Vive l'harmonie!" C'est le leitmotiv que gardiens et directeur tentent en vain d'ancrer dans la tête des "locataires" d'une prison, métaphore de la société actuelle et de son incommunicabilité. Au-delà de cette satire sociale enlevée, c'est une farce baroque à laquelle Carvalho nous convie. Les situations théâtrales drôles et efficaces s'enchaînent comme ce mystérieux code en morse que les prisonniers pensent envoyer à des voisins de cellule et qui donne des sueurs froides au directeur incapable de l'interpréter. Une galerie de personnages hauts en couleur parachève le tout: un directeur névrosé lâché par tous; son épouse qui joue les divas et voudrait plus de considération; la mère du directeur qui l'infantilise; une cohorte de gardiens tous plus incompétents les uns que les autres; des prisonniers poètes cherchant à fraterniser; des visiteuses de prison sensuelles... Une pièce drôle, dérangeante, surréaliste, menée tambour battant jusqu'à l'apothéose finale.
Nombre de pages
62
Date de parution
17/11/2005
Poids
100g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782842601973
Titre
Vive l'harmonie !
Auteur
Carvalho Mario de ; Piwnik Marie-Hélène
Editeur
THEATRALES
Largeur
151
Poids
100
Date de parution
20051117
Nombre de pages
62,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En pleine guerre de Sept Ans, le Marquis de Pombal exile à la frontière luso-espagnole le jeune comte de Froïs, trublion dont les frasques ont dépassé la mesure. Le petit-maître, nanti de son précepteur, un chapelain au tempérament chatouilleux, se retrouve ainsi à la tête d'une forteresse décatie. Au coeur de l'hiver peuplé de loups, quelles rébellions secrètes contre son passé, quelle passion hautaine du sacrifice poussent alors l'écervelé à se prendre pour un chef de guerre, retranché dans un bastion modèle, et à défier seul contre tous l'ennemi ? L'auteur laisse peser le suspense jusqu'au coup de théâtre final. Le roman, qui ne cesse de passer du sérieux à l'absurde, s'affirme comme une très étonnante subversion de la parodie.
C'est sous le regard sarcastique d'officiers anonymes que Mário de Carvalho inscrit la guerre et l'occupation coloniale à l'époque de Salazar dans un contexte à la fois dérisoire et tragique. Ces sous-lieutenants, jeunes sursitaires que leur qualité d' "intellectuels" situe dans l'opposition, sont comme les autres envoyés en Afrique, ou à Timor, pour y risquer leur vie loin d'un Portugal qui impose sa nostalgique présence en contrepoint d'un exotisme obsédant. Trois récits d'une cinglante ironie cristallisent autour de conflits individuels d'étranges destinées, la guerre n'étant finalement qu'un prétexte à d'autres haines, d'autres absurdités : celles qui opposent les êtres en tout temps et en tout lieu, les conduisant souvent à une démence meurtrière. S'impose ainsi une réalité au-delà de la réalité pour ces contes de la folie non ordinaire qui tiennent le lecteur en suspens dans la pure tradition de la nouvelle à chute.
Mário de Carvalho est décidément un maître de la subversion. Son dernier roman nous offre une satire réjouissante de notre société de fausses valeurs et de réputations usurpées, à travers un personnage de petite arriviste sans scrupules qui sévit dans les médias. Mais, outre qu'elle nous amuse énormément, elle n'est pas dénuée de charme - et de nous demander si nous n'aurions pas tous quelque chose d'Eduarda Galvao ? En tout cas les amours intéressées d'Eduarda la mènent au coeur du Parti communiste, et c'est l'occasion pour l'auteur de se pencher sur l'affligeante décadence - à moins qu'il ne s'agisse d'une évolution structurelle normale - de l'institution et de ses membres. Ce qui donne lieu à un bon nombre de scènes proprement hilarantes à travers les péripéties de l'existence d'un certain Joel Strosse, qui s'est mis dans la tête d'obtenir sa carte alors que tout le monde la rend. Le propos est sans doute plus sérieux qu'il n'y paraît et au bout du compte les militants décatis ne sont ni absous ni condamnés, comme s'ils appartenaient à cette génération désenchantée et victime des temps qu'affectionne Mário de Carvalho.
Les Berbères ont franchi les colonnes d'Hercule et se répandent dans la plaine d'Algarve. Comment Lucius Quincius, duumvir sous Marc-Aurèle à Tarcisis, au fin fond de la Lusitanie romaine, arrêtera-t-il l'envahisseur? La tâche ne lui sera pas aisée: il est en conflit avec la curie, hostile à la secte du poisson, alors que lui-même est inconsciemment épris d'une jeune patricienne convertie; il se heurte à l'ambition d'affranchis dont il ne pourra déjouer les man?uvres, à l'hypocrisie d'informateurs qui haïssent les chrétiens; et il a une haute conception des devoirs d'un Romain, comme l'amitié, la justice, le contrôle de soi. Saura-t-il rester équanime devant la trahison? Mário de Carvalho nous entraîne dans une fable dont la reconstruction historique est minutieuse alors que tout y est fictif. Lu réflexion sous-jacente sur le pouvoir et ses aléas, ou sur la subtilité des rapports entre les êtres, sont autant de signes d'intelligence au lecteur, séduit par l'écriture ironique, incisive, étincelante d'un des meilleurs prosateurs européens actuels.
Jérôme Laronze, paysan éleveur, résistant aux injonctions de traçage sanitaire de ses bêtes au nom d'une agriculture humaine, est abattu par un gendarme au neuvième jour de sa cavale. En neuf mouvements comme neuf étapes d'un oratorio imprécatoire, sa soeur prend la parole et, dans un souffle, érige telle Antigone un monument à ce frère dont elle dénonce la mort. Les Deux sont des soeurs, la grande et la petite, coincées dans leur village désindustrialisé, vouées à un destin de victimes par un déterminisme social contre lequel seule la petite semble décidée à se battre. Par de courtes scènes aux dialogues épurés et saillants comme des uppercuts, l'auteur plonge dans cette France périphérique oubliée. Avec ces deux textes très différents, Guillaume Cayet poursuit sa recherche d'un théâtre de résistance. Il offre une partition quasi musicale pour une actrice, mais aussi une large distribution pour des troupes. Un théâtre à lire et à jouer pour rester debout.