Actes de la recherche en sciences sociales N° 214, septembre 2016 : Les structures contemporaines de
Camus Jérôme ; Garcia Sandrine ; Geay Bertrand
SEUIL
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EAN :9782021295641
Ce numéro vise à rendre compte d'un paradoxe. Alors même que la diversification des formes familiales a été légitimée par la loi, l'idéal de la famille de deux enfants est aujourd'hui largement partagé. Pour autant, les manières d'être parent font l'objet d'une multiplicité de normes, plus ou moins contradictoires, et ce dès l'annonce de "l'arrivée" de l'enfant. D'un côté, le "naturel" est sans cesse convoqué pour qualifier l'enfant à naître et pour inviter à traiter les "besoins" des corps. D'un autre côté, la surveillance et la médicalisation, depuis la grossesse jusqu'à la petite enfance, n'ont pas reculé, dans une alliance réinventée entre la médecine et la psychologie. Les articles proposés dans le numéro mettent en lumière la prégnance de ces normes sociales, variables par ailleurs selon la classe sociale et le sexe. Ils montrent également comment le genre intervient fortement à la fois dans la division sexuelle des rôles parentaux, consacrant toujours le rôle "maternel" des femmes, et dans le travail parental qui participe fortement à la socialisation genrée des enfants. Comme en attestent les enquêtes empiriques exposées dans le numéro, l'exercice de la fonction parentale est encadré par de nombreux dispositifs, dont l'objet s'est étendu depuis une quinzaine d'années sous l'égide d'une nouvelle catégorie de l'action publique : la "parentalité". En amont de la protection de l'enfance, mais aussi dans les politiques scolaires ou de prévention de la délinquance, le mot d'ordre de la "responsabilisation" des parents s'est imposé comme une nouvelle manière d'agir sur les pratiques parentales. Le numéro met ainsi au jour les conséquences potentiellement répressives de dispositifs de "soutien à la parentalité". Enfin, il rend compte des recherches existantes sur l'homoparentalité et de leurs usages dans les débats publics étasuniens.
Nombre de pages
107
Date de parution
01/09/2016
Poids
317g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782021295641
Titre
Actes de la recherche en sciences sociales N° 214, septembre 2016 : Les structures contemporaines de
ISBN
2021295648
Auteur
Camus Jérôme ; Garcia Sandrine ; Geay Bertrand
Editeur
SEUIL
Largeur
210
Poids
317
Date de parution
20160901
Nombre de pages
107,00 €
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Geay Bertrand ; Camus Jérôme ; Clément Pierre ; Hu
L'égalité des chances, la méritocratie et la mobilité sociale sont au coeur de l'idéal républicain : dans une République sociale, le statut des individus ne devrait dépendre ni de la naissance ni de l'héritage. Or, force est de constater que les mécanismes qui s'opposent à cette promesse et assurent la reproduction des positions sociales d'une génération à l'autre semblent plus puissants et plus agissants que jamais. C'est précisément à la déconstruction de ces mécanismes que ce livre entend contribuer en revenant sur les apports et l'actualité d'un ouvrage fondateur pour la sociologie en général et la sociologie de l'éducation en particulier : la reproduction de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. Publié six ans après Les Héritiers et deux ans après le vaste mouvement de révolte de 1968, il constitue l'un des ouvrages les plus marquants et les plus cités de ces auteurs. Il est en effet venu couronner tout un ensemble de recherches sur l'éducation et la culture et a été à l'origine de nombreux travaux ? venant en discuter les thèses ou en exploiter la portée empirique ? tout en constituant l'un des ouvrages les plus en phase avec certaines des avant-gardes politiques de cette période. En un sens, le livre a été victime de son succès. Sans toujours être lu et cité à bon escient, il est devenu une sorte de point de repère commode, convoqué à l'appui de tous les projets de dépassement d'une sociologie jugée trop déterministe. Ne cherchant ni à rendre hommage ni à régler des comptes, les autrices et auteurs réunis ici revisitent et actualisent, à partir de leurs propres travaux, les analyses de Bourdieu et Passeron pour proposer un panorama inédit sur la reproduction sociale à l'école et par l'école dans la France du 21e siècle. Réunissant les contributions d'une trentaine d'autrices et auteurs, français et étrangers, ce livre collectif s'organise en cinq parties. La première revient sur la genèse de La reproduction ainsi que sur sa réception et sa diffusion à l'étranger. La seconde prend à bras le corps la question des stratégies de reproduction des différentes classes sociales en mettant l'accent sur la place qu'y occupe l'école. La troisième propose quant à elle sur une sociologie politique des savoirs scolaires en rattachant, là encore, leurs transformations aux intérêts et aux stratégies de différents groupes sociaux. La quatrième partie réexamine alors cette question centrale de la sociologie de l'éducation à savoir les relations entre les pratiques pédagogiques et la re-production (ou la réduction) des inégalités. Enfin, la cinquième partie met au jour les mécanismes de sélection et de ségrégation à l'oeuvre dans le système d'enseignement contemporain.
Comment comprendre les transformations que connait aujourd'hui l'animation ? Quels en sont les enjeux pour les structures, pour celles et ceux qui sont, au quotidien, au contact des publics ? En mettant à disposition des travaux d'historiens, de sociologues, de chercheurs en sciences de l'éducation et en sciences politiques, ce livre éclaire le rôle social de l'animation moderne et l'inscrit dans les débats de société actuels. Sont ainsi abordés les différentes formes d'éducation et d'engagement, l'articulation entre militantisme et professionnalisme, ou encore le rôle que joue la socialisation par les loisirs, notamment sur la construction du genre. Ce livre s'adresse aux animateurs, aux travailleurs sociaux, aux professeurs des écoles, aux élus, aux chercheurs et à tous ceux qui s'intéressent à l'action éducative et sociale. Il a pour ambition d'apporter des clés de compréhension aux professionnel(le)s de l'animation qui affrontent, au quotidien, des questions aussi sensibles que méconnues.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...