Pour justifier la longueur de la route, mon père m'avait expliqué qu'il fallait contourner la montagne, que nous allions perdre le sommet de vue, mais qu'il réapparaîtrait dans une clairière magique. Il ne me déplaisait pas de faire une route plus longue, pourvu qu'elle fût plus plate. Au bout d'un moment, il y eut même quelques pentes qui rendaient le sentier plus amène. Je doublais mon père, j'avais un penchant pour les passages qui tiraient vers le bas. Mais il me rappelait lorsque j'avais manqué de tourner sur le bon chemin, car la route, en réalité, montait. Devoir faire retour et remonter ma pente douce bras ballant m'accablait doublement de fatigue. Mais j'ai dû me résoudre à ce fait?: il est impossible pour un corps de gagner les hauteurs en descendant." Denis de Casabianca est enseignant de philosophie en classes préparatoires à Marseille, et fait des recherches sur l'histoire des sciences et des idées au XVIIIe siècle. La paresse est son indécrottable objet d'écriture.
Nombre de pages
176
Date de parution
19/12/2020
Poids
220g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782376720287
Titre
Est-ce par paresse ?
Auteur
Casabianca Denis de
Editeur
EOLIENNES
Largeur
135
Poids
220
Date de parution
20201219
Nombre de pages
176,00 €
Disponibilité
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La figure de Montesquieu est souvent convoquée pour valider nos certitudes politiques ; figure paternelle, rassurante, qui aurait posé les principes de la « séparation des pouvoirs », critiqué « l'esclavage des nègres », qui aurait défendu en homme des Lumières les valeurs constitutives de nos démocraties modernes.Mais De l'esprit des lois ne se laisse pas ainsi réduire à des « extraits » et à des images convenues. Montesquieu se frotte sans cesse à la diversité de la réalité sociale, son regard perçant et mobile interroge les préjugés, et c'est dans son exercice qu'il donne à penser. Ce petit commentaire veut encourager le lecteur qui s'efforce de lire « le livre entier », car bien lire De l'esprit des lois, c'est en acte se former à l'esprit des lois.
L'image d'un Montesquieu précurseur de la sociologie est convenue. La lecture des textes peu connus qui concernent la physiologie ou la médecine montrent un autre visage de l'auteur. Il faut voir comment ces essais en science sont mobilisés dans L'Esprit des lois pour comprendre ce qui se joue dans les métaphores renvoyant à la physique. Le regard que Montesquieu porte sur l es lois positives doit instruire le législateur, et doit permettre à chacun de bien juger des lois. Le génie artiste, qui sait composer son ?uvre, éclaire aussi le sens de l'?uvre législatrice, et le " dessein " de Montesquieu. Le plan de l'ouvrage apparaît lorsqu'on interroge sa forme, formatrice du sens de l'esprit.
Est-ce toi ? ce corps en retard et pénétrant, la voix sans prières pour trancher, qui s'avance à dessiner quelque part entre tous un signe lisible et qui demeure, dans toute sa fraîcheur, un visage ressemblant." Ce livre naît de la contemplation d'une fresque, dans une chapelle reculée de Corse. La silhouette d'un homme s'en détache, entièrement peinte de la couleur de son sang. C'est là le début d'un voyage, en une terre ancienne, où l'on marche longtemps après ceux qui ont y vécu et se sont perdus, à la recherche d'une couleur ou d'un visage, sur les traces dune enfance, à la poursuite d'un souvenir ou d'une illumination. Le dépouillement et la nudité du corps, comme rendu à son origine, inaccessible, la langue corse les dira ainsi : in cristu.