PEINDRE EN LEUR AME DES FANTOMES - IMAGE ET EDUCATION MILITANTE PENDANT LES GUERRES DE RELIGION
BUTTAY FLORENCE
PU RENNES
28,01 €
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EAN :9782753565289
Ce livre s'interroge sur les techniques de mobilisation de la jeunesse pendant les guerres de Religion et sur leur efficacité. On sait que les enfants ont été impliqués dans les violences pour contribuer à la justification des actes des adultes. Mais on s'est peu intéressé à l'école durant ces conflits. Comment enseigne-t-on pendant les guerres de Religion ? Comment la pédagogie est-elle mise au service de la mobilisation de la jeunesse ? Un ensemble de documents exceptionnels, des recueils de compositions des élèves du collège des jésuites à Paris, datant des années 1590 et 1592, permet de suivre une tentative d'inscrire durablement dans la mémoire des jeunes catholiques les motifs de la détestation de l'ennemi, afin de former de futurs acteurs intransigeants du monde. Ces exercices ont fait l'objet d'expositions ouvertes au public et accompagnées de performances musicales et théâtrales. On y retrouve les efforts des jésuites pour convertir la culture humaniste, dans ses formes les plus séduisantes, en armes de combat pour la foi. Mais on y voit aussi les échos d'une vaste circulation de textes et d'images polémiques, que les partis - protestants, catholiques ou "politiques" - s'échangent et adaptent au gré des besoins. Pour apprendre à reconnaître et à haïr l'ennemi, intérieur et extérieur, les enfants sont invités à composer devinettes, emblèmes et hiéroglyphes. Le patient travail de chiffrement et déchiffrement fonctionne comme un exercice de méditation sur les motifs de la haine. Le pouvoir des énigmes est donc moins de convaincre d'éventuels contradicteurs que de dessiner une communauté et de renforcer l'identité politique et religieuse des enfants qui les composent. Alors qu'après la victoire d'Henri IV, les ennemis des jésuites ont vivement dénoncé leur enseignement pernicieux, que peut-on dire de l'efficacité de cette pédagogie ? En suivant le destin d'un certain nombre d'élèves, et en tentant des rapprochements avec des situations plus contemporaines, on cherche à comprendre ce qui reste d'une éducation militante.
Nombre de pages
371
Date de parution
29/03/2018
Poids
876g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782753565289
Titre
Peindre en leur âme des fantômes. Image et éducation militante pendant les guerres de Religion
Auteur
BUTTAY FLORENCE
Editeur
PU RENNES
Largeur
165
Poids
876
Date de parution
20180329
Nombre de pages
371,00 €
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Les aventures rocambolesques de Giorgio del Giglio, érudit toscan du XVIe siècle, qui, capturé par des pirates barbaresques, renia par deux fois la religion chrétienne pour embrasser la foi musulmane. Il vécut dix ans auprès du Grand Turc, où il servit d'espion au grand-duc de Toscane. Il exposa ses idées religieuses et sa conception de la tolérance dans deux manuscrits, qui tiennent à la fois de l'autobiographie, du récit de voyage, de l'encyclopédie et de la cosmographie. Un parcours singulier et exceptionnel qui n'est pas sans rappeler celui du Léon l'Africain de Natalie Zemon Davis.
Lorsque Mary MacKillop a été canonisée en octobre 2010, la presse de Sydney s'est félicitée de cette première sainte : il manquait un saint à l'Australie pour être une véritable nation. Ce très récent exemple, dans un pays où le catholicisme n'est pas majoritaire, montre la force et la persistance étonnante des rapports entre politique et sainteté. C'est cette idée de "saint d'État", paradoxale et, dans une certaine mesure, provocatrice, qu'ont été invités à soumettre à leur grille d'analyse les historiens qui ont participé à ce livre : il s'agissait d'interroger l'appropriation et la production de figures de sainteté par les États dans l'Europe tridentine en transcendant les frontières confessionnelles. Partant de la redéfinition de la sainteté au temps du concile de Trente, cet ouvrage souligne à quel point les enjeux théologiques et politiques s'entremêlent. La réflexion porte à la fois sur les fonctions des saints, sur les autorités capables de reconnaître les signes de l'élection divine, mais aussi sur la portée des modèles et des figures de la sainteté. En effet, s'impose le constat que, malgré les divergences et quelles que soient les spécificités des conceptions de la sainteté, la dimension universelle du saint est partout renforcée. Ainsi, les patronages étatiques sont choisis plutôt dans le panthéon de l'Église universelle que dans les figures locales ou nationales. Cependant, cet universalisme est davantage porté par les États quitte, dans le monde catholique, à contester les règles fixées par Rome ou à s'en jouer. Au temps du concile de Trente, la communauté des sujets doit être plus que jamais une communauté de fidèles, mais dont l'État et, surtout, les princes tendent à assumer davantage le rôle de guide spirituel face à la "monarchie pontificale".
Boudin-Lestienne Stéphane ; Buttay Florence ; Mare
Le Bal des Matières que donnèrent Charles et Marie-Laure de Noailles en juin 1929 dans leur hôtel particulier de la place des Etats-Unis était un rendez-vous célébrant la création artistique. Toute latitude fut donnée à plusieurs créateurs, dont Francis Poulenc, Jean Hugo ou Jean-Michel Frank pour créer des oeuvres aux formes inattendues. Cette fête donna naissance à un spectacle de lanternes magiques sur le thème de Faust. Jean Hugo (1894-1984) peint trente-deux plaques de verre, sur un livret du musicologue Louis Laloy et une musique originale de Georges Auric. Le texte du livret et la partition musicale ont disparu, mais restent les plaques, conservées à la villa Noailles, ainsi que des photographies de presse de l'époque, des documents d'archives. Dans le cadre du Festival de l'histoire de l'art à Fontainebleau en 2015, l'INHA, a commandé à la dramaturge Noëlle Renaude un texte pour redonner vie au Faust Magicien, ainsi qu'une création musicale à Ignacio Plaza Ponce. Cet ouvrage restitue l'histoire de ces plaques en lien avec la commande qui a présidé à leur création dans le contexte particulier et unique du Bal des Matières des Noailles en 1929. Il contextualise la projection initiale, grâce au texte de Stéphane Boudin-Lestienne et Alexandre Mare, illustré par des documents d'archives. Il rend également compte de sa permanence avec la publication du texte écrit par Noëlle Renaude ? et remanié pour la présente publication ? en regard des 32 plaques de verre. Une interview de Noëlle Renaude par Florence Buttay vient éclairer la genèse de cette commande.
Comment légitimer la victoire des armes ? Comment comprendre l'ascension ou la déchéance de certains hommes ? Comment choisir au milieu de la pluralité des possibles ? Fortuna est partout présente à la Renaissance pour décrire et juger les mouvements de l'histoire individuelle et collective. Ce livre propose l'étude des usages d'une figure de rhétorique, d'une image de mémoire extraordinairement plastique. Il ne considère pas la fortune comme un concept, mais comme une banalité des langages politiques et des représentations sociales. Loin d'être éternelles, les banalités tissent dans le temps la toile des appréciations et des justifications partagées qui impose le cadre dans lequel se meuvent les acteurs. En Italie et en France, des décors des fêtes publiques à la littérature pédagogique ou historiographique, en passant par les diverses formes d'écriture du soi, l'imaginaire politique et social travaille sur une Fortuna qui rend compte à la fois d'une nouvelle appréhension du temps, le temps des occasions, et d'un intérêt pour les ascensions échappant aux logiques humaines, notamment dynastiques. Le succès de l'iconographie renaissante de l'allégorie apparaît ainsi comme inséparable d'une légitimité d'élection, élection divine sanctionnée par un nécessaire consensus. Versant oublié du thème impérial, Fortuna invite à en reconsidérer la signification pour les princes de la Renaissance.
Badel Laurence ; Badalassi Nicolas ; Gijs Anne-Sop
A l'heure où les Etats-Unis et la Russie négocient en Arabie Saoudite pour trouver une issue à la guerre d'Ukraine, où un certain nombre d'agences internationales ont été installés depuis moins d'une vingtaine d'années dans le Golfe ou en Inde, cet ouvrage collectif propose une réflexion inédite sur la capitalité diplomatique, ses géographies, ses fonctions nouvelles. Il montre la cohabitation de pratiques juridiquement réglées, mais aussi d'usages paradiplomatiques et inédits. Il questionne les enjeux symboliques et pratiques entourant le statut de capitale diplomatique, compte tenu du contexte postcolonial et de l'évolution générale des relations internationales après la Seconde Guerre mondiale. Enfin, il permet d'interroger les limites de la déseuropéanisation diplomatique.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.