La décennie 1960 est une période d'intenses bouleversements dans l'histoire du cinéma japonais. Une nouvelle génération de cinéastes s'impose et se démarque des "grands maîtres" des années 1930 et 1950, tandis que les plateformes de production se diversifient et que les grands studios voient s'effriter leur monopole sur l'industrie des loisirs. L'heure est à la libération sexuelle, à la contestation politique, aux mouvements citoyens contre la pollution industrielle : climat libertaire propice aux irrévérences, dont le monde cinématographique se fait comptable à travers une série de scandales. Pourtant cette nouvelle et turbulente jeunesse du cinéma ne saurait s'envisager comme un simple phénomène démographique, malgré ce que le nouveau genre des "films sur la jeunesse" (seishun eiga) ou certains cinéastes dits "modernistes", tels Nakahira Kô, voudraient faire croire à la fin des années 1950. Pour d'autres, Oshima Nagisa, Yoshida Kijû ou Matsumoto Toshio, le renouvellement passe au contraire par une redéfinition du rôle du cinéaste et de la façon dont il "agit" le monde. Cette transition se constate d'autant mieux qu'on la rapporte au cinéma d'après-guerre, dont Imai, Naruse, Kurosawa développent des options esthétiques spécifiques, pour bâtir un espace-temps entropique, miné par l'angoisse. Mais l'accès du pays à la prospérité au tournant des années 1960, célébrée en grande pompe par les Jeux Olympiques de Tokyo de 1964, semble dissiper cette angoisse, entraînant les cinéastes de la nouvelle génération vers d'autres modèles théoriques et esthétiques, aptes à rendre compte de la nouvelle société de consommation et de communication de masse. C'est cette grande mutation qu'Evasion du Japon propose d'explorer.
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Nombre de pages
404
Date de parution
08/10/2015
Poids
510g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782350961125
Titre
Evasion du Japon. Cinéma japonais des années 1960
Auteur
Capel Mathieu
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
141
Poids
510
Date de parution
20151008
Nombre de pages
404,00 €
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Le 15 mars 1928, le Japon connaît une vague de répression sans précédent : 1 ? 600 sympathisants, militants et syndicalistes communistes sont arrêtés sans motif avéré. Tue à l'époque par la majorité des organes de presse, cette opération est menée par la police "spéciale" - ou politique - aux ordres d'un gouvernement conservateur qui, sous couvert de défendre le "corps de la nation" , préserve les intérêts des grands propriétaires du pays. Kobayashi Takiji travaille alors à Otaru, l'un des principaux théâtres de ces rafles. Témoin des événements, il en livre dans ce roman - le premier écrit de sa main - un récit poignant, marqué du sceau de la jeunesse et de l'urgence, et qui sera frappé par la censure. Dans ce récit-manifeste, précurseur du Bâteau-Usine, l'auteur multiplie les personnages et les points de vue. Il reconstitue ainsi la vision parcellaire de ce déferlement de violence propre à ceux qui, impuissants, n'ont pu que le subir. Dans un contexte où la question des violences policières fait retour partout dans le monde, ce classique de la littérature japonaise de l'entre-deux-guerres offre une perspective poignante sur ce que signifie faire l'expérience de la répression.
Les Trois Soeurs (version androïde) : Sur fond de crise économique dans une ville de province au Japon, autrefois florissante grâce à son centre de production électronique. Après la mort de leur père chercheur en robotique de pointe, les trois soeurs Fukazawa sont restées dans cette ville qui s'est peu à peu vidée, gardant encore l'espoir d'une nouvelle vie... Dans cette pièce pour androïde adaptée du chef-d'oeuvre d'Anton Tchekov, Oriza Hirata jette un regard âpre et lucide sur l'avenir du Japon. Sayônara (version 2) : Une androïde programmée pour réciter des poèmes à une jeune fille aux portes de la mort. Quel destin l'attend une fois qu'elle aura perdu sa raison d'être ?
Postures, mouvements, étirements, acupression... Le Do-In est une technique de bien-être très simple, pour soigner les petits maux (migraine, mal de dos, mais aussi fatigue ou tristesse) et faire de la prévention ! Originaire du Japon, le Do-In est basé sur des autopressions et s'appuie sur le principe de la circulation de l'énergie (Ki) dans lès méridiens. Gros avantage : il peut se pratiquer seul et à n'importe quel moment de la journée. Retrouvez : Le b.a.-ba du Do-In : ses origines, ses fondements, sa philosophie et 10 raisons de se lancer ; Le Do-In en pratique : la marche à suivre avant de pratiquer, les postures à adopter, les mouvements, le toucher, le lâcher-prise et la méditation : Des programmes à la carte selon les saisons ; Senior, étudiant, sportif, stressé: à chaque profil son point de massage personnalisé pour stimuler la mémoire et le cerveau, calmer la douleur, apaiser l'esprit et retrouver la sérénité ; Un abécédaire des maux : d'Allergie à Trac avec des exercices détaillés et clairs pour chaque trouble. Inclus : 150 photos pour bien visualiser les points et des exercices très simples à pratiquer.
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
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