Fortuna. Usages politiques d'une allégorie morale à la Renaissance
Buttay-Jutier Florence ; Crouzet Denis
SUP
36,00 €
Épuisé
EAN :9782840505488
Comment légitimer la victoire des armes ? Comment comprendre l'ascension ou la déchéance de certains hommes ? Comment choisir au milieu de la pluralité des possibles ? Fortuna est partout présente à la Renaissance pour décrire et juger les mouvements de l'histoire individuelle et collective. Ce livre propose l'étude des usages d'une figure de rhétorique, d'une image de mémoire extraordinairement plastique. Il ne considère pas la fortune comme un concept, mais comme une banalité des langages politiques et des représentations sociales. Loin d'être éternelles, les banalités tissent dans le temps la toile des appréciations et des justifications partagées qui impose le cadre dans lequel se meuvent les acteurs. En Italie et en France, des décors des fêtes publiques à la littérature pédagogique ou historiographique, en passant par les diverses formes d'écriture du soi, l'imaginaire politique et social travaille sur une Fortuna qui rend compte à la fois d'une nouvelle appréhension du temps, le temps des occasions, et d'un intérêt pour les ascensions échappant aux logiques humaines, notamment dynastiques. Le succès de l'iconographie renaissante de l'allégorie apparaît ainsi comme inséparable d'une légitimité d'élection, élection divine sanctionnée par un nécessaire consensus. Versant oublié du thème impérial, Fortuna invite à en reconsidérer la signification pour les princes de la Renaissance.
Nombre de pages
556
Date de parution
21/02/2008
Poids
982g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782840505488
Titre
Fortuna. Usages politiques d'une allégorie morale à la Renaissance
Auteur
Buttay-Jutier Florence ; Crouzet Denis
Editeur
SUP
Largeur
160
Poids
982
Date de parution
20080221
Nombre de pages
556,00 €
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Ce livre s'interroge sur les techniques de mobilisation de la jeunesse pendant les guerres de Religion et sur leur efficacité. On sait que les enfants ont été impliqués dans les violences pour contribuer à la justification des actes des adultes. Mais on s'est peu intéressé à l'école durant ces conflits. Comment enseigne-t-on pendant les guerres de Religion ? Comment la pédagogie est-elle mise au service de la mobilisation de la jeunesse ? Un ensemble de documents exceptionnels, des recueils de compositions des élèves du collège des jésuites à Paris, datant des années 1590 et 1592, permet de suivre une tentative d'inscrire durablement dans la mémoire des jeunes catholiques les motifs de la détestation de l'ennemi, afin de former de futurs acteurs intransigeants du monde. Ces exercices ont fait l'objet d'expositions ouvertes au public et accompagnées de performances musicales et théâtrales. On y retrouve les efforts des jésuites pour convertir la culture humaniste, dans ses formes les plus séduisantes, en armes de combat pour la foi. Mais on y voit aussi les échos d'une vaste circulation de textes et d'images polémiques, que les partis - protestants, catholiques ou "politiques" - s'échangent et adaptent au gré des besoins. Pour apprendre à reconnaître et à haïr l'ennemi, intérieur et extérieur, les enfants sont invités à composer devinettes, emblèmes et hiéroglyphes. Le patient travail de chiffrement et déchiffrement fonctionne comme un exercice de méditation sur les motifs de la haine. Le pouvoir des énigmes est donc moins de convaincre d'éventuels contradicteurs que de dessiner une communauté et de renforcer l'identité politique et religieuse des enfants qui les composent. Alors qu'après la victoire d'Henri IV, les ennemis des jésuites ont vivement dénoncé leur enseignement pernicieux, que peut-on dire de l'efficacité de cette pédagogie ? En suivant le destin d'un certain nombre d'élèves, et en tentant des rapprochements avec des situations plus contemporaines, on cherche à comprendre ce qui reste d'une éducation militante.
Lorsque Mary MacKillop a été canonisée en octobre 2010, la presse de Sydney s'est félicitée de cette première sainte : il manquait un saint à l'Australie pour être une véritable nation. Ce très récent exemple, dans un pays où le catholicisme n'est pas majoritaire, montre la force et la persistance étonnante des rapports entre politique et sainteté. C'est cette idée de "saint d'État", paradoxale et, dans une certaine mesure, provocatrice, qu'ont été invités à soumettre à leur grille d'analyse les historiens qui ont participé à ce livre : il s'agissait d'interroger l'appropriation et la production de figures de sainteté par les États dans l'Europe tridentine en transcendant les frontières confessionnelles. Partant de la redéfinition de la sainteté au temps du concile de Trente, cet ouvrage souligne à quel point les enjeux théologiques et politiques s'entremêlent. La réflexion porte à la fois sur les fonctions des saints, sur les autorités capables de reconnaître les signes de l'élection divine, mais aussi sur la portée des modèles et des figures de la sainteté. En effet, s'impose le constat que, malgré les divergences et quelles que soient les spécificités des conceptions de la sainteté, la dimension universelle du saint est partout renforcée. Ainsi, les patronages étatiques sont choisis plutôt dans le panthéon de l'Église universelle que dans les figures locales ou nationales. Cependant, cet universalisme est davantage porté par les États quitte, dans le monde catholique, à contester les règles fixées par Rome ou à s'en jouer. Au temps du concile de Trente, la communauté des sujets doit être plus que jamais une communauté de fidèles, mais dont l'État et, surtout, les princes tendent à assumer davantage le rôle de guide spirituel face à la "monarchie pontificale".
Les aventures rocambolesques de Giorgio del Giglio, érudit toscan du XVIe siècle, qui, capturé par des pirates barbaresques, renia par deux fois la religion chrétienne pour embrasser la foi musulmane. Il vécut dix ans auprès du Grand Turc, où il servit d'espion au grand-duc de Toscane. Il exposa ses idées religieuses et sa conception de la tolérance dans deux manuscrits, qui tiennent à la fois de l'autobiographie, du récit de voyage, de l'encyclopédie et de la cosmographie. Un parcours singulier et exceptionnel qui n'est pas sans rappeler celui du Léon l'Africain de Natalie Zemon Davis.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Ce livre est une monographie du Journal de Salonique, publié dans la ville, alors ottomane, dont il porte le nom, entre 1895 et 1911. Il cherche à mettre en lumière, au sein de la presse juive de l'époque, la spécificité de ce périodique sépharade en langue française publié par et pour l'élite bourgeoise et commerçante de la ville, ainsi que son rôle dans la société salonicienne alors en pleine transformation. Le contexte de cette publication est en effet marqué par la modernisation de la société juive ottomane, mais aussi par les transformations politiques de l'Empire dans lequel elle s'inscrit. Face aux défis que représentent l'occidentalisation, le développement du sionisme et la montée des nationalismes dans les Balkans, le journal se fait à la fois miroir et acteur de la communauté en difficulté, proposant une redéfinition de l'identité juive, ottomane et salonicienne. Cette étude analyse le contenu du journal pendant ses quinze années de publication. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques " mineures " du périodique (chroniques mondaines, feuilletons, publicités) ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l'avenir de leur communauté.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.