Consécration du désastre. Ou Le triomphe du Brésil
Carvalho Max de
CHANDEIGNE
12,00 €
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EAN :9782367321073
Le 8 juillet 2014, en demi-finale d'une coupe du monde que le Brésil organisait pour la seconde et, espérons-le pour lui, la dernière fois, l'équipe nationale est ridiculisée à Belo Horizonte par la Deutsche Mannschaft sur le score de 1-7. Ceux qui, par conviction propre, intérêt particulier ou encore paresse intellectuelle seraient tentés de ne voir dans ce résultat qu'une surprise sportive, se priveraient d'en recueillir les leçons et beautés en négligeant d'envisager celles-ci à la lumière d'une activité de l'esprit par laquelle, fût-ce dans l'obscurité, tout s'éclaire : la poésie. L'insigne insignifiance du sujet présumé de ce livre orchestre un ballet d'incompatibles intitulé Consécration du désastre, second volet d'Epinicie pour le pays des palmeraies (2014). On y retrouvera l'emblématique baron carioca Belle (Epoque Joào Baptista Vianna Drummond, escorté d'une suite de poètes comme lui trépassés, qui, entre deux vins, sept cieux et plusieurs temps, par une nuit de Walpurgis moderne, un Songe d'hiver austral, rhapsodieront en vers et prose les trente-six coutures d'une déroute infiniment plus vaste, plus universellement brésilienne en somme, qu'il n'y paraît.
Nombre de pages
100
Date de parution
19/03/2015
Poids
102g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782367321073
Titre
Consécration du désastre. Ou Le triomphe du Brésil
Auteur
Carvalho Max de
Editeur
CHANDEIGNE
Largeur
115
Poids
102
Date de parution
20150319
Nombre de pages
100,00 €
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La revue de Max de Carvalho, La Treizième, est placée sous l'égide de Nerval, l'auteur des Filles du feu et des Chimères. Sous leur apparente simplicité, les titres des livres de Carvalho sont marqués eux aussi d'une extrême étrangeté : Adresse de la multiplication des noms, Ode comme du fond d'une autre réalité, Enquête sur les domaines mouvants, et aujourd'hui, plus déconcertant encore : Les Degrés de l'incompréhension. Dans leur singularité, ces titres définissent un espace qui lui est propre : un espace où les mots sont incertains, où la réalité est chancelante, où les territoires sont mouvants, où l'intelligence se heurte à une croissante perplexité. Quand la quasi-totalité des écrivains se proposent de faire partager leur vérité sur le monde, sûrs de leur intelligence et de leur lucidité, Max de Carvalho n'a rien d'autre à offrir à ceux qui le liront que de descendre avec lui les degrés d'une perplexité sans cesse plus déroutante face à toutes choses : notre corps, les choses, la beauté, la souffrance, la mort. Car il est vain et malhonnête de vouloir se dissimuler l'incompréhension radicale que nous avons de tout cela. Les vérités dont nous essayons de nous convaincre ne sont que de piètres mensonges qui ne nous trompent que parce que nous le voulons bien. Parce que nous n'osons pas affronter l'obscurité en face. Lisons le premier poème de ce livre : « Sans quitter ta demeure/ ni les tiens tu partiras. / Sans t'éloigner tu connaîtras / l'éloignement, dans la plus / grande proximité l'exil, / la solitude en chaque chose / et sur toi ce regard. » Entrer dans l'incompréhension, c'est accepter une sorte d'exil par rapport au confort illusoire dans lequel nous sommes installés. La première partie a pour titre « Sélans », la seconde « Nous allons rompre le cercle ». Car c'est bien de cela qu'il s'agit : rompre le cercle magique qui nous tient enfermés dans une fausse évidence, dans une aliénation radicale. Et pour cela accepter sans peur de descendre les marches qui nous mènent à l'inintelligence, à l'ignorance, à l'inconnaissance. À la pauvreté d'esprit. Il y a dans la radicalité de cette démarche une parenté profonde avec la spiritualité du dadaïsme - et des écrivains du Grand Jeu : Daumal, Gilbert-Lecomte, qui en furent les véritables héritiers -, mais aussi avec la spiritualité franciscaine en ce qu'elle comporte d'exigence de pauvreté et d'humilité pour partager pleinement la fragilité de toutes les créatures. La dernière section de « Nous allons rompre le cercle » a pour titre « Le pouvoir d'apprivoisement du petit ». Et, certes, le sujet en est infime : une mouche, cette «mouche posée / sur la main qui / allait frapper ». Presque rien. Interchangeable : « Je tue toujours / la même / mouche». Mais de la vie, de la souffrance, de la beauté. « Comme elle tourne sur / elle-même avant / de mourir la mouche ! » Jusqu'à ce tout dernier poème, ultime « degré de l'incompréhension » : « la mouche que j'ai tuée / en sait à présent / plus long que moi ».
Après Enquête sur les domaines mouvants (2007) et Les Degrés de l'incompréhension (2014), Le Grand Veneur des âmes est le troisième livre de Max de Carvalho aux Editions Arfuyen. Il en avait auparavant publié deux : Adresse de la multiplication des noms (Obsidiane, 1997) et Ode comme du fond d'une autre réalité (L'Arrière-pays, 2007). Si la revue de Max de Carvalho, La Treizième, est placée sous l'égide de Nerval, les titres de ses livres, marqués d'étrangeté, définissent l'espace qui lui est propre : un espace où les mots sont incertains, où la réalité est chancelante, où les territoires sont mouvants, où l'intelligence se heurte à une croissante perplexité, où la mort est maîtresse du jeu. Ici deux grandes parties : Le canon des dissimilitudes et La frontière, aux titres d'emblée significatifs de séparation. Dans la première partie, des sous-titres eux aussi hautement suggestifs : " Scardanelli parle ", " Théâtre d'ombres ", " La rivière de vif-argent ", " Vieilles marines ", " Nescience ultime ", " L'adoration ténébreuse ", " L'ombre des biens à venir ". Dans la seconde, trois subdivisions : " L'été 14 ", " Août à l'office des petites heures ", " La frontière ". " Laisse-moi t'approcher, dit l'un des poèmes, / par-delà l'aigue morte / de cette vive mort dont / tu as le visage, trembler / sans dire un mot sur le / seuil de la porte, que / personne désormais / si je frappe n'ouvrira. " Ce poème, " Ma rue morte ", dit la blessure béante qui est au coeur de cette écriture.
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