Yves Bonnefoy à l'horizon du surréalisme. La réalité à l'épreuve du langage et de l'image précédé de
Buchs Arnaud ; Bonnefoy Yves
GALILEE
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EAN :9782718606972
Pour lire l'œuvre d'Yves Bonnefoy, essayons de remonter à ses origines : à peine quelques poèmes et essais surréalistes publiés entre 1946 et 1951. Ce sont là des textes que la critique considère habituellement avec l'indulgence accordée aux débuts d'un auteur, la période surréaliste du poète étant en l'occurrence perçue comme une curiosité qui ne mériterait guère que l'on s'y arrête, sinon pour en faire l'antichambre de " l'œuvre véritable ". Je propose au contraire de lire ces pages en elles-mêmes et d'abord pour elles-mêmes. Or une telle lecture, parce qu'elle se veut critique, ne peut éviter une confrontation avec la lecture que Bonnefoy fera lui-même de ses premiers écrits, des années 1950 à aujourd'hui. Deux perspectives traversent ainsi l'analyse, qui proposent deux niveaux de réflexion. J'ai, d'une part, replacé les textes surréalistes dans leur horizon d'origine, où le langage, l'image et la réalité jouent un rôle prépondérant. Alors qu'elle vise à interroger le monde par le langage, l'esthétique surréaliste fait pourtant l'économie de toute poétique, le langage n'étant jamais remis en question. Bonnefoy dépassera le surréalisme au moment où il fera du langage non plus le moyen, mais l'objet de son questionnement : la poétique est une réponse à l'esthétique, et ce dialogue initié dès la fin des années 1940 traverse en fait toute l'œuvre. Mais cette prégnance du poétique dans l'esthétique repose d'autre part sur un questionnement de type herméneutique. Au-delà du langage ou de l'image, c'est en effet le sens lui-même qui est problématisé, et ce mouvement dialectique, s'il se laisse aisément suivre dans l'écart séparant les textes surréalistes de leurs commentaires tardifs, agit aussi dans l'instant même de l'écriture. Le sens n'est jamais qu'une origine du sens, il n'y a pas de sens, pour Bonnefoy, sans (re) mise en question du sens. Poétique et herméneutique sont dès lors inséparables, elles participent d'une même écriture où ce que j'appelle le discours de l'œuvre recoupe le discours à l'œuvre ; les deux perspectives de cette réflexion finissent donc par se rejoindre et peuvent ainsi servir de prolégomènes à une relecture de toute l'œuvre de Bonnefoy.
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Nombre de pages
380
Date de parution
01/12/2005
Poids
670g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782718606972
Titre
Yves Bonnefoy à l'horizon du surréalisme. La réalité à l'épreuve du langage et de l'image précédé de
Auteur
Buchs Arnaud ; Bonnefoy Yves
Editeur
GALILEE
Largeur
150
Poids
670
Date de parution
20051201
Nombre de pages
380,00 €
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Présentation de l'éditeur La peinture traverse toute l'oeuvre de Diderot, et pourtant elle demeure insaisissable. Elle surgit régulièrement au détour d'une digression, puis sa trace se perd rapidement, avant de ressurgir au moment où l'on ne s'y attend plus. Diderot aime s'en détacher pour mieux y revenir, comme malgré lui. Les essais réunis ici montrent, à trois moments bien distincts, que la peinture est en fait essentielle à l'écriture et à l'esthétique de Diderot. Ces trois essais n'ont aucune visée totalisante ou synthétique ; ils proposent au contraire un regard oblique sur une oeuvre foisonnante où l'essentiel n'est jamais là où l'on croit l'avoir vu.
Le milieu du XIXe siècle est marqué par une crise de la réalité, qui va notamment se cristalliser autour de l'émergence du daguerréotype, puis de la photographie, qui donnera l'illusion d'une reproductibilité mécanique et industrielle du réel. Cette crise de la réalité est avant tout une crise de l'image, et une oeuvre, une écriture en particulier ? celle de Baudelaire ? va en incarner tous les enjeux, qui dépassent de beaucoup ce que l'on appelle communément le "réalisme". L'esthétique du regard de Baudelaire peut d'une part se lire comme l'une des plus virulentes critiques de ce "réalisme" mimétique qui nous empêche de voir, en deçà ou au-delà de ces images que nous montrent tant d'oeuvres, romans, tableaux, ou photographies, ce qui est littéralement à l'amure dans l'écriture de l'image. Or c'est précisément dans cette critique du "réalisme" mal entendu (notamment représenté, aux yeux de Baudelaire, par une certaine peinture de Courbet) que va d'autre part prendre forme le réalisme au sens où je l'entends, comme l'avènement impensé du réel ? impensé parce qu'il surgit et se révèle dans et par l'oeuvre même. L'écriture de Baudelaire, dans cette double perspective, va littéralement achever la réalité, dans les deux sens du verbe : mettre un terme à son ancienne acception ? comme une donnée reproductible, déjà là ? et par le même geste l'accomplir dans son sens "moderne" ? comme un événement à venir, inséparable de sa mise en oeuvre.
Esthétique et Modernité : ces deux termes veulent-ils encore dire quelque chose, à une époque où l'on ne cesse de parler de la fin de l'art ? Dans cet essai, Arnaud Buchs aborde la question à nouveaux frais. A partir de Diderot et de Baudelaire, il montre combien l'esthétique repose toujours, fondamentalement, sur une poétique. Il ne peut en effet y avoir de véritable discours critique sur les oeuvres d'art sans une réflexion sur le pouvoir et les limites du langage, les différents régimes rhétoriques et le recours aux fictions. L'écriture du regard tend dès lors à se confondre avec une description du langage, comme s'il fallait d'abord impérativement voir les mots pour réussir ensuite à percevoir et comprendre la réalité dans laquelle il nous enferme. Selon Arnaud Buchs, de la Lettre sur les sourds et muets aux Ecrits sur l'art se dessine, en filigrane, un horizon de pensée la Modernité dont nous n'avons pas fini, aujourd'hui, de mesurer la profondeur. Faut-il en conclure que pour inventer l'esthétique de la Modernité, Baudelaire devait d'abord oublier Diderot ?