Idoles gothiques. Idéologie et fabrication des images dans l'art médiéval
Camille Michael ; Boucheron Patrick ; Bonne Béatri
MACULA
45,00 €
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EAN :9782865891498
Le livre de Michael Camille examine les représentations du culte des idoles au Moyen Age. L'Auteur dévoile le fondement idéologique des oeuvres chrétiennes (peintures, statues, enluminures) qui décrivaient l'adoration des faux dieux aux XIII et XIVe siècles. En montrant que la critique des images idolâtres visait indirectement tous ceux que l'Eglise condamnait - païens, musulmans, juifs, hérétiques, homosexuels - Michael Camille met en évidence la façon dont la société médiévale envisageait à la fois l'autre et elle-même. Il associe la condamnation des images d'idolâtrie à la prolifération figurative propre à l'âge gothique, en un temps où les églises abondaient en reliques miraculeuses, statues et autres oeuvres "réalistes" . Les autorités ecclésiastiques se servirent de la notion d'idolâtrie pour combattre certains changements sociaux parmi les plus complexes de la période, en particulier ceux qui résultaient de la sécularisation croissante de la société. L'auteur étudie l'usage des images sacrées par le pouvoir royal. Il analyse les conventions de l'amour courtois dans lesquelles les femmes étaient idéalisées comme des objets de désir inaccessibles et simultanément dénigrées par l'Eglise comme créatures perverses. En s'efforçant de donner vie à l'image gothique, Michael Camille montre le bon usage qu'on peut faire des images pour explorer les attitudes et les croyances d'une société. Cet ouvrage est le quatrième titre de la collection "Anamnèse. Médiéval/Contemporain" , dirigée par Zrinka Stahuljak, qui entend montrer "ce que le Moyen Age fait surgir dans le contemporain, ce que le contemporain fait surgir du Moyen Age" . La postface de Patrick Boucheron permet de situer justement la place du chercheur, Michael Camille, à l'époque de la publication de ce texte comme dans la recherche actuelle. Elle rend magnifiquement compte de l'actualité du texte de Camille sur la complexité de vivre avec cet "Autre" - dans la société médiévale comme dans notre époque actuelle.
Nombre de pages
536
Date de parution
20/10/2023
Poids
944g
Largeur
161mm
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EAN
9782865891498
Titre
Idoles gothiques. Idéologie et fabrication des images dans l'art médiéval
Auteur
Camille Michael ; Boucheron Patrick ; Bonne Béatri
Editeur
MACULA
Largeur
161
Poids
944
Date de parution
20231020
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536,00 €
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Que peuvent-ils bien signifier, tous ces singes lascifs, ces dragons qui se dévorent la queue, ces singes musiciens qui jouent de la harpe, ces prêtres qui se baisent le cul et tous ces jongleurs qui font la culbute sur les corniches des églises et dans les marges des manuscrits enluminés ? Michael Camille explore l'envers du monde sacré qui s'exhibe dans les marges, où trop souvent n'ont été vues que de simples décorations ou des fantaisies dépourvues de sens. Il montre que la puissance d'innovation des images de cette époque se manifeste moins dans le centre, dominé par les conventions, que dans les marges, qui exaltent la résistance aux contraintes de la société. Les imagiers du Moyen Age se sont passionnés pour l'envers du décor, pour les exclus et les bannis. Paysans, serfs, prostituées, mendiants, tous ont trouvé place, autant que les chevaliers et les clercs, dans les bouffonneries obscènes des marges des livres de prières ou parmi les gargouilles qui semblent prendre plaisir à cracher du haut des églises. Ce livre nous aide à comprendre le rôle de la marginalité dans le fonctionnement de la société et ses représentations, et pourquoi l'art, à certaines époques, se charge d'une puissance de scandale et de subversion qui n'a pas fini de nous surprendre.
Jusqu'à la restauration de Notre-Dame de Paris par Viollet-le-Duc, qui s'étendit de 1845 à 1864, on parlait de gargouilles: elles évacuaient l'eau. Fasciné par Victor Hugo, l'architecte réinventa la cathédrale, y installant cinquante-quatre statues de "chimères" sans aucune destination pratique. Pour le monde entier, elles devinrent les "gargouilles de Notre-Dame". Viollet-le-Duc imposait ainsi son Moyen Age, celui du XIXe siècle - une reconstruction du passé comme fantasme au lendemain de la Révolution française et de la Restauration. Ce médiévalisme populaire, national, communal sera l'un des enjeux de l'identité européenne et occidentale. Les chimères-gargouilles de Viollet-le-Duc en sont la plus écrasante manifestation: un rêve gothique - au sens qui devint celui du gothic anglo-saxon. Du balcon de la cathédrale (le meilleur point de vue sur Paris, en l'absence d'une tour Eiffel encore à venir), les gargouilles regardent la ville que l'urbanisme d'Haussmann rend monstrueuse. Et la ville, d'en bas, regarde les gargouilles, ces fleurs du Mal. Le temps des créatures bestiales commence: celui des monstres de la modernité qui, de Baudelaire jusqu'à Walter Benjamin, se déploient dans la capitale française. La promenade au long de la terrasse nous fait croiser, sous l'alibi d'un masque médiéval, la phobie du Juif, les maladies vénériennes, les prostituées, les crétins dégénérés, les singes, les monstres préhistoriques, les invertis... A travers ces artefacts, la cathédrale restaurée (si peu médiévale) révèle les peurs, les comportements et les obsessions que le siècle de Viollet-le-Duc nous laissa en héritage: la violence politique, l'antisémitisme, le racisme, la crainte des maladies sexuelles, l'homophobie, l'eugénisme, l'évolution, les classes dangereuses. Il est temps de redécouvrir l'histoire de ce bestiaire fantastique. Elle hante aujourd'hui encore la fantasy, la Toile, l'imaginaire des mutants et notre inconscient collectif.
Sous l'histoire, la mémoire et l'oubli. Sous la mémoire et l'oubli, la vie. Mais écrire la vie est Une autre histoire. Inachèvement. " Placées en conclusion de son dernier grand livre, ces quelques lignes expriment bien la tension qui traverse toute l'oeuvre de Paul Ricoeur : une recherche du fondamental qui jamais ne s'achève dans l'exhibition d'une origine. Si, par exemple, la "vie" peut être dite à la source de toute pensée et de tout agir, c'est seule-ment en tant qu'elle est déjà articulée dans un langage (une "histoire") qui, à son tour, appellera une interprétation. Entre les choses et ce que nous disons d'elles, il existe un écart qui contredit la tentation idéaliste, mais qui ne peut être directement mesuré depuis les choses mêmes. Abandonnant, dès le commencement de son itinéraire intellectuel, tout espoir dans une intuition de soi par soi, Ricoeur a multiplié les détours, mis à l'épreuve les méthodes, découvert de nouvelles apories ? comme si 1"< inachèvement" était l'horizon indépassable d'une pensée qui refuse de se placer sous l'arbitraire d'un unique principe. Les textes présents dans ce volume voudraient donner un aperçu du spectre large des thèmes que Ricoeur a parcourus dans son oeuvre, privilégiant chaque fois la "voie longue" et s'exerçant dans plus d'une tradition. Mais, qu'il soit question de son dialogue avec les autres philosophies (ici, celles de Platon, Aristote, Gabriel Marcel, Husserl, Merleau-Ponty) ou des différents champs de compétence investis (phénoménologie, herméneutique, éthique, politique, théologie, etc.), il s'agit toujours de souligner un certain style d'écriture et de pensée qui lui revient en propre, et se reconnaît dans un art maîtrisé de la confrontation et une constante réflexion d'ordre méthodologique sur les limites de la philosophie. Ne pas craindre le conflit, aller même au devant, travailler aux frontières, éprouver la philosophie par ce qui vient la contester du dehors : loin de l'affaiblir, c'est là révéler et renforcer l'affirmation originaire d'être, jamais démentie, qui se retrouve dans toute l'oeuvre de Ricoeur ? laquelle prend le pari d'obtenir par cette traversée une meilleure compréhension de soi et du monde. C'est à cette exigence dans l'acte de philosopher, incarnée par Ricoeur, qu'a d'abord cherché à s'élever chacune des contributions ici offertes. Michaël Foessel et Camille Riquier
Au cours de ces dernières années, l'Europe a été au centre d'événements socio-politiques qui ont dangereusement ravivé les spectres du « Vieux Continent », faisant ressortir une multiplicité de tensions qui remettent en question, une fois de plus, la dimension historique, géographique et administrative de cet espace aux multiples définitions. Le numéro 21 de Studiolo invite à actualiser la réflexion critique sur l'Europe dans les arts, en favorisant un dialogue transdisciplinaire ainsi qu'en privilégiant des lectures qui soulignent le caractère complexe et contradictoire d'un espace et d'un imaginaire en perpétuelle transformation. Studiolo est une revue annuelle d'histoire de l'art dédiée à la production artistique et la circulation des images entre l'Italie, la France, l'Europe et le Monde, de la Renaissance à nos jours. Elle constitue un espace ouvert aux recherches les plus actuelles qui occupent toutes les disciplines de l'histoire de l'art, tant dans ses objets que dans ses méthodes. Chaque livraison de la revue comporte un dossier thématique, des varia, une rubrique regards critiques consacrée à l'historiographie et, dans la rubrique histoire de l'art à la Villa Médicis, une actualité des activités du département d'histoire de l'art et des chantiers de restauration de l'Académie de France à Rome ? Villa Médicis. Enfin champ libre ouvre ses pages aux pensionnaires artistes de l'année en cours. Précédents numéros coédités avec les Éditions Macula : no 17, 2020-2021, dossier « Raphaël/Raffaello » no 18, 2021-2022, dossier « Indétermination » no 19, 2023-2024, dossier « La vie des oeuvres » no 20, 2025-2026, dossier « Atlas. Soutenir, soutenable »