L'économie moderne, au moyen des contrats et du marché, évacue les relations personnelles directes. En garantissant une sécurité maximale, elle évite le contact avec les autres, qui est toujours source de blessures. Mais elle élimine aussi le bonheur de la rencontre avec l'autre. Un économiste napolitain du XVIII e siècle, Antonio Genovesi, disait : "C'est une loi de l'univers que nous ne pouvons pas faire notre bonheur sans faire celui des autres." Pour lui, la réciprocité (pas seulement la relation) est l'élément caractéristique de la socialité humaine. Cela est aux antipodes de la théorie d'Adam Smith (la recherche de l'intérêt personnel est la seule chose qui compte et, par une "main invisible", la satisfaction de l'ensemble des intérêts personnels contribue au bien commun). L'auteur développe les idées de Genovesi en expliquant un concept nouveau élaboré par des économistes contemporains : les biens relationnels, et leur corollaire indispensable : la gratuité. "Par gratuité j'entends l'attitude intérieure qui nous porte à approcher chaque personne, chaque être, et soi-même, en sachant que cette personne, cet être vivant, cette activité, ne sont pas des ?choses? à utiliser, mais des réalités à respecter et aimer pour elles-mêmes." Aujourd'hui, des expériences économiques ouvertes sur la gratuité du rapport avec l'autre peuvent fournir une issue hors de la crise que nous traversons. Ainsi pourrait se développer une "économie civile", à la recherche d'une vie plus humaine et plus heureuse, sans nier les difficultés et le risque qu'une telle opération porte en soi. Un livre qui donne des fondements pour un nouveau départ de l'économie et de la vie en société.
Nombre de pages
234
Date de parution
28/08/2014
Poids
335g
Largeur
150mm
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EAN
9782853137386
Titre
LA BLESSURE DE LA RENCONTRE - L'ECONOMIE AU RISQUE DE LA RELATION
Il est intéressant de noter que plusieurs appels décisifs se produisent pendant que les gens travaillent : Amos, Gédéon reçoivent leur vocation pendant qu'ils travaillaient, les apôtres sont appelés pendant qu'ils retiraient les filets, etc. Le Dieu biblique se sent plutôt mal à l'aise dans les temples, il aime le plein air, il aime partager la route avec nous, côtoyer l'homme au travail parce ce sont des lieux de vie.La Bible s'apparente aussi à une histoire du travail, de la Genèse à la bonne nouvelle du Verbe fait charpentier. Ce que dit la Bible sur le travail est une revisitation des grandes paraboles touchant au travail ( href=""https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents"" target=""_blank"" rel=""noopener"" noreferrer="""">les talents, href=""https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouvriers_de_la_onzi%C3%A8me_heure"" target=""_blank"" rel=""noopener"" noreferrer="""">l'ouvrier de la dernière heure, href=""https://fr.wikipedia.org/wiki/Fils_prodigue"" target=""_blank"" rel=""noopener"" noreferrer="""">le fils prodigue et href=""https://fr.wikipedia.org/wiki/Bon_Samaritain"" target=""_blank"" rel=""noopener"" noreferrer="""">le bon Samaritain) à la lumière des travaux de recherche les plus récents.
Certaines organisations visent des objectifs à fort potentiel idéal, très souvent portées par des personnes ayant une vision forte, un charisme personnel. Il s'agit d'ONG, de communautés religieuses, de grandes entreprises... Ces organisations se déploient et durent si elles parviennent à ouvrir des voies non prévues à l'origine, un peu selon les voies d'une " maladie auto-immune " qui s'appuie sur des anticorps créés dès les origines qui se transforment en toxines. La voie est d'en prendre conscience, puis de distinguer la santé de la pathologie, en ayant le courage d'éliminer des comportements et règles qui, par le passé, avaient contribué au développement du projet. La destruction créatrice devient alors source de salut et de nouvelle fécondité.
Le XXIe siècle vit un changement de rythme. L'invention d'Internet, la mondialisation des marchés et de la finance, celle des réseaux sociaux ont imposé une mutation profonde dans les relations, jusqu'au sein de l'économie et du capitalisme. Les conceptions innovantes doivent tenir compte des nouvelles attentes en matière de rapports humains. Qui souhaite évoluer doit respirer, écouter, parler avec tout son corps, à la manière des plantes. Qui veut survivre aujourd'hui est appelé à déployer toutes ses fonctions ? y compris la fonction entrepreneuriale ? en renonçant à exercer un contrôle sur tout, en activant et en responsabilisant toutes les cellules du corps dans une dynamique de communion et d'unité. Ce livre parle donc d'économie, de don, de communion, de la subsidiarité dans le management, d'esprit du capitalisme..., des expressions peu familières au langage économique d'aujourd'hui. Le message est bien porteur de nouveauté, car on y découvre la puissance du fragile, du vulnérable, et on contemple l'action de cette économie humaine et silencieuse, déjà profondément à l'oeuvre au sein de nos sociétés. Une mine d'inspiration pour théoriciens et acteurs de la vie économique et politique.
Jacques Maritain (1882-1973) fut sans doute le plus grand philosophe chrétien du XXe siècle. Né à Paris dans le milieu de la gauche libérale, il découvrit la foi chrétienne avec sa jeune compagne Raïssa (1883-1960), juive issue de l'émigration russe. On peut dire qu'il arma intellectuellement le monde chrétien face aux défis de la modernité, promouvant un humanisme démocratique plus actuel que jamais. Homme et femme de prière, Jacques et Raïssa témoignèrent pour une Église servante et pauvre qui puisse trouver, dans la contemplation de Jésus sur tous les chemins du monde et de la vie, un chemin d'Évangile pour aujourd'hui. Jean Daniel fut marqué par la pensée de Jacques Maritain au grand séminaire de Quimper. Il connut la vie monastique bénédictine, puis il discerne sa vocation à la Chartreuse : celle d'ermite paysan. En 1969, il a un contact direct avec Jacques Maritain qui l'encourage dans sa vocation.
Depuis plus d'un millénaire, l'oeuvre du moine arménien, Grégoire de Narek (940-1003), a accompagné les fidèles de sa nation dans toutes les circonstances de leur vie. On déposait son livre sur l'autel paroissial ; on le lisait au chevet des malades pour obtenir leur guérison ; on en insérait des extraits dans la liturgie de la messe. Si l'on partait en voyage, on en recopiait quelques pages, qu'on gardait sur soi comme viatique contre les craintes et les périls. Presque inconnu en Occident jusqu'au milieu du XXe siècle, saint Grégoire de Narek a été proclamé docteur de l'Eglise universelle en 2015. Il enseigne l'art de parler à Dieu des profondeurs du coeur, en nous présentant devant lui avec une sincérité exempte de pharisaïsme. Si nous sommes tous sauvés en Christ, nous partageons solidairement toutes les fautes de nos semblables. Nous sommes tous impliqués dans la même chaîne de prières, jusqu'à la fin des temps, en une démarche de contrition profondément libératrice.
A 36 ans, je redécouvre un monde devenu presque "étranger" : le monde de la nourriture apaisée, le monde de la vie restaurée, un monde qui ne ressemble finalement qu'à celui de nouvelles faims. D'appétits furieux de sens et de désirs retrouvés, de boulimie de vie intérieure. Je passe devant ces toilettes qui ne servaient à rien sauf à ma destruction, à ma douleur et à mon apaisement. (...) Dans quelle prison faut-il se trouver pour se sentir menacée et dérangée pour une bouchée ? Une prison mentale qui s'appelle l'anorexie et sa meilleure copine la boulimie. Deux "personnes" qui avaient pris possession de mon cerveau, de mes comportements, de mon être tout entier jusqu'à éclipser ce que j'étais réellement. Deux personnes qui ont dominé ma vie pendant plus de dix ans. Qui m'ont fait sombrer dans l'horreur du gouffre, de la vase et de la boue. Qui m'ont dépouillée entièrement physiquement et mentalement".
Ils s'appellent Denko, Bintou, Jonathan. Ils viennent d'Afrique noire, d'Europe de l'Est, du Maghreb. A 16 ans, parfois plus jeunes encore, ils ont fui la guerre, des menaces pesant sur leurs familles, la misère. Le drame de l'exil les a endurcis, a broyé leur innocence. Au titre de la protection de l'enfance, la France reconnaît des droits à ces garçons et filles, mineurs étrangers non accompagnés (MNA) le droit à bénéficier d'une assistance et d'un hébergement, le droit à être scolarisé. Mais faire appliquer ces droits est un long combat, d'abord parce que les administrations mettent systématiquement en doute l'âge de ces jeunes, qu'ils soumettent à des tests osseux pourtant très controversés, ensuite parce que le droit de rester en France leur est souvent refusé à la majorité. Membre du Réseau Education Sans frontières (RESF) depuis 2008, et fondatrice des associations Eole en 2018 et Hébergeurs Solidaires et Parrains Engagés (HéSoPE) en 2019, Marie-Pierre Barrière se bat à leurs côtés. Comme citoyenne et comme chrétienne, elle témoigne avec force de sa foi en ces jeunes encore à l'aube de leur vie, et défend un autre projet de société : celui de l'ouverture et de l'inclusion, à rebours de la politique actuelle de durcissement des conditions d'accueil et de fermeture des frontières.