On me demande souvent quelle première différence j'ai senti entre l'île et le continent, et bien, c'est celle-ci : le vent. Sur l'île, on ne s'en rend plus compte, mais il souffle presque tous les jours. Le vent ? Non, je devrais plutôt dire les vents, car il y en a plusieurs. Au mois de mars, il y a le grand vent du nord, celui qui dévale des montagnes, "Libecciu" dit-on ici. Faisant avancer avec vitesse les petits nuages blancs très bas dans l'air ; et, en rasant le sol, il plie asphodèles, ronces et arbousiers. Les plantes du sol se courbent : il est parfum et lumière pris ensemble. Brusque, il descend les rochers montagneux, emporte les pollens des mimosas, tourbillonne, et par rafales arrive ainsi jusque dans la ville. La dernière colline avant Calvi habite un petit cimetière, entouré de cyprès. Dominant les hauteurs de la ville, il est fait de minuscules tombeaux blancs et surplombe le golfe. Par ces jours de grand vent, on voit ainsi en premier se courber la cime des cyprès en haut de la colline, et on sait qu'il va souffler fort dans toute la ville.
Nombre de pages
50
Date de parution
28/07/2023
Poids
76g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9791028428013
Titre
Insulaires
Auteur
Camilli Coralie
Editeur
VERONE
Largeur
148
Poids
76
Date de parution
20230728
Nombre de pages
50,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En utilisant de première main les sources juives et les textes de la tradition hébraïque, ce livre affirme la différence fondamentale entre le messianisme et ce qui y est souvent assimilé, le millénarisme, la fin du monde, la téléologie, la théodicée et l'eschatologie. Cette distinction préliminaire, philosophiquement articulée, permet de mieux penser le lien entre le temps et la loi, c'est-à-dire finalement entre le politique et le religieux, et d'en dégager quelques significations majeures. En particulier, la sécularisation est ici envisagée sous deux rapports opposés et complémentaires, l'advenir du nouveau et le retour du même, la réparation et la répétition. Le livre éclaire par ailleurs la notion de loi du talion au regard de la rédemption messianique et propose une réflexion sur la relation qu'entretiennent la temporalité et la loi. Il se conclut sur une affirmation : la réalisation messianique ne peut finalement s'inscrire que dans l'éphémère et le messianisme ne peut s'entendre que dans l'instant et non dans la durée, dans l'imprévisibilité et non dans la linéarité.
La pratique des arts martiaux est une pensée. Elle est une manière de reconfigurer ce que nous croyons savoir à propos des évidences les plus élémentaires de notre existence : la vie, la mort, l'espace, le temps, la force, le corps. En pratiquant un art martial, ce ne sont pas seulement les gestes et les mouvements qui changent, mais la manière même de voir le monde, de le réfléchir. Et si ce que peut un corps consistait d'abord à résister à la tentation de la maîtrise ? Et si atteindre un niveau plus élevé de sophistication dans notre rapport à la force impliquait d'abord de l'abandonner ? Et si la puissance véritable était d'abord une impuissance ? Conviant les maîtres de l'aïkido autant que Bergson ou Wittgenstein, les grands poètes japonais autant que Spinoza ou Leibniz, Coralie Camilli propose dans ce court essai des réponses inattendues à ces questions. Nourrie de sa double expertise martiale et philosophique, elle restitue les arts du combat à leur horizon fondamental : celui de la sagesse.
S'agissant de proposer une interprétation de certains passages du Procès, celle-ci ne se présentera pas comme la seule possible, ou la seule véritable. Le Procès de Kafka est une oeuvre, qui, en tant que telle, peut donner lieu à une multiplicité de lectures : pourquoi vouloir en réduire la portée ? De même, nous ferons le pari de lire l'oeuvre indépendamment des intentions, toujours plus ou moins supposées d'ailleurs, de l'auteur. Il ne s'agira pas de discuter sur ce que Kafka a voulu dire, aurait souhaité affirmer, a peut-être voulu nous confier à demi-mot ; non, nous nous appuierons seulement sur ce qu'il a écrit. S'il est possible de s'éloigner à peine des interprétations déjà existantes du Procès, nous espérons le faire en nous appuyant principalement sur la tradition juive, et sur les interrogations philosophiques qu'elle soulève, notamment ici concernant le rapport qu'entretient l'individu accusé avec la Loi. Nous tenterons, quant à nous, de l'interpréter au regard du droit hébraïque. Nous lirons donc le récit du Procès de Joseph K. comme on lit certains textes bibliques dans la tradition talmudique : en se demandant " qu'est-ce qui est écrit ? " et, " quel sens peut-on en tirer ? ", sachant bien que la position que l'on adoptera, ou la thèse que l'on défendra, n'épuisera pas toutes les ressources du texte, qui peut être lu, ? et tourné et retourné ? dans de nombreux sens. L'auteur énonce alors d'emblée son hypothèse centrale : oui, le Joseph K. du Procès est coupable, mais sa faute ne précède pas le procès. Le procès est comme un acte performatif : la faute se constitue avec lui. C'est par le procès qu'il se rend coupable de quelque chose, c'est aussi par le procès qu'il aurait pu s'innocenter. Pour Joseph K., le procès était à la fois l'occasion de sa faute, comme l'occasion de sa rédemption. C'est ce qu'il manquera. Aussi, ce n'est pas parce que Joseph. K est coupable qu'il a un procès, c'est bien plutôt parce qu'il a un procès qu'il va devenir coupable.
Découvrez dans La fin des médecins, une enquête sociologique poignante, où Jean-Pierre Gicquel, infirmier et sociologue, dévoile les dessous d'un système de santé en mutation. À travers le combat de sa soeur contre les méandres de l'Assurance Maladie, il met en lumière les intrications complexes entre médecine, assurances et industrie pharmaceutique. La crise du COVID-19 n'a fait qu'exacerber cette réalité : la médecine est devenue une industrie guidée par des logiques assurantielles, où le calcul des risques l'emporte sur l'humain. Les médecins, autrefois prescripteurs, sont désormais éclipsés par les acteurs de la production et de la distribution des soins. Face à cette déshumanisation, l'auteur nous invite à repenser la relation soignant-soigné, à réaffirmer notre autonomie et à forger une alliance solide contre la maladie. Un plaidoyer pour une santé consciente et émancipée, destiné à un public averti, en quête de sens et de contrôle sur son bien-être. L'auteur, infirmier diplômé d'État avec une expérience en CHU et en soins psychiatriques, est aussi détenteur d'un DEA en Sociologie de la Santé de l'Université de Rennes II. Il a publié La Médecine, un mode de production industriel aux éditions Prophylaxies en 2021, alliant son expertise médicale et sociologique.