adoucie par la richesse qu'elle attribue à Dieu l'idée de la richesse.
Dire cela est une traversée dans l'oeuvre de Robert Creeley, un nouveau choix de poèmes qui met en lumière tout un versant secret chez l'auteur américain. Les poèmes, dont certains n'avaient jamais été traduits en français, sont accompagnés d'entretiens inédits de l'auteur avec Jean Daive.
Dans un monde déclaré sans dehors, enfermé dans l'interconnexion généralisée, la philosophie ne peut apparaître que comme une hérésie. Parce qu'elle est dangereusement atopique - hantée par quelque chose de l'ordre d'un sans-lieu lui permettant ses déplacements improbables. Cette atopie n'est pas propre à la philosophie : elle constitue le coeur sombre et lointain de toute pensée, de toute parole, de toute existence. Nous aimons, nous créons, nous refusons, nous nous coalisons parce que nous sommes voués au dehors. Contre les pensées en termes d'objets, contre les géolocalisations identitaires assistées par ordinateur, contre un monde saturé d'immanence, ce livre propose un existentialisme radicalisé attentif aux désastres psychiques et écologiques qui ravagent le monde.