Dans un monde où les préoccupations environnementales sont devenues majeures, la nourriture est l'objet de toutes les attentions. Transformée, analysée, testée, calibrée, réglementée, mais aussi suspectée, mise en scène, célébrée, remémorée, elle est à la fois objet matériel et symbolique. Véritable marqueur patrimonial à la fois stable et en perpétuel mouvement, la cuisine ou "manière d'apprêter les aliments" accueille le terroir et l'ailleurs, le naturel et le synthétique, l'authentique et le transformé. Oscillant sans cesse entre tradition et innovation, le patrimoine culinaire mobilise de nouvelles ressources, engendre de nouvelles manières de dire et de faire, suscite de nouvelles postures qu'il est nécessaire de définir et d'interroger.
Nombre de pages
204
Date de parution
07/03/2016
Poids
240g
Largeur
135mm
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EAN
9782343087665
Titre
Le patrimoine en bouche, nouveaux appétits, nouvelles mythologies
Tombeur de ministères", "Tigre", "premier flic de France", "Père la Victoire"... La carrière de Georges Clémenceau fut longue et elle a marqué l'histoire de France et de l'Europe depuis le Second Empire jusqu'à la veille de la crise de 1929. Tour à tour enfermé dans Paris assiégé en 1870, maire sous la Commune, médecin des pauvres à Montmartre, député, sénateur, dreyfusard, journaliste, écrivain, ministre de l'intérieur, président du Conseil, constamment en mouvement, on l'a jugé souvent insaisissable et contradictoire. Son unité vient d'ailleurs : il a porté, contre tous les conformismes, un individualisme farouche, servi par un courage rare. Au service du patriotisme, de la République, de la beauté, de la justice, des droits de l'homme, de l'anticolonialisme, de la santé et de la culture pour le peuple, dans tous les ordres de la pensée et de l'action, il se rebella sans relâche, parfois injuste mais toujours sincère, contre la fausse évidence des lâchetés et des compromissions.
La littérature haïtienne contemporaine occupe aujourd'hui une place essentielle parmi les littératures francophones. Régulièrement consacrée par des prix littéraires prestigieux, elle présente de multiples visages, encore mal connus en France. Son inventivité est liée au rapport très spécifique qu'elle entretient avec la langue française. Elle est également marquée par le poids de l'histoire et par une place majeure accordée à la poésie féminine. En raison de l'exil de nombreux écrivains haïtiens, elle est à l'origine de la notion féconde d'écriture migrante. Plus qu'une autre, c'est une littérature hors frontière. Pour mettre en lumière ces aspects foisonnants, cet ouvrage donne la parole à des écrivains aussi bien qu'à des chercheurs universitaires.
Qui est Georges Clemenceau? De sa longue vie - 1841-1929 - que retenir? Ce Vendéen athée et anticlérical, républicain - "bleu" au pays des "blancs" - a été maire, député, sénateur, tombeur de ministères - le "Tigre" - dreyfusard, ministre de l'Intérieur, écrivain, journaliste et médecin! Deux fois président du Conseil - 1906-1909 et 1917-1920 -, "Père la Victoire", mais une majorité de parlementaires refuse de l'élire président de la République. "Vieillard pourri de diabète", il voyage, chasse le tigre et aime encore. Il écrit chaque jour à celle dont il se déclare "fou d'amitié": "Mettez votre main dans la mienne, je vous aiderai à vivre et vous m'aiderez à mourir." Ces incarnations successives sont les moments d'une vie de liberté, d'énergie et d'action. "Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur. Reste à déterminer dans quelles proportions", dit-il. Et dans Au soir de la pensée, il dévoile sa philosophie et le sens qu'il donne à sa vie: "Ce qui est, est, et de ce qui est je suis. Je suis quelque part un atome de quelque chose qui passe. J'ai sur d'autres moments du cosmos l'avantage de sentir... Le Moi civilisé, de tous les temps et de tous les jours, sera celui qui saura se maîtriser, s'ordonner pour consacrer toujours plus de lui-même à l'oeuvre qui le dépasse, sans rien attendre des hommes ni des dieux." C'est dans cette sagesse antique qu'il faut chercher l'unité de la vie de Clemenceau. Cet engagement moral fait de lui, parmi les médiocres ambitieux que sont la plupart des politiciens de la IIIe République, une exception. Clemenceau se dresse, dans la mémoire nationale, comme l'un de ces Français qui ont contribué à faire la France.
Le Vendéen Clemenceau a aimé passionnément Paris. La capitale a séduit très vite le jeune provincial venu pour achever ses études de médecine. Au Quartier latin, il fréquente avec la même assiduité l'amphithéâtre et le café, quartier général des étudiants opposants à l'Empire. En 1870, de retour des Etats-Unis, il entre en politique à Montmartre, dans un Paris en guerre. Après l'épisode douloureux de la Commune, il devient le médecin des pauvres et fait l'apprentissage de la violence sous toutes ses formes : économique, sociale et culturelle. Plus tard, journaliste ou aux affaires, il oeuvre à faire de Paris le centre névralgique d'un pays républicain, apaisé, soucieux de liberté et de justice. Amoureux des arts, passionné par la culture, Georges Clemenceau sait fuir la salle de rédaction, l'hémicycle ou le bureau du ministère pour, le matin, aller au Bois de Boulogne et le soir, en habit et haut de forme, courir au spectacle sur les Boulevards ou place du Théâtre-Français. Cependant, tout en goûtant aux plaisirs frivoles et joyeux de la Belle Epoque, le Père la Victoire grave à jamais dans son coeur le Paris des révolutions, le Paris du peuple, le Paris de la République éternelle. A Paris, entre 1861 et 1929, le fils du médecin du bocage a rencontré et accompli la grande Histoire