Alors que l'Europe s'apprête à franchir le seuil de l'unité politique et économique, elle se trouve en proie à des forces contraires, centrifuges, et à toutes sortes de résistances ; théoriques et pratiques, comme si le signe de son unité consistait avant tout en ce sentiment aigu de crise. Depuis les guerres médiques, alors qu'elle apparaît dans la conscience hellénique, l'Europe est instable dans ses frontières, inquiète en son coeur, incertaine quant à son destin. Elle procède par décisions successives, s'interrogeant toujours à la "croisée des chemins". Et c'est aux différents "lieux" de cette interrogation ininterrompue, mer et terre, guerre et paix, Orient et Occident, loi et déracinement, qu'est consacré ce livre, où il apparaît que la tentative de réduire cette tension entre les contraires, la volonté de les forcer à un accord est à l'origine de la violence qui se déchaîne à l'intérieur même de l'Europe. Alors que la seule voie salutaire pourrait être celle qui consiste à maintenir ce qui se donne comme parfaitement singulier, comme parfaitement distinct. Cacciari fait dialoguer ici l'antique sagesse tragique avec le réalisme politique du Moderne, Machiavel avec Carl Schmitt, la République de Platon avec Augustin et Nicolas de Cues, la Venise sauvée de Simone Weil avec "le dieu ultime" de Martin Heidegger. Autant de voix également en discussion, comme celles des trois sages du grand dialogue de Raymond Lulle ; mais portant témoignage de l'Occident de l'Europe, de ses "déclinaisons" qui peuvent se révéler comme les promesses d'une "conjecture de paix", d'une patrie absente.
Nombre de pages
174
Date de parution
01/11/1998
Poids
250g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782841620036
Titre
Déclinaisons de l'Europe
Auteur
Cacciari Massimo ; Valensi Michel
Editeur
ECLAT
Largeur
150
Poids
250
Date de parution
19981101
Nombre de pages
174,00 €
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En France on connaît Massimo Cacciari comme le philosophe spécialisé dans la nature des anges, le penseur de la question européenne, le librettiste de musique contemporaine, sinon le maire de Venise ou le député européen issu de la gauche radicale. On ignore un peu plus le penseur avisé de l'esthétique des cent dernières années. Dans le sillage des modernes issus de Nietzsche, il interroge l'art depuis Schopenhauer jusqu'à aujourd'hui à l'aide des catégories de vérité, de mensonge, d'illusion, de miroir, d'ironie ou de provocation. Activée à partir des grandes figures de la modernité artistique - de Richard Wagner à Luigi Nono via Marcel Duchamp -, l'analyse de Massimo Cacciari inscrit l'art du XXe siècle à sa place : dans la plus pure des traditions classiques malgré l'apparent chaos ou les nombreuses ruptures fondatrices et constitutives de son histoire.
L'idée d'un univers compris comme un réseau composé d'une infinité de fibres, innervé par une trame de rapports imperceptiblement proches l'un de l'autre mais que nul n'a tissée, modèle universel sans Créateur, Législateur ou Esprit qui le régule, mais organisme qui opère selon un ordre propre, que nul ne lui dicte", tel est le motif final de ce livre dans lequel Massimo Cacciari, à partir d'oeuvres contemporaines, situées dans des domaines différents, mais toutes constitutives de la modernité (Schmitt, Rosenzweig, Kafka, Klee, Malevitch, Mondrian, Schoenberg...), cherche à repérer les transformations du rapport à la Loi et les décisions à travers lesquelles elle ne cesse, comme l'Icône qui la joue, d'être une figure centrale, sans terre qui la rassemble. Il s'agit là d'une oeuvre capitale de l'auteur de l'Ange nécessaire, paru dans la même collection.
Benjamin Walter ; Scholem Gershom ; Adorno Theodor
Les deux volumes de la correspondance de Walter Benjamin, édités en 1966 et préfacés par Gershom Scholem et Theodor W. Adorno, proposent un choix de plus de 300 lettres, écrites entre 1910 et 1940. L'édition française a paru pour la première fois en 1978. La traduction avait été réalisée par Guy Petitdemange qui clôturait le volume par une courte postface intitulée « Treize facettes de Walter Benjamin au fil de ses lettres». L'ensemble a été révisé et mis à jour pour notre édition par Pierre Rusch, qui comprend un corpus de lettres de 1913 à Ludwig Strauss sur la question du sionisme, qui a été retrouvé après la première édition allemande et n'a pu être intégré dans les éditions successives.Même si cette édition est incomplète par rapport à la grande édition allemande en six volumes établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz (Suhrkamp, 1996), elle a le mérite d'avoir été éditée par deux proches amis de Benjamin, et leurs notes témoignent de cette amitié aussi fidèle que compliquée et de «l'exceptionnelle aisance dans le genre épistolaire qui lui était comme naturelle» écrit Scholem. Elle éclaire en tout cas suffisamment et d'un jour nouveau l??uvre de Benjamin qui a marqué durablement la pensée du 20e siècle et est chaque jour redécouverte par une nouvelle génération de lecteurs et d'exégètes. La liste des correspondants donne bien la mesure de son importance: outre les deux éditeurs, dont plusieurs lettres sont également reproduites, on trouve Hannah Arendt, Hugo von Hoffmansthal, Bertolt Brecht, Max Horkeimer, Martin Buber, Adrienne Monnier, Rainer Maria Rilke etc. Toute la pensée du 20e siècle est là, avec son cortège de drames et d'espérances.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.